Équations fonctionnelles caracterisant les nomogrammes avec trois échelles rectilignes

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Abstrait

Traduction en anglais du titre

Functional equations characterizing nomograms with three rectilinear scales

Auteur(s)

F. Radó
Institutul de Calcul

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Pour citer ce travail

F. Radó, Équations fonctionnelles caracterisant les nomogrammes avec trois échelles rectilignes. (French) Mathematica (Cluj) 1 (24)1959 no. 1, 143–166.

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Mathematica Cluj

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Publié par la Maison d’édition de l’Académie roumaine

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EQUATIONS FONCTIONNELLES CARACTERISANT LES NOMOGRAMMES AVEC TROIS ECHELLES RECTILIGNES 1

Introduction

Soit

O1P¯=f(x),O2Q¯=g(y),O3R¯=h(z)\overline{O_{1}P}=f(x),\overline{O_{2}Q}=g(y),\overline{O_{3}R}=h(z)

les équations des échelles du nomogramme de la fig. 1. On suppose que les fonctions f,gf,g et hh sont continues et monotones au sens restreint. Entre les cotes x,y,zx,y,z des points P,Q,RP,Q,R, situées sur une même droite, a lieu la relation

z=H1[F(x)+G(y)],z=H^{-1}[F(x)+G(y)], (1)

F(x)=d1d1+d2f(x),G(y)=d2d1+d2g(y)F(x)=\frac{d_{1}}{d_{1}+d_{2}}f(x),G(y)=\frac{d_{2}}{d_{1}+d_{2}}g(y), H(z)=h(z)H(z)=h(z). La fonction z=f(x,y)z=f(x,y) définie par (1) est continue et montone (par rapport à chacune des variables). Dans les considérations suivantes toutes les fonctions à une et à deux variables seront supposées continues et monotones. Les échelles des nomogrammes ne permettent pas d’hypothèses plus larges.

Il se pose le problème de caractériser les fonctions z=f(x,y)z=f(x,y), qui peuvent être mises sous la forme (1).

00footnotetext: 1 Cet article est compris dans le travail „Ecuatii funcționale in legătură cu nomografie" publié en langue roumaine dans la revue „Studii şi Cercetări de Matematică, Cluj", 9,249-319 (1958).

Si on se borne aux fonctions z=f(x,y)z=f(x,y) admettant des dériv ées partielles jusqu’au troisième ordre, alors la condition nécessaire et suffisante pour que f(x,y)f(x,y) soit de la forme (1) s’exprime par la condition de SAINT-ROBERT [1] :

2xylnfx(x,y)fy(x,y)=0\frac{\partial^{2}}{\partial x\partial y}\ln\frac{f_{x}^{\prime}(x,y)}{f_{y}^{\prime}(x,y)}=0

J. ACZÉL a caractérisé, dans les conditions précisées plus haut, le cas particulier de la classe des fonctions

z=f(x,y)=H1[aH(x)+bH(y)+c]z=f(x,y)=H^{-1}[aH(x)+bH(y)+c] (2)

par l’équation fonctionnelle
(3)

f[f(u,x),f(y,v)]=f[f(u,y),f(x,v)]f[f(u,x),f(y,v)]=f[f(u,y),f(x,v)]

dite équation de la bisymétrie [2], [3], [4]. Cet auteur est arrivé à ce résultat en imposant d’abord à la solution de l’équation (3) deux conditions supplémentaires. Indépendamment de celui-ci il a démontré aussi [5] que l’équation dite de l’associativité

f[f(x,y),t]=f[x,f(y,t)]f[f(x,y),t]=f[x,f(y,t)] (4)

admet comme solution les fonctions (2), avec a=b=1,c=0a=b=1,c=0.
J. ACZÉL a formulé le problème de la recherche d’une équation fonctionnelle qui caractérise les fonctions (1) en général [6]. M. hosszú en a trouvé le résultat suivant [7] : les solutions de l’équation fonctionnelle à trois fonctions inconnues
(5)

f[g(u,x),h(y,v)]=f[g(u,y),h(x,v)]f[g(u,x),h(y,v)]=f[g(u,y),h(x,v)]

qui sont montones au sens restreint et admettent des dérivées partielles de premier ordre, sont les fonctions

f(x,y)=H1[F(x)+G(y)]\displaystyle f(x,y)=H^{-1}[F(x)+G(y)]
g(x,y)=F1[L(x)+N(y)]\displaystyle g(x,y)=F^{-1}[L(x)+N(y)]
h(x,y)=G1[N(x)+M(y)]\displaystyle h(x,y)=G^{-1}[N(x)+M(y)]

Outre l’hypothèse de la dérivabilité, ce résultat a cet inconvenient que pour décider si une fonction donnée est ou non de la forme (1), à coté de cette fonction il y en a encore deux fonctions inconnues, ce qui fait l’application très difficile.

Dans ce travail nous donnerons diverses conditions nécessaires et suffisantes pour que la fonction z=f(x,y)z=f(x,y) soit de la forme (1), La fonction ff étant continue et montone au sens restreint, l’équation z=f(x,y)z=f(x,y) peut être résolue par rapport à xx et y:x=f¯(y,z),y=f~(z,x)y:x=\bar{f}(y,z),y=\tilde{f}(z,x). Une des conditions données peut être écrite de la façon suivante

f[f¯(u,x),f~(y,v)]=f[f¯(u,y),f~(x,v)]f[\bar{f}(u,x),\tilde{f}(y,v)]=f[\bar{f}(u,y),\tilde{f}(x,v)] (6)

qui est un cas particulier de l’équation (5). L’hypothèse de la dérivabilité n’y interviendrait pas.

Une interprétation géométrique de l’équation (6) est connue dans la théorie des tissus hexagonaux [8]. Une autre conduit au résultat suivant : les nomogrammes avec trois échelles sur une même cubique représentent une équation de la forme (1) et il n’y a pas de nomogrammes à points alignés d’autre nature pour l’équation (1). Les autres conditions qui seront données peuvent être elles aussi interprétées géométriquement de deux façons différentes.

Les équations fonctionnelles (3) et (4) et d’autres équations similaires peuvent être résolues facilement à l’aide de la condition (6). Ainsi est établie une méthode nouvelle pour étudier une certaine classe d’équations fonctionnelles.

L’étude du domaine des valeurs de la fonction H(x)H(x) en (2), qui s’impose pour différentes valeurs de a,b,ca,b,c, est faite également dans ce travail.

Si z=/(x,y)z=/(x,y) vérifie (6) et peut donc être mis sous la forme (1), il reste le problème de déterminer les fonctions F,G,HF,G,H, c’est-à-dire de déterminer les échelles, ce qui conduit à étudier l’équation fonctionnelle

χ(x+y)=f[φ(x),ψ(y)]\chi(x+y)=f[\varphi(x),\psi(y)]

à trois fonctions inconnues φ=F1,ψ=G1,χ=H1\varphi=F^{-1},\psi=G^{-1},\chi=H^{-1} d’une seule variable. Elle a été considérée par J. ACZÉL pour φ=ψ=χ[4]\varphi=\psi=\chi[4]. Nous y réduirons le cas général.

Nous avons lié à l’équation de l’associativité (4) de nombreux faits, qui ont paru jusqu’ici sans rapport entre eux, notamment : l’équation de la bisymétrie, les propriétés des tisus hexagonaux, nomogrammes dont les échelles sont situées sur une même cubique, propriétés caractéristiques des cubiques.

§ 1. Conditions pour qu’une fonction soit représentable par unnomogramme avec trois échelles rectilignes

Considérons la fonction de deux variables

f(x,y)=H1[F(x)+G(y)]f(x,y)=H^{-1}[F(x)+G(y)] (1)

oùles fonctions F,G,HF,G,H d’une seule variable sont continues et monotones au sens restreint. La fonction (1) satisfait à la
Condition TT : f(x1,y2)=f(x2,y1),f(x1,y3)=f(x3,y1)f(x2,y3)=f(x3,y2)f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right)\rightarrow f\left(x_{2},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{2}\right).
En effet, en vertu de la monotonie de la fonction HH les relations

H1[F(x1)+G(y2)]\displaystyle H^{-1}\left[F\left(x_{1}\right)+G\left(y_{2}\right)\right] =H1[F(x2)+G(y1)]\displaystyle=H^{-1}\left[F\left(x_{2}\right)+G\left(y_{1}\right)\right]
H1[F(x1)+G(y3)]\displaystyle H^{-1}\left[F\left(x_{1}\right)+G\left(y_{3}\right)\right] =H1[F(x3)+G(y1)]\displaystyle=H^{-1}\left[F\left(x_{3}\right)+G\left(y_{1}\right)\right]

entraînent

F(x1)+G(y2)=F(x2)+G(y1);F(x1)+G(y3)=F(x3)+G(y1)F\left(x_{1}\right)+G\left(y_{2}\right)=F\left(x_{2}\right)+G\left(y_{1}\right);\quad F\left(x_{1}\right)+G\left(y_{3}\right)=F\left(x_{3}\right)+G\left(y_{1}\right)

d’où l’on obtient par soustraction

F(x2)+G(y3)=F(x3)+G(y2)F\left(x_{2}\right)+G\left(y_{3}\right)=F\left(x_{3}\right)+G\left(y_{2}\right)

ou

H1[F(x2)+G(y3)]=H1[F(x3)+G(y2)].H^{-1}\left[F\left(x_{2}\right)+G\left(y_{3}\right)\right]=H^{-1}\left[F\left(x_{3}\right)+G\left(y_{2}\right)\right].

La condition TT entraîne évidemment la

 Condition B:f(x1,y2)=f(x2,y1),f(x1,y3)=f(x3,y1)==f(x2,y2)f(x2,y3)=f(x3,y2)\text{ Condition }\begin{aligned} B&:f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right)=\\ &=f\left(x_{2},y_{2}\right)\rightarrow f\left(x_{2},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{2}\right)\end{aligned}

L’interpretation géométrique de cette condition est la suivante : les lignes de niveau de la fonction (1) et les parallèles aux axes forment un tissu. Soit S(x2,y2)S\left(x_{2},y_{2}\right) un point quelconque du plan et L(x2,y3)L\left(x_{2},y_{3}\right) un point appartenant à la droite x=xx=x : (fig. 2)  ; la droite parallèle à l’axe OxOx menée par LL rencontre la ligne de niveau par SS en MM, la parallèle à l’axe OyOy par MM coupe la droite parallèle à OxparSOx\operatorname{par}S en NN, la ligne de niveau par NN et la droite parallèle à OyOy par SS se coupent au point PP, la parallèle à OxOx par PP et la ligne de niveau par SS se coupent en QQ, enfin les droites parallèles aux axes par Q et SS respectivement se rencontrent en RR ; la condition BB exemprime la propriété des points LL et RR d’être situés sur la même ligne de niveau. Autrement dit : l’hexagone curviligne ayant pour côtés et diagonales des lignes de niveau et des droites parallèles aux axes de coordonnées, se ferme. Cet hexagone curviligne est dit la figure de Brianchon. Par conséquent la condition BB exprime le fait que toutes les figures Brianchon se ferment.

Inversement, dans la théorie des tissus hexagonaux on démontre que pour toutes les fonctions f(x,y)f(x,y) continues et montones au sens restreint la fermeture des figures Brianchon a pour conséquence que f(x,y)f(x,y) est de la forme (1) [6]. Nous présentons ici une démonstration plus directe de ce théorème.

Nous admettons que la fonction z=f(x,y)z=f(x,y), définie dans un domaine DD est continue et monotone au sens restreint par rapport à chacune de ses {}^{\text{ses }} variables et satisfait à la condition BB pour tous les points du domaine DD. Nous pouvons admettre aussi, que le domaine DD contient à son intériet. l’origine des axes et que la fonction f(x,y)f(x,y) est croissante, parce qu’en appli-
quant une transformation linéaire convenable aux variables indépendentes, on peut arriver à ce cas.

Considérons une ligne de niveau qui rencontre les axes de coordonnées dans les points A1A_{1} et B1B_{1}, de façon que le domaine OA1B1OA_{1}B_{1} soit dans le premier cadran et à l’intérieur de DD (fig. 3). La ligne de niveau menée par le point

d’intersection B2B_{2} des parallèles aux axes par A1A_{1} et B1B_{1} coupe les axes en A2A_{2} et C2C_{2} respectivement. En vertu de la condition BB, les figures Brianchon se referment, donc les points d’intersection B3B_{3} et C3C_{3} des parallèles aux axes par A2A_{2} et B1,A1B_{1},A_{1} et C2C_{2} respectivement sont situés sur une même ligne de niveau, qui rencontre les axes aux points A3A_{3} et D3D_{3}. Les points B4,C4B_{4},C_{4} et D4D_{4}, obtenus d’une manière analogue sont également sur la même ligne de niveau. On continue cette opération jusqu’à ce que tous les points d’intersection des parallèles déjà considerées se trouvent à l’exterieur de la partie située dans le premier cadran du domaine DD. Évidemment on peut faire la même construction pour tous les cadrans ; soit C1C_{1} par exemple le point d’intersection de la ligne de niveau par B1B_{1} avec la droite parallèle à l’axe OxOx par C2;B0C_{2};B_{0} et A1A_{-1} respectivement, l’intersection de la ligne parallèle à l’axe OyOy par C1C_{1} avec la parallèle à OxOx par B1B_{1} et OO respectivement ; les points B0B_{0} et OO se trouveront sur la même ligne de niveau, etc. Nous désignerons par xi,1x_{i,1} l’abscisse commune des points Ai,Bi+1,Ci+2,A_{i},B_{i+1},C_{i+2},\ldots, par y1,1y_{1,1} l’ordonnée commune des points BkB_{k}, par y2,1y_{2,1} celle des points CkC_{k}, etc., et par zi,1z_{i,1} les valeurs communes de la fonction z=f(x,y)z=f(x,y) aux points Ai,BiA_{i},B_{i}, Cl,C_{l},\ldots

Définissons les fonctions F(x),G(y)F(x),G(y) et H(z)H(z), pour le moment sur ltg\mathrm{l}_{\mathrm{tg}} points discrets xi,1,yi,1x_{i,1},y_{i,1} et zi,1z_{i,1}, ainsi :

F(xi,1)=i,G(yi,1)=i,H(zi,1)=i.F\left(x_{i,1}\right)=i,\quad G\left(y_{i,1}\right)=i,\quad H\left(z_{i,1}\right)=i.

Alors la fonction donnée z=f(x,y)z=f(x,y) satisfait aux sommets du réseau construit à la relation

H[f(x,y)]=F(x)+G(y).H[f(x,y)]=F(x)+G(y). (7)

En vertu de la continuité et de la montonie au sens restreint de la fonction f(x,y)f(x,y), le système d’équations f(α,β)=z1,1,f(α,0)=f(0,βf(\alpha,\beta)=z_{1,1},f(\alpha,0)=f(0,\beta admet une solution unique α,β\alpha,\beta et 0<α<x1,0<β<y10<\alpha<x_{1},0<\beta<y_{1} ; c’est-à-dire qu’il existe sur la ligne de niveau A1B1A_{1}B_{1} un point unique B2B_{2}^{\prime} dont les projections aux axes A1A_{1}^{\prime} et B1B_{1}^{\prime} sont sur une même ligne de niveau. Construsons un rectangle aux côtés parallèles aux axes ayant comme sommets opposés B2B_{2} et B2B_{2}^{\prime} ; alors les deux autres sommets B3B_{3}^{\prime} et C3C_{3}^{\prime} doivent être situés sur la même ligne de niveau. De la même façon B4B_{4}^{\prime} étant l’intersection de la parallèle à OxOx par B3B_{3}^{\prime} avec la ligne de niveau par B2B_{2}, et A3A_{3}^{\prime} la projection de B4B_{4}^{\prime} sur l’axe OxOx, les points B3B_{3}^{\prime} et A3A_{3}^{\prime} doivent être situés sur une même ligne de niveau. En continuant cette opération on arrive à un raffinement du réseau obtenu par le premier pas de la construction. En désignant les abscisses et les ordonnées des nouvelles parallèles par xi,2x_{i,2} et yi,2y_{i,2} respectivement, on a x2k,2=xk,1,y2k,2=yk,1x_{2k,2}=x_{k,1},y_{2k,2}=y_{k,1}. Soient zi,2z_{i,2} les valeurs de la fonction f(x,y)f(x,y) sur les nouvelles lignes de niveau ; alors z2k,2=zk,1z_{2k,2}=z_{k,1}. En définissant

F(xi,2)=i2,G(yi,2)=i2,H(zi,2)=i2F\left(x_{i,2}\right)=\frac{i}{2},G\left(y_{i,2}\right)=\frac{i}{2},H\left(z_{i,2}\right)=\frac{i}{2}

nous avons aux sommets du réseau original les valeurs définies ci-dessus, et nous pouvons observer que la relation (7) est vérifiée pour les sommets du réseau raffiné.

Nous continuons cette opération de raffinement du réseau indéfiniement. Au nn-ième raffinement nous définissons les ensembles {xi,n},{yi,n}\left\{x_{i,n}\right\},\left\{y_{i,n}\right\}, {zi,n}\left\{z_{i,n}\right\} et les valeurs des fonctions F,GF,G et HH dans ces points en posant

F(xi,n)=i2n,G(yi,n)=i2n,H(zi,n)=i2nF\left(x_{i,n}\right)=\frac{i}{2^{n}},G\left(y_{i,n}\right)=\frac{i}{2^{n}},H\left(z_{i,n}\right)=\frac{i}{2^{n}}

Cela ne change pas les valeurs de ces fonctions aux points du ( n1n-1 )-ième réseau et la relation (7) se vérifie de proche en proche.
sont positives et forment une suite décroissante, qui a donc une limite x0x^{*}\geqslant 0. On a

f(x1,n,y1,n)\displaystyle f\left(x_{1,n},y_{1,n}\right) =f(x1,n1,0)\displaystyle=f\left(x_{1,n-1},0\right)
f(x1,n,0)\displaystyle f\left(x_{1,n},0\right) =f(0,y1,n)\displaystyle=f\left(0,y_{1,n}\right)

Il résulte de la seconde égalité, en vertu de la continuité et montonie all

  • la second

sens restreint de f(x,y)f(x,y) que y1,ny_{1,n} a aussi une limite, soit yy^{*}. Si dans la première égalité nn\rightarrow\infty, on obtient f(x,y)=f(x,0)f\left(x^{*},y^{*}\right)=f\left(x^{*},0\right), c’est-à-dire y=0y^{*}=0. La seconde égalité entraîne f(x,0)=f(0,0)f\left(x^{*},0\right)=f(0,0), donc x=0x^{*}=0.

Considérons un domaine OABOAB, intérieur à DD, limité par les axes de coordonnées et par la ligne de niveau AB,AAB,A étant un somment de réseau. Alors l’ensemble {xi,n}\left\{x_{i,n}\right\} est dense sur le segment OAOA, quand ii et nn varient. En effet, supposons qu’il existe un intervalle (γ,δ)OA(\gamma,\delta)\in OA qui ne contient pas de points xi,nx_{i,n}. Pour chaque nn, nous déterminons le nombre k=k(n)k=k(n) de sorte, que l’intervalle ( γ,δ\gamma,\delta ) soit compris entre Ak(n)A_{k}^{(n)} et Ak+1(n)A_{k+1}^{(n)}. La ligne de niveau par Ak(n)A_{k}^{(n)} coupe l’axe OyOy en Qk(n)Q_{k}^{(n)}, la parallèle à OxOx par ce point rencontre la ligne de niveau par Ak+1(n)A_{k+1}^{(n)} en Qk+1(n)Q_{k+1}^{(n)} (fig. 4). La projection du point Qk+1(n)Q_{k+1}^{(n)} sur OxOx est justement le point A1(n)A_{1}^{(n)}. En tenant compe du fait que pour nn\rightarrow\infty, Qk(n)Qk+1(n)¯=OA1(n)¯=x1,n0\overline{Q_{k}^{(n)}Q_{k+1}^{(n)}}=\overline{OA_{1}^{(n)}}=x_{1,n}\rightarrow 0, on a Ak(n)Ak+1(n)¯0\overline{A_{k}^{(n)}A_{k+1}^{(n)}}\rightarrow 0, en contradiction avec notre hypothèse. Il s’ensuit que les points de réseau forment un ensemble dense sur le domaine OABOAB.

Considerons un domaine OMMOMM^{*}, limité par les axes et par la ligne de niveau MMMM^{*}, qu’on suppose qu’elle ne passe plus maintenant par des points de réseau (fig. 5). Nous allons démontrer que les points de réseau forment un ensemble dense sur OMMOMM^{*}. Il suffit de démontrer que MM est un point d’accumulation de l’ensemble \mathcal{E}, formé par les points xi,nx_{i,n} situés sur le segment OMOM. Supposons le contraire, c’est-à-dire que Q=supQ=\sup\mathcal{E} soit situé à gauche de MM. Nous savons que \mathcal{E} est dense sur OQOQ, donc on peut choisir les points QQ^{\prime} et Q′′Q^{\prime\prime} appartenant à \mathscr{E} de telle manière que le rectangle QQ′′RSQ^{\prime}Q^{\prime\prime}RS ait les sommets SS et Q′′Q^{\prime\prime} sur la même ligne de niveau et que le sommet RR soit dans le domaine QMMQQMM^{*}Q^{*}. Il s’ensuit que RR et RR^{\prime} sont des points de réseau, c’est-à-dire que RSϵR^{\prime}{}_{\epsilon}S, ce qui est en contradiction avec l’hypothèse Q=supQ=\sup\mathcal{E}.

Couvrons le domaine DD par des domaine DjD_{j}, dont chacun est limité par des parallèles aux axes et par une ligne de niveau. Il résulte de ce que nous venons de démontrer que, si DjD_{j} contient un point de réseau, alors il en contient un ensemble dense sur DjD_{j}. Il s’ensuit immédiatement que les points de réseau forment un ensemble dense sur DD.

Les fonctions F,G,HF,G,H définies sur les ensembles denses {xi,n},{yi,n}\left\{x_{i,n}\right\},\left\{y_{i,n}\right\}, {zi,n}\left\{z_{i,n}\right\} respectivement, sont des fonctions continues et monotones au sens restreient sur ces ensembles, ainsi leur définitions peuvent être étendues par continuité pour toutes les valeurs x,y,zx,y,z, qui se trouvent dans les intervalles déterminés par le rectangle circonscrit au domaine DD, ayant les cotés parallèles aux axes, et par les lignes de niveau tangentes à ce domaine respectivement. Les fonctions FF, G,HG,H ainsi définies sont continues, monotones au sens restreint et satisfont en plus àla

Condition EE : L’intervalle des valeurs de la fonction HH contient tous les nombres de la forme F(x)+G(y)F(x)+G(y), (x,y)D(x,y)\in D.

On peut voir que la relation (7) est vérifiée pour tous les (x,y)D(x,y)\in D, si l’on passeà la limite par des points du réseau. Ainsi nous avons démontré le
théoreme i. Soit z=f(x,y)z=f(x,y) une fonction définie dans un domaine quelconque DD. La condition BB, la continuité et la montonie au sens restreint de la fonction f(x,y)f(x,y) sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction f(x,y)f(x,y) soit de la forme (1), où F,G,HF,G,H sont des fonctions continues et monotones all sens restreint et satisfont à la condition EE.

Il résulte de la démonstration faite qu’on peut remplacer la condition BB par une autre plus faible, en exigeant sa vérification seulement dans tous les domaines intérieurs à DD, ayant des diametres plus petits qu’un nombre positif. On voit par suite d’un raisonnement aisé, qu’il suffit aussi que tout point du DD ait un voisinage où la condition BB soit satisfaite. Donc on a le
théoreme ii. Soit z=f(x,y)z=f(x,y) défini dans le domaine D. Si tout point du DD a un voisinage dans lequel la fonction f(x,y)f(x,y) est de la forme (1) avec F,G,HF,G,H continues et monotones au sens restreint, alors f(x,y)f(x,y) est de la forme (1) dans le domaine DD même (la propriété locale (1) entraîne la propriété globale (1)).

Dans les conditions de continuité et de monotonie énoncées : condition TT\rightarrow condition B(1)B\rightarrow(1). On a donc le
théoreme iii. La condition TT, la continuité et la monotonie au sens restreint de la fonction f(x,y)f(x,y) sont nécessaires et suffisantes pour que f(x,y)f(x,y) soit de la forme (1), où F,GF,G et HH sont des fonctions continues, monotones all sens restreint (et satisfont à la condition EE ).

L’interprétation des théorèmes III et IV est bien connue dans la théorie des tissus [8].

Observations. 1) Nous pouvons démontrer directement l’implication TRT\rightarrow R. Soit
f(x1,y3)=f(x2,y1),f(x1˙,y4)==f(x2,y2),f(x3,y3)=f(x4,y1)f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(\dot{x_{1}},y_{4}\right)==f\left(x_{2},y_{2}\right),f\left(x_{3},y_{3}\right)=f\left(x_{4},y_{1}\right)
et définissons les nombres ξ\xi et η\eta par

f(x1,y4)=f(ξ,y3),f(x1,η)==f(x3,y3)\begin{gathered}f\left(x_{1},y_{4}\right)=f\left(\xi,y_{3}\right),f\left(x_{1},\eta\right)=\\ =f\left(x_{3},y_{3}\right)\end{gathered}

En tenant compte de Tf(ξ,η)=f(x3,y4)Tf(\xi,\eta)=f\left(x_{3},y_{4}\right). D’autre part

L’interprétation géométrique de la condition TT est représentée sur la figure 6. La figure dite figure de Thomsen, doit se termer.

On peut remplacer la condition BB et la condition TT respectivement par une troisième :

Condition R:f(x1,y3)==f(x2,y1);f(x1,y4)=f(x2,y2)R:\quad f\left(x_{1},y_{3}\right)==f\left(x_{2},y_{1}\right);f\left(x_{1},y_{4}\right)=f\left(x_{2},y_{2}\right) ;

f(x3,y3)=f(x4,y1)\displaystyle f\left(x_{3},y_{3}\right)=f\left(x_{4},y_{1}\right)\rightarrow
f(x3,y4)=f(x4,y2)\displaystyle\rightarrow f\left(x_{3},y_{4}\right)=f\left(x_{4},y_{2}\right)

En effet, on peut constater par une vérification directe, que la condition RR résulte de (1) et que celle-ci entraîne, en posant x2=x3x_{2}=x_{3} et y2=y3y_{2}=y_{3}, la condition BB, et donc (1). On a le
théoreme iv. La condition RR, la continuité et la monotonie au sens restreint sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction f(x,y)f(x,y) soit de la forme (1), où les fonctions F,G,HF,G,H sont continues et monotones au sens restreint (et satisfont à la condition EE ).

L’interprétation géométrique de la condition RR est que la figure de Reidemeister se terme (fig. 7), c’est-à-dire que si trois sommets d’un rectangle, dont les cotés sont parallèles aux axes de coordonnées, se déplacent sur des lignes de niveau, alors le quatrième se déplace également sur une ligne de niveau.

f(x2,y1)=f(x1,y3),f(x2,y2)=f(ξ,y3)f(ξ,y1)=f(x1,y2)f\left(x_{2},y_{1}\right)=f\left(x_{1},y_{3}\right),f\left(x_{2},y_{2}\right)=f\left(\xi,y_{3}\right)\rightarrow f\left(\xi,y_{1}\right)=f\left(x_{1},y_{2}\right)
f(x1,η)=f(x4,y1),f(x1,y2)=f(ξ,y1)f(x4,y2)=f(ξ,η);f\left(x_{1},\eta\right)=f\left(x_{4},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(\xi,y_{1}\right)\rightarrow f\left(x_{4},y_{2}\right)=f(\xi,\eta);

donc f(x4,y2)=f(x3,y4)f\left(x_{4},y_{2}\right)=f\left(x_{3},y_{4}\right).
2) Les conditions TT et RR peuvent être combinées et nous obtenons une quatrième condition équivalente

f(x1,y3)=f(x3,y1),f(x1,y4)=f(x4,y1),f(x2,y3)=f(x3,y2)f(x2,y4)=f(x4,y2)\begin{gathered}f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{4}\right)=f\left(x_{4},y_{1}\right),f\left(x_{2},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{2}\right)\\ \rightarrow f\left(x_{2},y_{4}\right)=f\left(x_{4},y_{2}\right)\end{gathered}

§ 2. Application à la résolution de quelques équations fonctionnelles

Les théorèmes établis peuvent être utilisés pour la résolution de plusieurs éqations fonctionnelles. Plus particulièrement les théorèmes I et III sont bien utilisables. Nous appliquerons ces théorèmes pour résoudre, par une voie nouvelle, quelques équations résolues par d’autres auteurs. Nous arriverons à un traitement unitaire des équations caracterisant des classes de fonctions représentables par le nomogramme de la fig. 1, particulairisé de plusieurs façons.

  1. 1.

    L’équation de la bisymétrie. - Cherchons quelles sont les fonctions z=f(x,y)z=f(x,y), définies pour α<x<β,α<y<β\alpha<x<\beta,\alpha<y<\beta, satisfaisant aux conditions suivantes :
    a) α<f(x,y)<β\alpha<f(x,y)<\beta (nous disons que ff est une opération)
    b) f(x,y)f(x,y) est continue
    c) f(x,y)f(x,y) est monotone au sens restreint
    d) elle satisfait à l’équation de la bisymétrie :
    (3)

f[f(u,x),f(y,v)]=f[f(u,y),f(x,u)]f[f(u,x),f(y,v)]=f[f(u,y),f(x,u)]

pour

x,y,v,u(α,β) [2]. x,y,v,u\in(\alpha,\beta)\text{ [2]. }

Nous démontrerons d’abord que la fonction z=f(x,y)z=f(x,y) satisfait à la condition TT dans le rectangle R[α<x<β,α<y<β]R[\alpha<x<\beta,\alpha<y<\beta]. Soient xi,yi(α,β)(i=1,2,3)x_{i},y_{i}\in(\alpha,\beta)(i=1,2,3) et v(α,β)v\in(\alpha,\beta), et supposons que f(x1,y2)=f(x2,y1),f(x1,y3)==f(x3,y1)f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{3}\right)==f\left(x_{3},y_{1}\right). On a successivement

f[f(x2,y3),f(y1,v)]=f[f(x2,y1),f(y3,v)]=f[f(x1,y2),f(y3,v)]=\displaystyle f\left[f\left(x_{2},y_{3}\right),f\left(y_{1},v\right)\right]=f\left[f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(y_{3},v\right)\right]=f\left[f\left(x_{1},y_{2}\right),f\left(y_{3},v\right)\right]=
=f[f(x1,y3),f(y2,v)]=f[f(x3,y1),f(y2,v)]=f[f(x3,y2),f(y1,v)]\displaystyle=f\left[f\left(x_{1},y_{3}\right),f\left(y_{2},v\right)\right]=f\left[f\left(x_{3},y_{1}\right),f\left(y_{2},v\right)\right]=f\left[f\left(x_{3},y_{2}\right),f\left(y_{1},v\right)\right]

On peut observer que dans le premier et le dernier membre le deuxième argument est identique, donc en utilisant la condition c) on obtient : f(x2,y3)==f(x3,y2)f\left(x_{2},y_{3}\right)==f\left(x_{3},y_{2}\right).

Il résulte du théorème III que f(x,y)f(x,y) peut être écrit sous la forme

f(x,y)=H1[F(x)+G(y)].f(x,y)=H^{-1}[F(x)+G(y)].

Substituant en (3), on obtient

H1{FH1[F(u)+G(x)]\displaystyle H^{-1}\left\{FH^{-1}[F(u)+G(x)]\right. +GH1[F(y)+G(v)]}=H1{FH1[F(u)+G(y)]+\displaystyle\left.+GH^{-1}[F(y)+G(v)]\right\}=H^{-1}\left\{FH^{-1}[F(u)+G(y)]+\right.
+GH1[F(x)+G(v)]}.\displaystyle\left.+GH^{-1}[F(x)+G(v)]\right\}.

En égalant les arguments de la fonction H1H^{-1} des deux côtés de l’égalité et en changeant les notations

FH1=φ,GH1=ψ\displaystyle FH^{-1}=\varphi,\quad GH^{-1}=\psi (8)
H(u)=s,H(v)=t,H(x)=ξ,H(y)=η,\displaystyle H(u)=s,H(v)=t,H(x)=\xi,H(y)=\eta,

on obtient

φ[φ(s)+ψ(ξ)]+ψ[φ(η)+ψ(t)]=φ[φ(s)+ψ(η)]+ψ[φ(ξ)+ψ(t)]\varphi[\varphi(s)+\psi(\xi)]+\psi[\varphi(\eta)+\psi(t)]=\varphi[\varphi(s)+\psi(\eta)]+\psi[\varphi(\xi)+\psi(t)]

ou

φ[φ(s)+ψ(ξ)]φ[φ(s)+ψ(η)]=ψ[φ(ξ)+ψ(t)]ψ[φ(η)+ψ(t)].\varphi[\varphi(s)+\psi(\xi)]-\varphi[\varphi(s)+\psi(\eta)]=\psi[\varphi(\xi)+\psi(t)]-\psi[\varphi(\eta)+\psi(t)].

Le second membre ne contient pas ss, done

φ(s2)φ(s1)=Kξ,η si s2s1=ψ(ξ)ψ(η).\varphi\left(s_{2}\right)-\varphi\left(s_{1}\right)=K_{\xi,\eta}\quad\text{ si }\quad s_{2}-s_{1}=\psi(\xi)-\psi(\eta).

La valeur de dd étant fixée, choisissons ξ\xi et η\eta tels que ψ(ξ)ψ(η)=d\psi(\xi)-\psi(\eta)=d ; alors Kξ,η=λ(d)K_{\xi,\eta}=\lambda(d), et

φ(s2)φ(s1)=λ(s2s1),\varphi\left(s_{2}\right)-\varphi\left(s_{1}\right)=\lambda\left(s_{2}-s_{1}\right),

pour toutes les valeurs de s1s_{1} et s2s_{2} contenues dans le domaine de définition de la fonction φ\varphi. Par un changement de notation nous obtenons une équation fonctionnelle semblable à l’équation de Cauchy, mais contenant deux fonctions inconnues

φ(x+y)=φ(x)+λ(y)\varphi(x+y)=\varphi(x)+\lambda(y) (9)

En posant x=x0,λ(y)=φ(y+x0)φ(x0)x=x_{0},\lambda(y)=\varphi\left(y+x_{0}\right)-\varphi\left(x_{0}\right), l’équation (9) devient

φ(x+y)=φ(x)+φ(y+x0)φ(x0).\varphi(x+y)=\varphi(x)+\varphi\left(y+x_{0}\right)-\varphi\left(x_{0}\right).

Pour φ(x+x0)φ(x0)=Φ(x)\varphi\left(x+x_{0}\right)-\varphi\left(x_{0}\right)=\Phi(x) on obtient

Φ(x+yx0)=Φ(xx0)+Φ(y)\Phi\left(x+y-x_{0}\right)=\Phi\left(x-x_{0}\right)+\Phi(y)

ou, avec la notation xx0=xx-x_{0}=x^{\prime},

Φ(x+y)=Φ(x)+Φ(y),\Phi\left(x^{\prime}+y\right)=\Phi\left(x^{\prime}\right)+\Phi(y),

c’est-à-dire l’équation même de Cauchy ; par conséquent

Φ(x)=ax\Phi(x)=ax

et

φ(x)=Φ(xx0)+φ(x0)=a(xx0)+φ(x0)=ax+c1.\varphi(x)=\Phi\left(x-x_{0}\right)+\varphi\left(x_{0}\right)=a\left(x-x_{0}\right)+\varphi\left(x_{0}\right)=ax+c_{1}.

De la même façon on obtient ψ(x)=bx+c2\psi(x)=bx+c_{2}.
De la formule (8) on a F=φH=aH+c1F=\varphi H=aH+c_{1} et G=ψH=bH+c2G=\psi H=bH+c_{2}. Par conséquent

f(x,y)=H1[aH(x)+bH(y)+c]f(x,y)=H^{-1}[aH(x)+bH(y)+c] (10)

(c=c1+c2)\left(c=c_{1}+c_{2}\right). Quant à la fonction H(x)H(x) on sait qu’elle est continue, monotone au sens restreint et vérifie la condition EE. La condition EE dans ce cas peut être énoncée ainsi : l’intervalle (γ,δ)(\gamma,\delta) des valeurs de la fonction H(x)H(x) satisfait à la

Condition E:h1,h2(γ,δ)ah1+bh2+c(γ,δ)E^{\prime}:h_{1},h_{2}\in(\gamma,\delta)\rightarrow ah_{1}+bh_{2}+c\in(\gamma,\delta).
On peut voir aisément que les formes suivantes de l’intervalle ( γ,δ\gamma,\delta ) sont équivalentes à la condition EE^{\prime}, pour les valeurs différentes de a,b,ca,b,c.

Si a+b1a+b\neq 1, on peut supposer c=0c=0 (parce qu’en écrivant H(x)==H1(x)+c/(a+b1)H(x)==H_{1}(x)+c/(a+b-1) le terme constant disparaîtra). Dans les cas I. - V. nous avons supposé c=0c=0.
I. a>0,b>0,a+b<1:γ<0<δa>0,b>0,a+b<1:\quad\gamma<0<\delta
II. a>0,b>0,a+b>1:γ0,δ=a>0,b>0,a+b>1:\quad\gamma\geqslant 0,\delta=\infty ou γ=,δ0\gamma=-\infty,\delta\leqslant 0
III. a<0,b<0,a+b1:γ+δ=0a<0,b<0,a+b\geqslant-1:\quad\gamma+\delta=0
IV. a<0,b<0,a+b<1:γ=,δ=+a<0,b<0,a+b<-1:\quad\gamma=-\infty,\delta=+\infty
V. ab<0ab<0 :
VI. a+b=1,0<a<1,c=0:(γ,δ)a+b=1,0<a<1,c=0:\quad(\gamma,\delta) quelconque
VII. a+b=1,0<a<1,c>0a+b=1,0<a<1,c>0 : γ\quad\gamma quelconque, δ=+\delta=+\infty
VIII. a+b=1,0<a<1,c<0:γ=,δa+b=1,0<a<1,c<0:\quad\gamma=-\infty,\delta quelconque
IX. a+b=1,a<0a+b=1,a<0 ou a>1:γ=,δ=+a>1:\quad\gamma=-\infty,\delta=+\infty

Dans tous les cas, les raisonnements s’appuient sur le fait que p0,q0p\geqslant 0,q\geqslant 0, p+q=1ph1+qh2[h1,h2]p+q=1\rightarrow ph_{1}+qh_{2}\in\left[h_{1},h_{2}\right].

Nous avons démontré que (10) est la conséquence des conditions a)-d), où H(x)H(x) est continue, monotone au sens restreint et où l’intervalle ( γ,δ\gamma,\delta ) de ses valeurs satisfait à la condition EE^{\prime} (ou I.-IX). Inversement, les fonctions (10) avec H(x)H(x) ainsi précisé satisfont aux conditions a)-d), ce qu’on peut vérifier directement.

Observation. On obtient le même résultat si l’intervalle ( α,β\alpha,\beta ) est fermé ou demi-ouvert. Il suffit de considérer l’intervalle ouvert ( α,β\alpha,\beta ) ; de la condition c) il résulte que f(x,y)=αf(x,y)=\alpha ou β\beta seulement si xx et yy sont les éxtrémités de l’intervalle ( α,β\alpha,\beta ), donc la condition a) reste valable pour l’intervalle ouvert ; les conditions b) - d) restent évidemment valables. On applique le théoreme IV. pour l’intervalle ouvert ( α,β\alpha,\beta ), on définit la fonction H(x)H(x) pour a ou β\beta par continuité, ce qui est possible si γ,δ\gamma,\delta\neq\infty respectivement. La condition EE^{\prime} devient plus restrictive. Pour un intervalle fermé [α,β][\alpha,\beta] ce ne sont que les cas I, III et VI qui restent tervalle demi-ouvert [ α,β\alpha,\beta ) on peut ajour l’inles cas II et VIII.
ajouter les cas II et VII et pour ( α,β\alpha,\beta ]
2. L’équation de la bisymétrie avec conditions a résolu l’équation de la bisymétrie d’ab supplémentaires. J. AczéL conditions supplémentaires suivantes : abord en imposant à la solution les
e) Reflexivité : f(x,x)=xf(x,x)=x,
f) Symétrie :

f(x,y)=f(y,x),x(α,β).f(x,y)=f(y,x),\quad x\in(\alpha,\beta).

Plus tard il a supprimé la condition f) et enfin la condition e), [2]. Après avoir résolu l’équation de la bisymétrie en général au point 1 ., nous pouvons maintenant retrouver facilement aussi ces résultats intermédiares. Dans les considérations suivantes l’intervalle ( α,β\alpha,\beta ) peut être ouvert, fermé ou demi-ouvert.

Les conditions a)-e) sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction f(x,y)f(x,y) soit de la forme

f(x,y)=H1[aH(x)+bH(y)],(a+b=1).f(x,y)=H^{-1}[aH(x)+bH(y)],\quad(a+b=1). (11)

On peut vérifier tout de suite que (11) satisfait aux conditions a)-e).
Supposons maintenant que la fonction f(x,y)f(x,y) satisfait aux conditions
a)-e). En utilisant le résultat du point 1 on peut écrire

f(x,y)=H1[aH(x)+bH(y)+c]f(x,y)=H^{-1}[aH(x)+bH(y)+c]

alors la condition e) devient

aH(x)+bH(x)+c=H(x)aH(x)+bH(x)+c=H(x)

pour x(α,β)x\in(\alpha,\beta), possible seulement lorsque c=0,a+b=1c=0,a+b=1.
Il résulte immédiatement :
La fonction f(x,y)f(x,y) satisfait aux conditions a)-f) si et seulement si

f(x,y)=H1[H(x)+H(y)2]f(x,y)=H^{-1}\left[\frac{H(x)+H(y)}{2}\right] (12)

Observations. 1) Les conditions a)—f) peuvent être remplacées par a), b{}^{\circ}\mathrm{b} ),
c) et

Distributivité en soi : f[x,f(y,z)]=f[f(x,y),/(z,x)];f[x,f(y,z)]=f[f(x,y),/(z,x)];
ceci résulte d’une note de RYLL-NARDZEWSKI par l’intermédiaire de (12) [9], ou directement, comme KNASTER a montré [10].
2) Les conditions d) et f) peuvent être emplacées par l’équation modifiée de la bisymétrie

f[f(u,x),f(v,y)]=f[f(u,y),f(v,x)].f[f(u,x),f(v,y)]=f[f(u,y),f(v,x)]. (13)

Car, en posant u=v,f(u,x)=ξ,f(u,y)=ηu=v,f(u,x)=\xi,f(u,y)=\eta, il en résulte que

f(ξ,η)=f(η,ξ),f(\xi,\eta)=f(\eta,\xi),

ce qui conduit à l’équation (10). D’autre par l’équation (10) et la symétrie entraînent l’équation (13).
3. L’équation de l’associativité. Soit f(x,y)f(x,y) une fonction définie pour x,y(α,β)(α,βx,y\in(\alpha,\beta)(\alpha,\beta peuvent être infinies) jouissante des propriétés suivantes :
a) f(x,y)(α,β)f(x,y)\in(\alpha,\beta) (f opération)
b) continue et monotone au sens restreint
c) f[f(x,y),t]=f[x,f(y,t)]f[f(x,y),t]=f[x,f(y,t)] (f associative).
J. ACZÉL a démontré [5] que ces conditions sont nécessaires et suffisantes pour que f(x,y)f(x,y) soit de la forme

f(x,y)=H1[H(x)+H(y)],f(x,y)=H^{-1}[H(x)+H(y)],

H(x)H(x) est une fonction continue et monotone au sens restreint dans ( α,β\alpha,\beta ).
Nous démontrerons maintenant ce resultat en employant notre métode, c’est-à-dire en vérifiant d’abord la condition BB.

Soit

f(x1,y2)=f(x2,y1),f(x1,y3)=f(x2,y2)=f(x3,y1);f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{2},y_{2}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right); (14)

nous pouvons choisir les valeurs t1t_{1} et t2t_{2} telles que

f(y1,t2)=f(y2,t1)f\left(y_{1},t_{2}\right)=f\left(y_{2},t_{1}\right) (15)

lorsque |y1y2|\left|y_{1}-y_{2}\right| est suffisement petit, ce qu’on peut supposer en vertu du théorème II. En utilisant c), (14) et (15) on obtient successivement

f[x1,f(y2,t2)]=f[f(x1,y2),t2]=f[f(x2,y1),t2]=f[x2,f(y1,t2)]=\displaystyle f\left[x_{1},f\left(y_{2},t_{2}\right)\right]=f\left[f\left(x_{1},y_{2}\right),t_{2}\right]=f\left[f\left(x_{2},y_{1}\right),t_{2}\right]=f\left[x_{2},f\left(y_{1},t_{2}\right)\right]=
=f[x2,f(y2,t1)]=f[f(x2,y2),t1]=f[f(x1,y3),t1]=f[x1,f(y3,t1)]\displaystyle=f\left[x_{2},f\left(y_{2},t_{1}\right)\right]=f\left[f\left(x_{2},y_{2}\right),t_{1}\right]=f\left[f\left(x_{1},y_{3}\right),t_{1}\right]=f\left[x_{1},f\left(y_{3},t_{1}\right)\right]

Dans le premier et le dernier membre le premier argument est identique, donc il résulte de la monotonie au sens restreint que

f(y3,t1)=f(y2,t2)f\left(y_{3},t_{1}\right)=f\left(y_{2},t_{2}\right) (16)

En utilisant c), (14), (15) et (16), on a
d’où

f[f(x2,y3),t1]=f[x2,f(y3,t1)]=f[x2,f(y2,t2)]=f[f(x2,y2),t2]=\displaystyle f\left[f\left(x_{2},y_{3}\right),t_{1}\right]=f\left[x_{2},f\left(y_{3},t_{1}\right)\right]=f\left[x_{2},f\left(y_{2},t_{2}\right)\right]=f\left[f\left(x_{2},y_{2}\right),t_{2}\right]=
=f[f(x3,y1),t2]=f[x3,f(y1,t2)]=f[x3,f(y2,t1)]=f[f(x3,y2),t1]\displaystyle=f\left[f\left(x_{3},y_{1}\right),t_{2}\right]=f\left[x_{3},f\left(y_{1},t_{2}\right)\right]=f\left[x_{3},f\left(y_{2},t_{1}\right)\right]=f\left[f\left(x_{3},y_{2}\right),t_{1}\right]
f(x2,y3)=f(x3,y2)f\left(x_{2},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{2}\right) (17)

La condition BB est satisfaite, donc

f(x,y)=H1[F(x)+G(y)]f(x,y)=H^{-1}[F(x)+G(y)]

En la substituant dans c), en égalant les arguments de la fonction H1H^{-1} dans les deux membres et en groupant les termes, on obtient

FH1[F(x)+G(y)]F(x)=GH1[F(y)+G(t)]G(t).FH^{-1}[F(x)+G(y)]-F(x)=GH^{-1}[F(y)+G(t)]-G(t).

Le deuxième membre ne contient pas xx, donc

Notons

FH1[F(x)+G(y)]F(x)=λ[G(y)]FH^{-1}[F(x)+G(y)]-F(x)=\lambda[G(y)] (18)
FH1=φ;F(x)=ξ,G(y)=η.FH^{-1}=\varphi;\quad F(x)=\xi,\quad G(y)=\eta.

L’équation (18) devient
en posant η=\eta= const. on a
done FH1(ξ)=ξ+aFH^{-1}(\xi)=\xi+a ou

φ(ξ)=ξ+a,\varphi(\xi)=\xi+a,
F(x)=H(x)+aF(x)=H(x)+a

D’une manière analogue

G(x)=H(x)+bG(x)=H(x)+b

done

H[f(x,y)]=H(x)+H(y)+a+bH[f(x,y)]=H(x)+H(y)+a+b

et par un changement de notation

f(x,y)=H1[H(x)+H(y)].f(x,y)=H^{-1}[H(x)+H(y)]. (19)

D’autre part, ces fonctions vérifient l’équation c). Donc, nous avons retrouvé le resultat de J. Aczél.

Les fonctions (19) étant des cas particuliers des fonctions (10), on peut appliquer ici la discussion des valeurs de la fonction H(x)H(x) (page 13). Dans (19) a=b=1a=b=1, donc c’est le cas II qui est valable.
4. L’équation de la demi-symétrie. Nous avons donné ce nom à l’équation

f[f(t,x),y]=f[f(t,y),x]f[f(t,x),y]=f[f(t,y),x] (20)

résolue pour la première fois par A. R. SCHWEITZER, qui l’avait réduite à une équation différentielle [11], et récemment par m. Hosszu pour les fonctions f(x,y)f(x,y) continues et monotones au sens restreint dans l’intervalle ( α,β\alpha,\beta ) [12].

Soit f(x,y)f(x,y) une opération continue et monotone au sens restreint dans ( α,β\alpha,\beta ) qui satisfait à l’équation (20). Nous démontrons que la condition TT est vérifiée. Soit

f(x1,y2)=f(x2,y1),f(x1,y3)=f(x3,y1)f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right) (21)

alors

f[f(x2,y3),y1]=f[f(x2,y1),y3]=f[f(x1,y2),y3]=\displaystyle f\left[f\left(x_{2},y_{3}\right),y_{1}\right]=f\left[f\left(x_{2},y_{1}\right),y_{3}\right]=f\left[f\left(x_{1},y_{2}\right),y_{3}\right]=
=f[f(x1,y3),y2]=f[f(x3,y1),y2]=f[f(x3,y2),y1]\displaystyle=f\left[f\left(x_{1},y_{3}\right),y_{2}\right]=f\left[f\left(x_{3},y_{1}\right),y_{2}\right]=f\left[f\left(x_{3},y_{2}\right),y_{1}\right]

En comparant le premier et le dernier terme, on obtient f(x2,y3)==f(x3,y2)f\left(x_{2},y_{3}\right)==f\left(x_{3},y_{2}\right), c’est-à-dire que la condition TT est verifiée. Il résulte du théorème III que

f(x,y)=H1[F(x)+G(y)]f(x,y)=H^{-1}[F(x)+G(y)]

Substituant dans (20)

FH1[F(t)+G(x)]+G(y)=FH1[G(t)+G(y)]+G(x),FH^{-1}[F(t)+G(x)]+G(y)=FH^{-1}[G(t)+G(y)]+G(x),

ce qui implique FH1(x)=x+aFH^{-1}(x)=x+a, c’est-à-dire F(x)=H(x)+aF(x)=H(x)+a. En changeant G(y)+aG(y)+a par G(y)G(y), on obtient

f(x,y)=H1[H(x)+G(y)].f(x,y)=H^{-1}[H(x)+G(y)]. (22)

D’autre part les fonctions (22) satisfont à l’équation (20), donc les fonctions (22) sont les solutions continues et monotones au sens restreint les plus générales de l’équation (20).

Le domaine (γ,δ)(\gamma,\delta) des valeurs de la fonction H(x)H(x) est soumis à la restrictions selon laquelle les nombres H(x)+G(y)H(x)+G(y) doivent appartenir à (γ,δ)(\gamma,\delta). Si G(y)G(y) ne prend que des valeurs positives, la restriction est δ=\delta=\infty ; si G(y)G(y) ne prend que des valeurs négatives, alors γ=\gamma=-\infty ; si G(y)G(y) peut être positif aussi bien que négatif, alors la restriction est plus forte : γ=\gamma=-\infty, δ=+\delta=+\infty.
5. Extension pour le cas où f(x,y)f(x,y) n’est pas une opération. Dans ce paragraph nous avons supposé jusqu’ici que pour x,y(α,β),f(x,y)(α,β)x,y\in(\alpha,\beta),f(x,y)\in(\alpha,\beta), c’est-à-dire que f(x,y)f(x,y) est une opération. Les raisonnement employés pour résoudre les équations de la bisymétrie, de l’associativité et de la demisymétrie peuvent être appliqués aves des modifications évidentes pour le cas où la condition d’opération est remplacée par une autre faible : l’intervalle (α,β)(\alpha,\beta) contient un sousintervalle (α,β)\left(\alpha^{\prime},\beta^{\prime}\right) tel que pour x,y(α,β)x,y\in\left(\alpha^{\prime},\beta^{\prime}\right), f(x,y)(α,β)f(x,y)\in(\alpha,\beta). Alors les solutions (10), (19) et (22) respectivement sont valable dans ( α,β\alpha^{\prime},\beta^{\prime} ).

L’existence de l’intervalle ( α,β\alpha^{\prime},\beta^{\prime} ) est assurée lorsqu’il yy a e ϵ(α,β)\epsilon(\alpha,\beta) pour lequel f(e,e)=ef(\mathrm{e},\mathrm{e})=\mathrm{e}.

§ 3. Détermination des échelles

Une fois faite la constatation que la fonction z=f(x,y)z=f(x,y) peut être écrite sous la forme (1), apparaît le problème de la détermination des fontions F(x),G(y)F(x),G(y) et H(z)H(z), c’est-à-dire la détermination des équations des échelles respectives. Pour cela il faut résoudre l’équation fonctionnelle (1) où f(x,y)f(x,y) est une fonction donnée et F(x),G(y),H(z)F(x),G(y),H(z) trois fonctions inconnues d’une seule variable. Avec les notation F(x)=ξ,G(y)=ηF(x)=\xi,G(y)=\eta, l’équation (1) s’écrit ainsi
ou

H1(ξ+η)=f[F1(ξ),G1(η)]H^{-1}(\xi+\eta)=f\left[F^{-1}(\xi),G^{-1}(\eta)\right]

(23)

χ(x+y)=f[φ(x),Ψ(y)]\chi(x+y)=f[\varphi(x),\Psi(y)]

(φ=F1,ψ=G1,χ=H1)\left(\varphi=F^{-1},\psi=G^{-1},\chi=H^{-1}\right). L’équation (23) est une généralisation de l’équation fonctionnelle à une fonction inconnue, considérée par J. AczÉL [4]
φ(x+y)=t[φ(x),φ(y)]\varphi(x+y)=t[\varphi(x),\varphi(y)], +φ(y))+\varphi(y)).

Une conséquence immédiate des résultats du § 1 est le
théorème v. La condition nécessaire et suffisante pour que l’équation (23) admette un système de solutions continues et monotones au sens restreint est que la fonction f(x,y)f(x,y) soit continue, monotone (au sens rr.) et qu’elle satisfasse à l’une des condition B,T,RB,T,R.

La résolution de l’équation (23) revient à celle de l’équation (24), pour laquelle J. ACZÉL a donné une méthode générale de construire la solution. En effet, en posant y=0y=0, puis x=0x=0 et en notant g(0)=b,h(0)=cg(0)=b,h(0)=c, on a

En éliminant de (25) les fonctions φ(x)\varphi(x) et ψ(y)\psi(y) on obtient une équation de la forme (24).

Exemple. Soit à résoudre l’équation à 3 fonctions inconnues :

χ(x+y)=φ(x)+ψ(y).\chi(x+y)=\varphi(x)+\psi(y). (26)

On a

χ(x)=φ(x)+c\displaystyle\chi(x)=\varphi(x)+c
χ(y)=b+ψ(y);\displaystyle\chi(y)=b+\psi(y);

en substituant dans (26) on obtient

χ(x+y)=χ(x)+χ(y)bc.\chi(x+y)=\chi(x)+\chi(y)-b-c.

En remplaçant la fonction inconnue χ(x)\chi(x) par χ¯(x)+b+c\bar{\chi}(x)+b+c, on obtient pour χ¯(x)\bar{\chi}(x) l’équation de Cauchy

χ¯(x+y)=χ¯(x)+χ¯(y),\bar{\chi}(x+y)=\bar{\chi}(x)+\bar{\chi}(y),

qui admet la solution χ¯(x)=ax\bar{\chi}(x)=ax. Par conséquent

{φ(x)=ax+bψ(x)=ax+cχ(x)=ax+b+c.\left\{\begin{array}[]{l}\varphi(x)=ax+b\\ \psi(x)=ax+c\\ \chi(x)=ax+b+c.\end{array}\right.

D’autre part les fonctions (27) satisfont à l’équation (26). La solution de l’équation (26) est (27), où a,b,ca,b,c sont des constantes quelconques.

Observation. L’équation (26) est une généralisation de l’équation de Cauchy, dont la résolution par une autre méthode est connue [13].

Étudions le nombre des solutions de l’équation (23). On remarque que si φ(x),ψ,(x),χ(x)\varphi(x),\psi,(x),\chi(x) est un système de solutions continues et monotones, alors les fonctions

{φ(x)=φ(ax+b)ψ(x)=ψ(ax+c)χ(x)=χ(ax+b+c)\left\{\begin{array}[]{l}\varphi^{*}(x)=\varphi(ax+b)\\ \psi^{*}(x)=\psi(ax+c)\\ \chi^{*}(x)=\chi(ax+b+c)\end{array}\right.

forment de même un système de solutions. Démontrons qu’il n’existe pas
d’autres solutions. Soit φ¯(x),ψ¯(x),χ¯(x)\bar{\varphi}(x),\bar{\psi}(x),\bar{\chi}(x) une solution quelconque (continue et monotone) de l’équation (23). On a

χ(x+y)=f[φ(x),ψ(y)]\displaystyle\chi(x+y)=f[\varphi(x),\psi(y)]
χ¯(x+y)=f[φ¯(x),ψ¯(y)];\displaystyle\bar{\chi}(x+y)=f[\bar{\varphi}(x),\bar{\psi}(y)];

déterminons uu et vv tels que

φ(u)=φ¯(x) et ψ(v)=ψ¯(y);\varphi(u)=\bar{\varphi}(x)\quad\text{ et }\quad\psi(v)=\bar{\psi}(y);

alors χ¯(x+y)=χ(u+v)\bar{\chi}(x+y)=\chi(u+v) ou

χ1χ¯(x+y)=φ1φ¯(x)+ψ1ψ(y).\chi^{-1}\bar{\chi}(x+y)=\varphi^{-1}\bar{\varphi}(x)+\psi^{-1}\psi(y).

Cette équation est justement notre exemple (26) avec les fonctions inconnues φ11φ¯,ψ1ψ¯,χ1χ¯\varphi_{-1}^{-1}\bar{\varphi},\psi^{-1}\bar{\psi},\chi^{-1}\bar{\chi}, c’est-à-dire φ1φ¯(x)=ax+b,ψ1ψ¯(x)=ax+c\varphi^{-1}\bar{\varphi}(x)=ax+b,\psi^{-1}\bar{\psi}(x)=ax+c, χ¯1χ¯(x)=ax+b+c\underline{\chi}^{-1}\bar{\chi}(x)=ax+b+c, d’où résulte φ¯(x)=φ(ax+b),ψ¯(x)=ψ(ax+c)\bar{\varphi}(x)=\varphi(ax+b),\bar{\psi}(x)=\psi(ax+c), χ(x)=χ(ax+b+c)\chi(x)=\chi\quad(ax+b+c).
théoreme vi. Les formules (28) représentent toutes les solutions continues et monotones de l’équation (23), φ(x),ψ(x),χ(x)\varphi(x),\psi(x),\chi(x) étant une de ces solutions et a,b,ca,b,c des constantes quelconques.

§ 4. La fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f)

Soit de nouveau

z=f(x,y)z=f(x,y) (29)

une fonction monotone au sens restreint et continue dans un domaine DD. L’équation (29) peut être résolue par rapport à xx et yy :

x=f¯(y,z),y=f~(z,x)x=\bar{f}(y,z),y=\tilde{f}(z,x)

Les fonctions f¯\bar{f} et f~\tilde{f} sont définies dans des domaines D¯\bar{D} et D~\tilde{D} respectivement, et elles sont continues et monotones au sens restreint. Posons

ψuv(x,v;f)=ψuv(x,y)=f[f¯(u,x),f~(y,v)]\psi_{uv}(x,v;f)=\psi_{uv}(x,y)=f[\bar{f}(u,x),\tilde{f}(y,v)] (30)

Pour uu et vv nous choisissons toujours des valeurs telles que (v,u)D(v,u)\in D. Alors la fonction (30) est définie dans un domaine DuvD_{uv} certainement non-vide. En effet, soit RR un rectangle intérieur à DD, contenant le point ( v,uv,u ), et A,AA^{\prime},A et B,BB^{\prime},B respectivement l’intersections des droites η=u\eta=u et ξ=v\xi=v avec les côtés du rectangle (fig. 8). Choisissons le rectangle RR de la manière que les points A,BA,B et A,BA^{\prime},B^{\prime}, respectivement soient chacun sur la même ligne de niveau de la fonction f(x,y)f(x,y), et notons les valeurs du f(x,y)f(x,y) en AA^{\prime} et AA par α\alpha et β\beta respectivement. Alors DuvD_{uv} contient le domaine α<x<β,α<y<β\alpha<x<\beta,\alpha<y^{\prime}<\beta, car si nous y prenons ( x,yx,y ) et notons l’intersection de la ligne de niveal x avec AAA^{\prime}A par PP et celle du yy avec BBB^{\prime}B par QQ, alors le point d’intersection

MM des parallèles aux axes ξ\xi, η\eta menées par QQ et PP, se trouve dans l’intérieur du domaine R.ψuv(x,y;f)R.\psi_{uv}(x,y;f) est égal à la valeur de la fonction f(x,y)f(x,y) en MM. La formule (30) peut être écrite sous la forme

ψuv(x,y;f)=\psi_{uv}(x,y;f)= (31)

=f(x,y)=f\left(x^{\prime},y^{\prime}\right), où x=x=
=f(x,u),y=f(v,y)=f\left(x^{\prime},u\right),y=f\left(v,y^{\prime}\right)
ou (changeant xx^{\prime} en xx et yy^{\prime} en yy )

(32)f(x,y)=\displaystyle(32)\quad f(x,y)= (32)
=ψuv[f(x,u),f(v,y);f]\displaystyle=\psi_{uv}[f(x,u),f(v,y);f]

Considérons maintenant

z=f(x,y)=z=f(x,y)= (1)

=H1[F(x)+G=H^{-1}[F(x)+G

(y) ];

alors
(33) ψuv(x,y;f)=\psi_{uv}(x,y;f)=

H1[H(x)+H(y)\displaystyle H^{-1}[H(x)+H(y)-
G(u)F(v)]\displaystyle\quad-G(u)-F(v)]

qui est une fonction symétrique, associative, bisymétrique et demi-symétrique de xx et yy. Les théorèmes suivantes font voir que n’importe laquelle de ces propriété caractérise la classe des fonctions (1).
theoreme iv’. Les conditions suivantes sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction f(x,y)f(x,y) soit de la forme (1) avec F,G,HF,G,H continues et montones au sens restreint :
a) la fonction f(x,y)f(x,y) doit être continue et monotone au sens rr.,
b) la fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f) doit être associative.

Il faut démontrer que ces conditions sont suffisantes. Supposons a) et b) et notons e=f(v,u)e=f(v,u). D’apres (32) on a

ψuv(e,e;f)=ψuv[f(v,u),f(v,u);f]=f(v,u)=e\psi_{uv}(e,e;f)=\psi_{uv}[f(v,u),f(v,u);f]=f(v,u)=e

donc on peut appliquer le point 5 du § 2 :

ψuv(x,y;f)=Huv1[Huv(x)+Huv(y)],\psi_{uv}(x,y;f)=H_{uv}^{-1}\left[H_{uv}(x)+H_{uv}(y)\right],

lorsque (x,y)(x,y) est dans un voisinage du point (e,e)(e,e). Se référant de nouveau à (32),

f(x,y)=Huv1{Huv[f(x,u)]+Huv[f(v,y)]}f(x,y)=H_{uv}^{-1}\left\{H_{uv}[f(x,u)]+H_{uv}[f(v,y)]\right\}

pour un voisinage du point ( v,uv,u ), c’ est-à-dire tout point du DD a un voisinage dans lequel f(x,y)f(x,y) est de la forme (1). Il résulte du théorème II que f(x,y)f(x,y) est de la forme (1) en DD.

La condition de l’associativité de la fonction ψuv\psi_{uv} est la condition RR ellemême, écrite sous une autre forme. En effet, supposons

f(x1,y3)=f(x2,y1),f(x1,y4)=f(x2,y2),f(x3,y3)=f(x4,y1)f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),f\left(x_{1},y_{4}\right)=f\left(x_{2},y_{2}\right),f\left(x_{3},y_{3}\right)=f\left(x_{4},y_{1}\right) (34)

et posons dans

ψuv[ψuv(r,s),t]=ψuv[r,ψuv(s,t)]\psi_{uv}\left[\psi_{uv}(r,s),t\right]=\psi_{uv}\left[r,\psi_{uv}(s,t)\right] (35)

u=y3,v=x2,r=f(x4,y3),s=f(x1,y3),t=f(x2,y4)u=y_{3},v=x_{2},r=f\left(x_{4},y_{3}\right),s=f\left(x_{1},y_{3}\right),t=f\left(x_{2},y_{4}\right). Alors on a de (34) et (32)

ψuv(r,s)=ψy3x2[f(x4,y3),f(x2,y1)]=f(x4,y1)=f(x3,y3)\displaystyle\psi_{uv}(r,s)=\psi_{y_{3}x_{2}}\left[f\left(x_{4},y_{3}\right),f\left(x_{2},y_{1}\right)\right]=f\left(x_{4},y_{1}\right)=f\left(x_{3},y_{3}\right)
ψuv(s,t)=ψy3x2[f(x1,y3),f(x2,y4)]=f(x1,y4)=f(x2,y2)\displaystyle\psi_{uv}(s,t)=\psi_{y_{3}x_{2}}\left[f\left(x_{1},y_{3}\right),f\left(x_{2},y_{4}\right)\right]=f\left(x_{1},y_{4}\right)=f\left(x_{2},y_{2}\right)

et (35) apparaît sous la forme

ψy3x2[f(x3,y3),f(x2,y4)]=ψy3x2[f(x4,y3),f(x2,y2)]\psi_{y_{3}x_{2}}\left[f\left(x_{3},y_{3}\right),f\left(x_{2},y_{4}\right)\right]=\psi_{y_{3}x_{2}}\left[f\left(x_{4},y_{3}\right),f\left(x_{2},y_{2}\right)\right]

ou, en tenant compte de nouveau de (32), f(x3,y4)=f(x4,y2)f\left(x_{3},y_{4}\right)=f\left(x_{4},y_{2}\right) ; donc (35) est équivalente à la condition RR. Ainsi le théoreme IV’ exprime essentiellement la même chose que le théorème IV.

Observation. Le théorème IV, qui a été démontré au § 1 par une voie inspirée de la théorie des tissus hexagoneaux, se trouve maintenant démontré par une voie nouvelle en partant des résultats de J. ACZÉL, en utilisant notamment la solution de l’équation de l’associativité [5].
théoreme iii. Les conditions suivantes sont nécessaires et suffisantes pour que la fonction z=f(x,y)z=f(x,y) soit de la forme (1) avec les fonctions F,G,HF,G,H continues et monotones au sens restreint :
a) f(x,y)f(x,y) continue et monotone au sens restreint,
b) Ψuv(x,y;f)\Psi_{uv}(x,y;f) une fonction symétrique de xx et yy pour uu et vv quelconques.

En effet, la condition b) est équivalente à la condition TT, parce que si
alors

ξ=f(x1,y2)=f(x2,y1),η=f(x1,y3)=f(x3,y1)\xi=f\left(x_{1},y_{2}\right)=f\left(x_{2},y_{1}\right),\quad\eta=f\left(x_{1},y_{3}\right)=f\left(x_{3},y_{1}\right)

et

f(x2,y3)=f[f¯(y1,ξ),f~(η,x1)]=ψy1x1(ξ,η)\displaystyle f\left(x_{2},y_{3}\right)=f\left[\bar{f}\left(y_{1},\xi\right),\tilde{f}\left(\eta,x_{1}\right)\right]=\psi_{y_{1}x_{1}}(\xi,\eta)
f(x3,y2)=f[f¯(y1,η),f~(ξ,x1)]=ψy1x1(η,ξ)\displaystyle f\left(x_{3},y_{2}\right)=f\left[\bar{f}\left(y_{1},\eta\right),\tilde{f}\left(\xi,x_{1}\right)\right]=\psi_{y_{1}x_{1}}(\eta,\xi)

Donc le théorème III’ est une autre forme du théorème III.
Observations. 1) Dans le § 1 nous avons démontré directement le théorème I, d’où résulte immédiatement le théorème III, et nous en avons déduit la solution de l’équation de la bisymétrie et de l’associativité. Maintenant une autre voie se révèle : en partant de la solution de l’équation de l’associativité [5] on déduit le théorème IV’, puis le théorème IV, puis à l’aide de l’imde la bisymétrie. Ainsi le the III, de là on arrive à la solution de l’équation de l’équation de la bisymétrie éme des tissus hexagonaux [8] et la solution solution de l’équation de l’assopparaissent comme des conséquences de la
2) La condition TT ou la condition b) du théorème III’ ou

f[f¯(u,x),f~(y,v)]=f[f¯(u,y),f~(x,v)]f[\bar{f}(u,x),\tilde{f}(y,v)]=f[\bar{f}(u,y),\tilde{f}(x,v)]

représentent une généralisation de la bysimétrie et en même temps un cas particulier de l’équation (5).

La bisymétrie ou la demi-symétrie de la fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f) caractérisent de même la classe des fonctions (1). En effet, en supposant la bisymétrie ou la demi-symétrie de la fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f) on a

ψuv(x,y;f)=Φ1[Φ1(x)+Φ2(y)]\psi_{uv}(x,y;f)=\Phi^{-1}\left[\Phi_{1}(x)+\Phi_{2}(y)\right]

et, en tenant compte de (32),

f(x,y)=Φ1{Φ1[f(x,u)]+Φ2[f(v,y)]}=H1[F(x)+G(y)].f(x,y)=\Phi^{-1}\left\{\Phi_{1}[f(x,u)]+\Phi_{2}[f(v,y)]\right\}=H^{-1}[F(x)+G(y)].

§ 5. Interprétations nomographiques

Supposons que la fonction ζ==f(ξ,η)\zeta==f(\xi,\eta) soit représantable par un nomogramme à points alignés (fig. 9). Fixons sur les échelles ξ\xi et η\eta les points de cotes vv et uu respectivement et sur l’échelle ζ\zeta les points de cotes xx et yy. Intersectons l’échelle ξ\xi avec la droite uxux, l’échelle η\eta avec vyvy ; la droite, qui unit ces deux points d’intersection, coupe l’échelle ζ\zeta en un point de cote

z=f[f¯(u,x)f~(y,v)]=ψuv(x,y;f).z=f[\bar{f}(u,x)\tilde{f}(y,v)]=\psi_{uv}(x,y;f).

A la symétrie de la fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f) correspond la propriété suivante pour le lieu géométrique LL, formé par les supports des trois échelles : soit advbcu un hexagone dont les côtés opposés se coupent aux points x,y,zx,y,z ; si huit de ces neuf points font partie du lieu géométrique, alors le 9ieme 9^{\text{ieme }} point en fait aussi partie (fig. 10). Toutes les cubiques jouissent de cette propriété (théorème de Chasles) et les cubiques seules (dual du théorème de Graf et SAUER [14], [8]).

Il en résulte que tous les nomogrammes à points alignés avec des échelles situées sur la même cubique (propre ou dégénérée) représentent une équation de la forme (1), et iln’y a pas d’autres nomogrammes à points alignés pour la fonction (1).

A l’associativité de la fonction ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f) correspond la propriété suivante pour le lieu géométrique LL : si abcdabcd et abcda^{\prime}b^{\prime}c^{\prime}d^{\prime} sont deux quadrilatères inscrits en LL, tels que l’intersection des paires de droites (ab,ab)\left(ab,a^{\prime}b^{\prime}\right),
( cd,cdcd,c^{\prime}d^{\prime} ) et ( ad,bcad,b^{\prime}c^{\prime} ) fasse aussi partie de LL, alors les droites bcbc et ada^{\prime}d^{\prime} se coupent aussi sur LL (fig. 11).

Il résulte que toutes les cubiques et elles seulement jouissent de cette propriété.

La bisymétrie de la fonction Ψ𝒖𝝂(x,y;f)\Psi_{\boldsymbol{u}\boldsymbol{\nu}}(x,y;f) conduit de même à une propriété caractéristique des cubiques, mais la demi-sym étrie ne donne pas une propriété nouvelle (nous retrouvons la figure 10).

§ 6. Caractérisation des fonctions ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f)

Nous avons vu au§ 4 que l’opération ψuν(x,y;f)\psi_{u\nu}(x,y;f) appliquée à la fonction (1) conduit à une fonction plus particulière. Il se pose la question de savoir, f(x,y)f(x,y) étant une fonction quelconque, quelles sont les fonctions que nous obtiendrons par l’opération ψuv(x,y;f)\psi_{uv}(x,y;f). On a le
theoreme vii. Soit φ(x,y)\varphi(x,y) une fonction continue et montone au sens restreint quelconque. La condition nécessaire et suffisante pour qu’il existe une fonction f(x,y)f(x,y), continue et montone, telle que

φ(x,y)=ψuv(x,y;f)\varphi(x,y)=\psi_{uv}(x,y;f) (36)

est l’existence d’un nombre e avec les propriétés suivantes

x=φ(x,e),y=φ(e,y)x=\varphi(x,e),\quad y=\varphi(e,y) (37)

La condition est nécessaire. En tenant compte de (32)

f(x,y)=φ[f(x,u),f(v,y)].f(x,y)=\varphi[f(x,u),f(v,y)].
f(x,u)=φ[f(x,u),e]\displaystyle f(x,u)=\varphi[f(x,u),e]
f(v,y)=φ[e,f(v,y)]\displaystyle f(v,y)=\varphi[e,f(v,y)]

f(x,u)f(x,u) et f(v,y)f(v,y) pouvant prendre des valeurs quelconques, nous avons vérifié (37).

La condition est suffisante. Nous admettons (37), choisissons u,vu,v tels, que f(u,v)=ef(u,v)=e, et soient λ(x)\lambda(x) et μ(y)\mu(y) deux fonctions continues et monotones qui satisfont à la seule condition

λ(v)=μ(u)=e\lambda(v)=\mu(u)=e

La fonction

f(x,y)=φ[λ(x),μ(y)]f(x,y)=\varphi[\lambda(x),\mu(y)]

vérifie l’équation (38) équivalente à (36). En effet

φ[f(x,u),f(v,y)]=φ{φ[λ(x),μ(u)],φ[λ(v),μ(y)]}=\displaystyle\varphi[f(x,u),f(v,y)]=\varphi\{\varphi[\lambda(x),\mu(u)],\varphi[\lambda(v),\mu(y)]\}=
=φ{φ[λ(x),e],φ[e,μ(y)]}=φ[λ(x),μ(y)]=f(x,y)\displaystyle=\varphi\{\varphi[\lambda(x),e],\varphi[e,\mu(y)]\}=\varphi[\lambda(x),\mu(y)]=f(x,y)

La condition nécessaive et suffisante (37) est équivalente à la condition (37’)

ψst(s,t;φ)=e (constante) .\psi_{st}(s,t;\varphi)=e\text{ (constante) }.

En effet, de (37)\left(37^{\prime}\right) résulte, en tenant compte de (31),

φ(x,y)=e, lorsque s=φ(x,s),t=φ(t,y)\varphi\left(x^{\prime},y^{\prime}\right)=e\text{, lorsque }s=\varphi\left(x^{\prime},s\right),t=\varphi\left(t,y^{\prime}\right)\text{. }

Supposons ss fixé et tt variable  ; alors xx^{\prime} est fixé également, donc yy^{\prime} aussi, c’est-à-dire qu’à un tt quelconque correspond le même yy^{\prime}, On peut voir aussi qu’à un ss quelconque correspond le même xx^{\prime}. D’autre part, en écrivant s=t=es=t=e

φ(x,y)=e,e=φ(x,e),e=φ(y,e),\varphi\left(x^{\prime},y^{\prime}\right)=e,\quad e=\varphi\left(x^{\prime},e\right),\quad e=\varphi\left(y^{\prime},e\right),

c’est-à-dire que x=y=ex^{\prime}=y^{\prime}=e. Il s’ensuit que

s=φ(e,s) et t=φ(t,e)s=\varphi(e,s)\text{ et }t=\varphi(t,e)

pour ss et tt quelconques, c’est-à-dire justement (37).
Supposons maintenant que (37) soit valable. Alors il existe une fonction f(x,y)f(x,y) telle que (36) soit valable. (37’) résulte de l’identité suivante

ψst[s,t;ψuv(x,y;f)=f(v,u).\psi_{st}\left[s,t;\psi_{uv}(x,y;f)=f(v,u).\right. (39)

Il nous reste à démontrer (39). Nous avons vu que

s=ψuv[f(v,u),s;f],t=ψuv[t,f(v,u);f].s=\psi_{uv}[f(v,u),s;f],\quad t=\psi_{uv}[t,f(v,u);f]. (40)

En utilisant (31) on a

ψst[s,t;ψuv(x,y;f)]=ψuv(s,t;f) lorsque s=ψuv(s,s;f),t=ψuv(t,t;f).\psi_{st}\left[s,t;\psi_{uv}(x,y;f)\right]=\psi_{uv}\left(s^{\prime},t^{\prime};f\right)\text{ lorsque }s=\psi_{uv}\left(s^{\prime},s;f\right),t=\psi_{uv}\left(t,t^{\prime};f\right).

En comparant avec (40)

s=t=f(v,u),s^{\prime}=t^{\prime}=f(v,u),

et en utilisant (32), on obtient

ψst[s,t;ψuv(x,y;f)]=ψuv[f(v,u),f(v,u);f]=f(v,u).\psi_{st}\left[s,t;\psi_{uv}(x,y;f)\right]=\psi_{uv}[f(v,u),f(v,u);f]=f(v,u).

BIBLIOGRAPHIE

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    Reçu le 17 mars 1958

SUR QUELQUES FORMULES GENÉRALES DE QUADRATURE DU TYPE GAUSS-CHRISTOFFEL

par

à Cluj

Introduction

On sait qu’une première généralisation de la formule de quadrature de f. C. GAUSS [1] est due à e B. CHRISTOFFEL [2], lequel considérait ss noeuds fixes - qui ne se trouvent pas à l’intérieur de l’intervalle d’intégration - et déterminait d’autres mm noeuds, de manière que la formule de quadrature respective ait le degré d’exactitude maximum. Entre temps, certains mathématiciens : f. g. Me.Gler [3], C. a. possé [4], e. he :ne [5], t. J. STIELTJES [6], a. markofF [7], J. DERUYTS [8], etc., ont fait aussi des généralisations moins essentielles de la formule de quadrature de Gauss, en multipliant la fonction à intégrer par une certaine fonction de poids. Cependant, une généralisation importante et effective de la formule de quadrature de Gauss a été faite, dans le dernier temps, par p. turAn [9], L. tchakalofF [10] et t. popoviciu [11]. Par les travaux de ces mathématiciens - et spécialement de T. Popoviciu - on est arrivé à une formule très générale du type Gauss, laquelle emploie mm noeuds multiples, d’ordres de multiplicité impairs donnés, lesquels noeuds se déterminent de telle manière que la formule de quadrature respective ait le degré d’exactitude maximum. Nous généraliserons cette dernière formule dans le sens dans lequel Christoffel a généralisé la formule classique de Gauss  ; à savoir, nous considérerons ss noeuds multiples, fixés - à une certaine restriction près - n’importe où sur l’axe réel, et nous essayerons de déterminer d’autres mm noeuds, d’ordres de multiplicité impairs donnés, de façon que la formule de quadrature que l’on obtient ait le degré d’exactitude maximum. Dans les travaux [12,13], nous avons déjà obtenu quelques résultats partiels, mais dans ce travail nous construirons une formule de quadrature très générale et présentant une grande symétrie.

1959

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