Abstrait
Traduction en anglais du titre
Functional equations characterizing nomograms with three rectilinear scales
Auteur(s)
F. Radó
Institutul de Calcul
Mots-clés
Pour citer ce travail
F. Radó, Équations fonctionnelles caracterisant les nomogrammes avec trois échelles rectilignes. (French) Mathematica (Cluj) 1 (24)1959 no. 1, 143–166.
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Mathematica Cluj
Publié par
Publié par la Maison d’édition de l’Académie roumaine
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EQUATIONS FONCTIONNELLES CARACTERISANT LES NOMOGRAMMES AVEC TROIS ECHELLES RECTILIGNES 1
Introduction
Soit
les équations des échelles du nomogramme de la fig. 1. On suppose que les fonctions et sont continues et monotones au sens restreint. Entre les cotes des points , situées sur une même droite, a lieu la relation
| (1) |
où , . La fonction définie par (1) est continue et montone (par rapport à chacune des variables). Dans les considérations suivantes toutes les fonctions à une et à deux variables seront supposées continues et monotones. Les échelles des nomogrammes ne permettent pas d’hypothèses plus larges.
Il se pose le problème de caractériser les fonctions , qui peuvent être mises sous la forme (1).
Si on se borne aux fonctions admettant des dériv ées partielles jusqu’au troisième ordre, alors la condition nécessaire et suffisante pour que soit de la forme (1) s’exprime par la condition de SAINT-ROBERT [1] :
J. ACZÉL a caractérisé, dans les conditions précisées plus haut, le cas particulier de la classe des fonctions
| (2) |
par l’équation fonctionnelle
(3)
dite équation de la bisymétrie [2], [3], [4]. Cet auteur est arrivé à ce résultat en imposant d’abord à la solution de l’équation (3) deux conditions supplémentaires. Indépendamment de celui-ci il a démontré aussi [5] que l’équation dite de l’associativité
| (4) |
admet comme solution les fonctions (2), avec .
J. ACZÉL a formulé le problème de la recherche d’une équation fonctionnelle qui caractérise les fonctions (1) en général [6]. M. hosszú en a trouvé le résultat suivant [7] : les solutions de l’équation fonctionnelle à trois fonctions inconnues
(5)
qui sont montones au sens restreint et admettent des dérivées partielles de premier ordre, sont les fonctions
Outre l’hypothèse de la dérivabilité, ce résultat a cet inconvenient que pour décider si une fonction donnée est ou non de la forme (1), à coté de cette fonction il y en a encore deux fonctions inconnues, ce qui fait l’application très difficile.
Dans ce travail nous donnerons diverses conditions nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme (1), La fonction étant continue et montone au sens restreint, l’équation peut être résolue par rapport à et . Une des conditions données peut être écrite de la façon suivante
| (6) |
qui est un cas particulier de l’équation (5). L’hypothèse de la dérivabilité n’y interviendrait pas.
Une interprétation géométrique de l’équation (6) est connue dans la théorie des tissus hexagonaux [8]. Une autre conduit au résultat suivant : les nomogrammes avec trois échelles sur une même cubique représentent une équation de la forme (1) et il n’y a pas de nomogrammes à points alignés d’autre nature pour l’équation (1). Les autres conditions qui seront données peuvent être elles aussi interprétées géométriquement de deux façons différentes.
Les équations fonctionnelles (3) et (4) et d’autres équations similaires peuvent être résolues facilement à l’aide de la condition (6). Ainsi est établie une méthode nouvelle pour étudier une certaine classe d’équations fonctionnelles.
L’étude du domaine des valeurs de la fonction en (2), qui s’impose pour différentes valeurs de , est faite également dans ce travail.
Si vérifie (6) et peut donc être mis sous la forme (1), il reste le problème de déterminer les fonctions , c’est-à-dire de déterminer les échelles, ce qui conduit à étudier l’équation fonctionnelle
à trois fonctions inconnues d’une seule variable. Elle a été considérée par J. ACZÉL pour . Nous y réduirons le cas général.
Nous avons lié à l’équation de l’associativité (4) de nombreux faits, qui ont paru jusqu’ici sans rapport entre eux, notamment : l’équation de la bisymétrie, les propriétés des tisus hexagonaux, nomogrammes dont les échelles sont situées sur une même cubique, propriétés caractéristiques des cubiques.
§ 1. Conditions pour qu’une fonction soit représentable par unnomogramme avec trois échelles rectilignes
Considérons la fonction de deux variables
| (1) |
oùles fonctions d’une seule variable sont continues et monotones au sens restreint. La fonction (1) satisfait à la
Condition : .
En effet, en vertu de la monotonie de la fonction les relations
entraînent
d’où l’on obtient par soustraction
ou
La condition entraîne évidemment la
L’interpretation géométrique de cette condition est la suivante : les lignes de niveau de la fonction (1) et les parallèles aux axes forment un tissu. Soit un point quelconque du plan et un point appartenant à la droite : (fig. 2) ; la droite parallèle à l’axe menée par rencontre la ligne de niveau par en , la parallèle à l’axe par coupe la droite parallèle à en , la ligne de niveau par et la droite parallèle à par se coupent au point , la parallèle à par et la ligne de niveau par se coupent en , enfin les droites parallèles aux axes par Q et respectivement se rencontrent en ; la condition exemprime la propriété des points et d’être situés sur la même ligne de niveau. Autrement dit : l’hexagone curviligne ayant pour côtés et diagonales des lignes de niveau et des droites parallèles aux axes de coordonnées, se ferme. Cet hexagone curviligne est dit la figure de Brianchon. Par conséquent la condition exprime le fait que toutes les figures Brianchon se ferment.
Inversement, dans la théorie des tissus hexagonaux on démontre que pour toutes les fonctions continues et montones au sens restreint la fermeture des figures Brianchon a pour conséquence que est de la forme (1) [6]. Nous présentons ici une démonstration plus directe de ce théorème.
Nous admettons que la fonction , définie dans un domaine est continue et monotone au sens restreint par rapport à chacune de variables et satisfait à la condition pour tous les points du domaine . Nous pouvons admettre aussi, que le domaine contient à son intériet. l’origine des axes et que la fonction est croissante, parce qu’en appli-
quant une transformation linéaire convenable aux variables indépendentes, on peut arriver à ce cas.
Considérons une ligne de niveau qui rencontre les axes de coordonnées dans les points et , de façon que le domaine soit dans le premier cadran et à l’intérieur de (fig. 3). La ligne de niveau menée par le point
d’intersection des parallèles aux axes par et coupe les axes en et respectivement. En vertu de la condition , les figures Brianchon se referment, donc les points d’intersection et des parallèles aux axes par et et respectivement sont situés sur une même ligne de niveau, qui rencontre les axes aux points et . Les points et , obtenus d’une manière analogue sont également sur la même ligne de niveau. On continue cette opération jusqu’à ce que tous les points d’intersection des parallèles déjà considerées se trouvent à l’exterieur de la partie située dans le premier cadran du domaine . Évidemment on peut faire la même construction pour tous les cadrans ; soit par exemple le point d’intersection de la ligne de niveau par avec la droite parallèle à l’axe par et respectivement, l’intersection de la ligne parallèle à l’axe par avec la parallèle à par et respectivement ; les points et se trouveront sur la même ligne de niveau, etc. Nous désignerons par l’abscisse commune des points , par l’ordonnée commune des points , par celle des points , etc., et par les valeurs communes de la fonction aux points ,
Définissons les fonctions et , pour le moment sur points discrets et , ainsi :
Alors la fonction donnée satisfait aux sommets du réseau construit à la relation
| (7) |
En vertu de la continuité et de la montonie au sens restreint de la fonction , le système d’équations admet une solution unique et ; c’est-à-dire qu’il existe sur la ligne de niveau un point unique dont les projections aux axes et sont sur une même ligne de niveau. Construsons un rectangle aux côtés parallèles aux axes ayant comme sommets opposés et ; alors les deux autres sommets et doivent être situés sur la même ligne de niveau. De la même façon étant l’intersection de la parallèle à par avec la ligne de niveau par , et la projection de sur l’axe , les points et doivent être situés sur une même ligne de niveau. En continuant cette opération on arrive à un raffinement du réseau obtenu par le premier pas de la construction. En désignant les abscisses et les ordonnées des nouvelles parallèles par et respectivement, on a . Soient les valeurs de la fonction sur les nouvelles lignes de niveau ; alors . En définissant
nous avons aux sommets du réseau original les valeurs définies ci-dessus, et nous pouvons observer que la relation (7) est vérifiée pour les sommets du réseau raffiné.
Nous continuons cette opération de raffinement du réseau indéfiniement. Au -ième raffinement nous définissons les ensembles , et les valeurs des fonctions et dans ces points en posant
Cela ne change pas les valeurs de ces fonctions aux points du ( )-ième réseau et la relation (7) se vérifie de proche en proche.
sont positives et forment une suite décroissante, qui a donc une limite . On a
Il résulte de la seconde égalité, en vertu de la continuité et montonie all
-
—
la second
sens restreint de que a aussi une limite, soit . Si dans la première égalité , on obtient , c’est-à-dire . La seconde égalité entraîne , donc .
Considérons un domaine , intérieur à , limité par les axes de coordonnées et par la ligne de niveau étant un somment de réseau. Alors l’ensemble est dense sur le segment , quand et varient. En effet, supposons qu’il existe un intervalle qui ne contient pas de points . Pour chaque , nous déterminons le nombre de sorte, que l’intervalle ( ) soit compris entre et . La ligne de niveau par coupe l’axe en , la parallèle à par ce point rencontre la ligne de niveau par en (fig. 4). La projection du point sur est justement le point . En tenant compe du fait que pour , , on a , en contradiction avec notre hypothèse. Il s’ensuit que les points de réseau forment un ensemble dense sur le domaine .
Considerons un domaine , limité par les axes et par la ligne de niveau , qu’on suppose qu’elle ne passe plus maintenant par des points de réseau (fig. 5). Nous allons démontrer que les points de réseau forment un ensemble dense sur . Il suffit de démontrer que est un point d’accumulation de l’ensemble , formé par les points situés sur le segment . Supposons le contraire, c’est-à-dire que soit situé à gauche de . Nous savons que est dense sur , donc on peut choisir les points et appartenant à de telle manière que le rectangle ait les sommets et sur la même ligne de niveau et que le sommet soit dans le domaine . Il s’ensuit que et sont des points de réseau, c’est-à-dire que , ce qui est en contradiction avec l’hypothèse .
Couvrons le domaine par des domaine , dont chacun est limité par des parallèles aux axes et par une ligne de niveau. Il résulte de ce que nous venons de démontrer que, si contient un point de réseau, alors il en contient un ensemble dense sur . Il s’ensuit immédiatement que les points de réseau forment un ensemble dense sur .
Les fonctions définies sur les ensembles denses , respectivement, sont des fonctions continues et monotones au sens restreient sur ces ensembles, ainsi leur définitions peuvent être étendues par continuité pour toutes les valeurs , qui se trouvent dans les intervalles déterminés par le rectangle circonscrit au domaine , ayant les cotés parallèles aux axes, et par les lignes de niveau tangentes à ce domaine respectivement. Les fonctions , ainsi définies sont continues, monotones au sens restreint et satisfont en plus àla
Condition : L’intervalle des valeurs de la fonction contient tous les nombres de la forme , .
On peut voir que la relation (7) est vérifiée pour tous les , si l’on passeà la limite par des points du réseau. Ainsi nous avons démontré le
théoreme i. Soit une fonction définie dans un domaine quelconque . La condition , la continuité et la montonie au sens restreint de la fonction sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme (1), où sont des fonctions continues et monotones all sens restreint et satisfont à la condition .
Il résulte de la démonstration faite qu’on peut remplacer la condition par une autre plus faible, en exigeant sa vérification seulement dans tous les domaines intérieurs à , ayant des diametres plus petits qu’un nombre positif. On voit par suite d’un raisonnement aisé, qu’il suffit aussi que tout point du ait un voisinage où la condition soit satisfaite. Donc on a le
théoreme ii. Soit défini dans le domaine D. Si tout point du a un voisinage dans lequel la fonction est de la forme (1) avec continues et monotones au sens restreint, alors est de la forme (1) dans le domaine même (la propriété locale (1) entraîne la propriété globale (1)).
Dans les conditions de continuité et de monotonie énoncées : condition condition . On a donc le
théoreme iii. La condition , la continuité et la monotonie au sens restreint de la fonction sont nécessaires et suffisantes pour que soit de la forme (1), où et sont des fonctions continues, monotones all sens restreint (et satisfont à la condition ).
L’interprétation des théorèmes III et IV est bien connue dans la théorie des tissus [8].
Observations. 1) Nous pouvons démontrer directement l’implication . Soit
et définissons les nombres et par
En tenant compte de . D’autre part
L’interprétation géométrique de la condition est représentée sur la figure 6. La figure dite figure de Thomsen, doit se termer.
On peut remplacer la condition et la condition respectivement par une troisième :
Condition ;
En effet, on peut constater par une vérification directe, que la condition résulte de (1) et que celle-ci entraîne, en posant et , la condition , et donc (1). On a le
théoreme iv. La condition , la continuité et la monotonie au sens restreint sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme (1), où les fonctions sont continues et monotones au sens restreint (et satisfont à la condition ).
L’interprétation géométrique de la condition est que la figure de Reidemeister se terme (fig. 7), c’est-à-dire que si trois sommets d’un rectangle, dont les cotés sont parallèles aux axes de coordonnées, se déplacent sur des lignes de niveau, alors le quatrième se déplace également sur une ligne de niveau.
donc .
2) Les conditions et peuvent être combinées et nous obtenons une quatrième condition équivalente
§ 2. Application à la résolution de quelques équations fonctionnelles
Les théorèmes établis peuvent être utilisés pour la résolution de plusieurs éqations fonctionnelles. Plus particulièrement les théorèmes I et III sont bien utilisables. Nous appliquerons ces théorèmes pour résoudre, par une voie nouvelle, quelques équations résolues par d’autres auteurs. Nous arriverons à un traitement unitaire des équations caracterisant des classes de fonctions représentables par le nomogramme de la fig. 1, particulairisé de plusieurs façons.
-
1.
L’équation de la bisymétrie. - Cherchons quelles sont les fonctions , définies pour , satisfaisant aux conditions suivantes :
a) (nous disons que est une opération)
b) est continue
c) est monotone au sens restreint
d) elle satisfait à l’équation de la bisymétrie :
(3)
pour
Nous démontrerons d’abord que la fonction satisfait à la condition dans le rectangle . Soient et , et supposons que . On a successivement
On peut observer que dans le premier et le dernier membre le deuxième argument est identique, donc en utilisant la condition c) on obtient : .
Il résulte du théorème III que peut être écrit sous la forme
Substituant en (3), on obtient
En égalant les arguments de la fonction des deux côtés de l’égalité et en changeant les notations
| (8) | |||
on obtient
ou
Le second membre ne contient pas , done
La valeur de étant fixée, choisissons et tels que ; alors , et
pour toutes les valeurs de et contenues dans le domaine de définition de la fonction . Par un changement de notation nous obtenons une équation fonctionnelle semblable à l’équation de Cauchy, mais contenant deux fonctions inconnues
| (9) |
En posant , l’équation (9) devient
Pour on obtient
ou, avec la notation ,
c’est-à-dire l’équation même de Cauchy ; par conséquent
et
De la même façon on obtient .
De la formule (8) on a et . Par conséquent
| (10) |
. Quant à la fonction on sait qu’elle est continue, monotone au sens restreint et vérifie la condition . La condition dans ce cas peut être énoncée ainsi : l’intervalle des valeurs de la fonction satisfait à la
Condition .
On peut voir aisément que les formes suivantes de l’intervalle ( ) sont équivalentes à la condition , pour les valeurs différentes de .
Si , on peut supposer (parce qu’en écrivant le terme constant disparaîtra). Dans les cas I. - V. nous avons supposé .
I.
II. ou
III.
IV.
V. :
VI. quelconque
VII. : quelconque,
VIII. quelconque
IX. ou
Dans tous les cas, les raisonnements s’appuient sur le fait que , .
Nous avons démontré que (10) est la conséquence des conditions a)-d), où est continue, monotone au sens restreint et où l’intervalle ( ) de ses valeurs satisfait à la condition (ou I.-IX). Inversement, les fonctions (10) avec ainsi précisé satisfont aux conditions a)-d), ce qu’on peut vérifier directement.
Observation. On obtient le même résultat si l’intervalle ( ) est fermé ou demi-ouvert. Il suffit de considérer l’intervalle ouvert ( ) ; de la condition c) il résulte que ou seulement si et sont les éxtrémités de l’intervalle ( ), donc la condition a) reste valable pour l’intervalle ouvert ; les conditions b) - d) restent évidemment valables. On applique le théoreme IV. pour l’intervalle ouvert ( ), on définit la fonction pour a ou par continuité, ce qui est possible si respectivement. La condition devient plus restrictive. Pour un intervalle fermé ce ne sont que les cas I, III et VI qui restent tervalle demi-ouvert [ ) on peut ajour l’inles cas II et VIII.
ajouter les cas II et VII et pour ( ]
2. L’équation de la bisymétrie avec conditions a résolu l’équation de la bisymétrie d’ab supplémentaires. J. AczéL conditions supplémentaires suivantes : abord en imposant à la solution les
e) Reflexivité : ,
f) Symétrie :
Plus tard il a supprimé la condition f) et enfin la condition e), [2]. Après avoir résolu l’équation de la bisymétrie en général au point 1 ., nous pouvons maintenant retrouver facilement aussi ces résultats intermédiares. Dans les considérations suivantes l’intervalle ( ) peut être ouvert, fermé ou demi-ouvert.
Les conditions a)-e) sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme
| (11) |
On peut vérifier tout de suite que (11) satisfait aux conditions a)-e).
Supposons maintenant que la fonction satisfait aux conditions
a)-e). En utilisant le résultat du point 1 on peut écrire
alors la condition e) devient
pour , possible seulement lorsque .
Il résulte immédiatement :
La fonction satisfait aux conditions a)-f) si et seulement si
| (12) |
Observations. 1) Les conditions a)—f) peuvent être remplacées par a), ),
c) et
Distributivité en soi :
ceci résulte d’une note de RYLL-NARDZEWSKI par l’intermédiaire de (12) [9], ou directement, comme KNASTER a montré [10].
2) Les conditions d) et f) peuvent être emplacées par l’équation modifiée de la bisymétrie
| (13) |
Car, en posant , il en résulte que
ce qui conduit à l’équation (10). D’autre par l’équation (10) et la symétrie entraînent l’équation (13).
3. L’équation de l’associativité. Soit une fonction définie pour peuvent être infinies) jouissante des propriétés suivantes :
a) (f opération)
b) continue et monotone au sens restreint
c) (f associative).
J. ACZÉL a démontré [5] que ces conditions sont nécessaires et suffisantes pour que soit de la forme
où est une fonction continue et monotone au sens restreint dans ( ).
Nous démontrerons maintenant ce resultat en employant notre métode, c’est-à-dire en vérifiant d’abord la condition .
Soit
| (14) |
nous pouvons choisir les valeurs et telles que
| (15) |
lorsque est suffisement petit, ce qu’on peut supposer en vertu du théorème II. En utilisant c), (14) et (15) on obtient successivement
Dans le premier et le dernier membre le premier argument est identique, donc il résulte de la monotonie au sens restreint que
| (16) |
En utilisant c), (14), (15) et (16), on a
d’où
| (17) |
La condition est satisfaite, donc
En la substituant dans c), en égalant les arguments de la fonction dans les deux membres et en groupant les termes, on obtient
Le deuxième membre ne contient pas , donc
Notons
| (18) |
L’équation (18) devient
en posant const. on a
done ou
D’une manière analogue
done
et par un changement de notation
| (19) |
D’autre part, ces fonctions vérifient l’équation c). Donc, nous avons retrouvé le resultat de J. Aczél.
Les fonctions (19) étant des cas particuliers des fonctions (10), on peut appliquer ici la discussion des valeurs de la fonction (page 13). Dans (19) , donc c’est le cas II qui est valable.
4. L’équation de la demi-symétrie. Nous avons donné ce nom à l’équation
| (20) |
résolue pour la première fois par A. R. SCHWEITZER, qui l’avait réduite à une équation différentielle [11], et récemment par m. Hosszu pour les fonctions continues et monotones au sens restreint dans l’intervalle ( ) [12].
Soit une opération continue et monotone au sens restreint dans ( ) qui satisfait à l’équation (20). Nous démontrons que la condition est vérifiée. Soit
| (21) |
alors
En comparant le premier et le dernier terme, on obtient , c’est-à-dire que la condition est verifiée. Il résulte du théorème III que
Substituant dans (20)
ce qui implique , c’est-à-dire . En changeant par , on obtient
| (22) |
D’autre part les fonctions (22) satisfont à l’équation (20), donc les fonctions (22) sont les solutions continues et monotones au sens restreint les plus générales de l’équation (20).
Le domaine des valeurs de la fonction est soumis à la restrictions selon laquelle les nombres doivent appartenir à . Si ne prend que des valeurs positives, la restriction est ; si ne prend que des valeurs négatives, alors ; si peut être positif aussi bien que négatif, alors la restriction est plus forte : , .
5. Extension pour le cas où n’est pas une opération. Dans ce paragraph nous avons supposé jusqu’ici que pour , c’est-à-dire que est une opération. Les raisonnement employés pour résoudre les équations de la bisymétrie, de l’associativité et de la demisymétrie peuvent être appliqués aves des modifications évidentes pour le cas où la condition d’opération est remplacée par une autre faible : l’intervalle contient un sousintervalle tel que pour , . Alors les solutions (10), (19) et (22) respectivement sont valable dans ( ).
L’existence de l’intervalle ( ) est assurée lorsqu’il a e pour lequel .
§ 3. Détermination des échelles
Une fois faite la constatation que la fonction peut être écrite sous la forme (1), apparaît le problème de la détermination des fontions et , c’est-à-dire la détermination des équations des échelles respectives. Pour cela il faut résoudre l’équation fonctionnelle (1) où est une fonction donnée et trois fonctions inconnues d’une seule variable. Avec les notation , l’équation (1) s’écrit ainsi
ou
(23)
. L’équation (23) est une généralisation de l’équation fonctionnelle à une fonction inconnue, considérée par J. AczÉL [4]
, .
Une conséquence immédiate des résultats du § 1 est le
théorème v. La condition nécessaire et suffisante pour que l’équation (23) admette un système de solutions continues et monotones au sens restreint est que la fonction soit continue, monotone (au sens .) et qu’elle satisfasse à l’une des condition .
La résolution de l’équation (23) revient à celle de l’équation (24), pour laquelle J. ACZÉL a donné une méthode générale de construire la solution. En effet, en posant , puis et en notant , on a
En éliminant de (25) les fonctions et on obtient une équation de la forme (24).
Exemple. Soit à résoudre l’équation à 3 fonctions inconnues :
| (26) |
On a
en substituant dans (26) on obtient
En remplaçant la fonction inconnue par , on obtient pour l’équation de Cauchy
qui admet la solution . Par conséquent
D’autre part les fonctions (27) satisfont à l’équation (26). La solution de l’équation (26) est (27), où sont des constantes quelconques.
Observation. L’équation (26) est une généralisation de l’équation de Cauchy, dont la résolution par une autre méthode est connue [13].
Étudions le nombre des solutions de l’équation (23). On remarque que si est un système de solutions continues et monotones, alors les fonctions
forment de même un système de solutions. Démontrons qu’il n’existe pas
d’autres solutions. Soit une solution quelconque (continue et monotone) de l’équation (23). On a
déterminons et tels que
alors ou
Cette équation est justement notre exemple (26) avec les fonctions inconnues , c’est-à-dire , , d’où résulte , .
théoreme vi. Les formules (28) représentent toutes les solutions continues et monotones de l’équation (23), étant une de ces solutions et des constantes quelconques.
§ 4. La fonction
Soit de nouveau
| (29) |
une fonction monotone au sens restreint et continue dans un domaine . L’équation (29) peut être résolue par rapport à et :
Les fonctions et sont définies dans des domaines et respectivement, et elles sont continues et monotones au sens restreint. Posons
| (30) |
Pour et nous choisissons toujours des valeurs telles que . Alors la fonction (30) est définie dans un domaine certainement non-vide. En effet, soit un rectangle intérieur à , contenant le point ( ), et et respectivement l’intersections des droites et avec les côtés du rectangle (fig. 8). Choisissons le rectangle de la manière que les points et , respectivement soient chacun sur la même ligne de niveau de la fonction , et notons les valeurs du en et par et respectivement. Alors contient le domaine , car si nous y prenons ( ) et notons l’intersection de la ligne de niveal x avec par et celle du avec par , alors le point d’intersection
des parallèles aux axes , menées par et , se trouve dans l’intérieur du domaine est égal à la valeur de la fonction en . La formule (30) peut être écrite sous la forme
| (31) |
, où
ou (changeant en et en )
| (32) | |||
Considérons maintenant
| (1) |
(y) ];
alors
(33)
qui est une fonction symétrique, associative, bisymétrique et demi-symétrique de et . Les théorèmes suivantes font voir que n’importe laquelle de ces propriété caractérise la classe des fonctions (1).
theoreme iv’. Les conditions suivantes sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme (1) avec continues et montones au sens restreint :
a) la fonction doit être continue et monotone au sens .,
b) la fonction doit être associative.
Il faut démontrer que ces conditions sont suffisantes. Supposons a) et b) et notons . D’apres (32) on a
donc on peut appliquer le point 5 du § 2 :
lorsque est dans un voisinage du point . Se référant de nouveau à (32),
pour un voisinage du point ( ), c’ est-à-dire tout point du a un voisinage dans lequel est de la forme (1). Il résulte du théorème II que est de la forme (1) en .
La condition de l’associativité de la fonction est la condition ellemême, écrite sous une autre forme. En effet, supposons
| (34) |
et posons dans
| (35) |
. Alors on a de (34) et (32)
et (35) apparaît sous la forme
ou, en tenant compte de nouveau de (32), ; donc (35) est équivalente à la condition . Ainsi le théoreme IV’ exprime essentiellement la même chose que le théorème IV.
Observation. Le théorème IV, qui a été démontré au § 1 par une voie inspirée de la théorie des tissus hexagoneaux, se trouve maintenant démontré par une voie nouvelle en partant des résultats de J. ACZÉL, en utilisant notamment la solution de l’équation de l’associativité [5].
théoreme iii. Les conditions suivantes sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction soit de la forme (1) avec les fonctions continues et monotones au sens restreint :
a) continue et monotone au sens restreint,
b) une fonction symétrique de et pour et quelconques.
En effet, la condition b) est équivalente à la condition , parce que si
alors
et
Donc le théorème III’ est une autre forme du théorème III.
Observations. 1) Dans le § 1 nous avons démontré directement le théorème I, d’où résulte immédiatement le théorème III, et nous en avons déduit la solution de l’équation de la bisymétrie et de l’associativité. Maintenant une autre voie se révèle : en partant de la solution de l’équation de l’associativité [5] on déduit le théorème IV’, puis le théorème IV, puis à l’aide de l’imde la bisymétrie. Ainsi le the III, de là on arrive à la solution de l’équation de l’équation de la bisymétrie éme des tissus hexagonaux [8] et la solution solution de l’équation de l’assopparaissent comme des conséquences de la
2) La condition ou la condition b) du théorème III’ ou
représentent une généralisation de la bysimétrie et en même temps un cas particulier de l’équation (5).
La bisymétrie ou la demi-symétrie de la fonction caractérisent de même la classe des fonctions (1). En effet, en supposant la bisymétrie ou la demi-symétrie de la fonction on a
et, en tenant compte de (32),
§ 5. Interprétations nomographiques
Supposons que la fonction soit représantable par un nomogramme à points alignés (fig. 9). Fixons sur les échelles et les points de cotes et respectivement et sur l’échelle les points de cotes et . Intersectons l’échelle avec la droite , l’échelle avec ; la droite, qui unit ces deux points d’intersection, coupe l’échelle en un point de cote
A la symétrie de la fonction correspond la propriété suivante pour le lieu géométrique , formé par les supports des trois échelles : soit advbcu un hexagone dont les côtés opposés se coupent aux points ; si huit de ces neuf points font partie du lieu géométrique, alors le point en fait aussi partie (fig. 10). Toutes les cubiques jouissent de cette propriété (théorème de Chasles) et les cubiques seules (dual du théorème de Graf et SAUER [14], [8]).
Il en résulte que tous les nomogrammes à points alignés avec des échelles situées sur la même cubique (propre ou dégénérée) représentent une équation de la forme (1), et iln’y a pas d’autres nomogrammes à points alignés pour la fonction (1).
A l’associativité de la fonction correspond la propriété suivante pour le lieu géométrique : si et sont deux quadrilatères inscrits en , tels que l’intersection des paires de droites ,
( ) et ( ) fasse aussi partie de , alors les droites et se coupent aussi sur (fig. 11).
Il résulte que toutes les cubiques et elles seulement jouissent de cette propriété.
La bisymétrie de la fonction conduit de même à une propriété caractéristique des cubiques, mais la demi-sym étrie ne donne pas une propriété nouvelle (nous retrouvons la figure 10).
§ 6. Caractérisation des fonctions
Nous avons vu au§ 4 que l’opération appliquée à la fonction (1) conduit à une fonction plus particulière. Il se pose la question de savoir, étant une fonction quelconque, quelles sont les fonctions que nous obtiendrons par l’opération . On a le
theoreme vii. Soit une fonction continue et montone au sens restreint quelconque. La condition nécessaire et suffisante pour qu’il existe une fonction , continue et montone, telle que
| (36) |
est l’existence d’un nombre e avec les propriétés suivantes
| (37) |
La condition est nécessaire. En tenant compte de (32)
et pouvant prendre des valeurs quelconques, nous avons vérifié (37).
La condition est suffisante. Nous admettons (37), choisissons tels, que , et soient et deux fonctions continues et monotones qui satisfont à la seule condition
La fonction
vérifie l’équation (38) équivalente à (36). En effet
La condition nécessaive et suffisante (37) est équivalente à la condition (37’)
En effet, de résulte, en tenant compte de (31),
Supposons fixé et variable ; alors est fixé également, donc aussi, c’est-à-dire qu’à un quelconque correspond le même , On peut voir aussi qu’à un quelconque correspond le même . D’autre part, en écrivant
c’est-à-dire que . Il s’ensuit que
pour et quelconques, c’est-à-dire justement (37).
Supposons maintenant que (37) soit valable. Alors il existe une fonction telle que (36) soit valable. (37’) résulte de l’identité suivante
| (39) |
Il nous reste à démontrer (39). Nous avons vu que
| (40) |
En utilisant (31) on a
En comparant avec (40)
et en utilisant (32), on obtient
BIBLIOGRAPHIE
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Reçu le 17 mars 1958
SUR QUELQUES FORMULES GENÉRALES DE QUADRATURE DU TYPE GAUSS-CHRISTOFFEL
par
à Cluj
Introduction
On sait qu’une première généralisation de la formule de quadrature de f. C. GAUSS [1] est due à e B. CHRISTOFFEL [2], lequel considérait noeuds fixes - qui ne se trouvent pas à l’intérieur de l’intervalle d’intégration - et déterminait d’autres noeuds, de manière que la formule de quadrature respective ait le degré d’exactitude maximum. Entre temps, certains mathématiciens : f. g. Me.Gler [3], C. a. possé [4], e. he :ne [5], t. J. STIELTJES [6], a. markofF [7], J. DERUYTS [8], etc., ont fait aussi des généralisations moins essentielles de la formule de quadrature de Gauss, en multipliant la fonction à intégrer par une certaine fonction de poids. Cependant, une généralisation importante et effective de la formule de quadrature de Gauss a été faite, dans le dernier temps, par p. turAn [9], L. tchakalofF [10] et t. popoviciu [11]. Par les travaux de ces mathématiciens - et spécialement de T. Popoviciu - on est arrivé à une formule très générale du type Gauss, laquelle emploie noeuds multiples, d’ordres de multiplicité impairs donnés, lesquels noeuds se déterminent de telle manière que la formule de quadrature respective ait le degré d’exactitude maximum. Nous généraliserons cette dernière formule dans le sens dans lequel Christoffel a généralisé la formule classique de Gauss ; à savoir, nous considérerons noeuds multiples, fixés - à une certaine restriction près - n’importe où sur l’axe réel, et nous essayerons de déterminer d’autres noeuds, d’ordres de multiplicité impairs donnés, de façon que la formule de quadrature que l’on obtient ait le degré d’exactitude maximum. Dans les travaux [12,13], nous avons déjà obtenu quelques résultats partiels, mais dans ce travail nous construirons une formule de quadrature très générale et présentant une grande symétrie.
