Les fonctions convexes

Abstract

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Tiberiu Popoviciu
Institutul de Calcul

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 T. Popoviciu, Les fonctions convexes, Actualités scientifiques et industrielles, fasc. 992, 75 pp., Hermann & Cie (Eds.), Paris, 1944 (in French)

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ACTUALITES SCIENTIFIQUES ET INDUSTRIELLES

EXPOSÉS SUR LA THÉORIE DES FONCTIONS

Publiés sous lia direction de
Paul MONTEL
Membre de l’Institut
Professeux à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris

LES

FONCTIONS CONVEXES

PAR

TIBERIU POPOVICIU

Professeur à l’Université de Jassy

PARIS
HERMANN & Ci\mathrm{C}^{\mathrm{i}}, ÉDITEURS
6, Rue de la Sorbonne, 6
soolei
1944

INTRODUCTION

Depuis que Jensen écrivait ces lignes dans son mémoire, aujourd’hui classique [27] ()1({}^{1}), l’importance de la notion de convexité s’est considérablement accrue dans beaucoup de branches des mathématiques modernes, et, en particulier, dans la géométrie et la théorie des fonctions.

Dans ce petit livre, j’expose les principales propriétés et quelques généralisations des fonctions convexes d’une ou de plusieurs variables. J’ai divisé ce travail en quatre chapitres. J’étudie dans le premier la théorie des fonctions d’ordre nn, dont les fonctions convexes habituelles sont un cas particulier (n=1)(n=1). Les fonctions d’ordre nn sont définies par certaines inégalités et en vérifient d’autres qui ont, surtout pour n=1n=1, de nombreuses applications. Dans le second chapitre, je passe rapidement en revue ces inégalités dont les applications sont exposées dans d’excellents ouvrages, comme par exemple dans Inequalities de MM. Hardy, Littlewood et Pólya [21 h]. Je signale aussi quelques autres propriétés des fonctions d’ordre nn. Dans le troisième chapitre, j’examine quelques généralisations des fonctions d’ordre nn. Le quatrième chapitre est consacré aux fonctions convexes de deux ou plusieurs variables. Je me borne presque exclusivement au cas des deux variables parce que, d’une part, les propriétés les plus simples s’étendent immédiatement au cas de plus de deux variables et que, d’autre part, les propriétés plus compliquées n’ont pas encore été étudiées suffisamment.

00footnotetext: (1) Les nos en caractères gras entre crochets renvoient à la bibliographie placée à la fin.

La bibliographie n’a pas la prétention d’être complète. Je ne signale que les travaux effectivement utilisés pour la rédaction de ce livre.

Comme d’habitude, je ne donne pas les démonstrations ; le lecteur les trouvera dans les mémoires originaux auxquels je renvoie. J’indique brièvement les démonstrations de quelques propriétés qui ne se trouvent pas dans ces mémoires. Pour toutes les autres définitions et propriétés sans indications sur la démonstration ni références à la bibliographie, je prie le lecteur de se reporter à ma Thèse [47 a].

J’espère que la lecture de ce petit ouvrage sera utile à ceux qui chercheraient à combler les lacunes, encore très nombreuses, de cette théorie.

Qu’il me soit permis d’exprimer mes plus vifs remerciements à M. Paul Montel pour l’honneur qu’il m’a fait en me demandant d’écrire ce livre sur un sujet qu’il a, d’ailleurs, lui-même enrichi d’importantes contributions.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES ET NOTATIONS

Nous considérons des fonctions f=f(x)f=f(x), réelles, de la variable réelle xx, finies et uniformes sur un ensemble linéaire quelconque EE.

Nous désignerons par a=minEa=\min E, ab=maxEa\leqq b=\max E les extrémités (gauche et droite) de EE. Lorsque nous dirons qu’un ensemble est fermé, nous supposerons qu’il contient ses extrémités, donc qu’il est borné. Pour simplifier, nous écrivons x,y,Ex,y,\ldots\in E au lieu de xE,yE,x\in E,y\in E,\ldots, et nous écrivons xEx\in E si le point xx de EE est à l’intérieur de l’intervalle (a,b)(a,b). Un sous-ensemble E1E_{1} de EE est complètement intérieur à EE si ses extrémités sont à l’intérieur de l’intervalle (a,b)(a,b). Un tel sous-ensemble est donc toujours borné. Nous écrivons dans ce cas E1EE_{1}\subset E. Un sous-ensemble E1E_{1} de EE est une section de EE si, ou bien il est formé par un seul point, ou bien, avec x1,x2E1x_{1},x_{2}\in E_{1}, tous les points de EE appartenant à l’intervalle (x1,x2)(x_{1},x_{2}) appartiennent à E1E_{1}. Si une section contient ses extrémités cdc\leqq d, nous la désignerons aussi par (cEd)(cEd). L’intersection de deux sections est ou bien vide ou bien encore une section de EE ()1({}^{1}). La réunion de deux sections ayant au moins un point commun est encore une section. Deux sections dont la réunion n’est pas une section sont dites séparées par EE ; alors il existe au moins un point de EE qui est à gauche de tous les points de l’une des sections et à droite de tous les points de l’autre section. Plusieurs sections de EE sont des sections séparées de EE si elles sont séparées deux à deux par EE. Nous désignerons comme d’habitude par E,E′′,E^{\prime},E^{\prime\prime},\ldots les dérivés successifs de EE. La presque-fermeture E˙\dot{E} de EE est l’ensemble de tous les points de EE et de EE^{\prime}, sauf les extrémités de EE qui n’appartiennent pas à EE. Si E˙=E\dot{E}=E, nous dirons que l’ensemble EE est presque fermé.

Nous dirons qu’une fonction ff est continue sur un ensemble EE si elle est continue en tout point de EE^{\prime}. Nous dirons que ff a une dérivée (d’un certain ordre et avec une certaine définition) si cette dérivée existe en tout point xx où il est possible de la définir, et nous dirons que ff a une dérivée continue sur EE si cette dérivée est continue sur son ensemble de définition.

Nous désignerons par [x1,x2,,xn+1;f][x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f] la différence divisée d’ordre nn de ff sur les points x1,x2,,xn+1x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}. Ces différences divisées sont définies par la relation de récurrence

,,xn+1;f=[x2,x3,,xn+1;f][x1,x2,,xn;f]xn+1x1,=f(x). ,\ldots,x_{n+1};f\begin{gathered}=\frac{[x_{2},x_{3},\ldots,x_{n+1};f]-[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n};f]}{x_{n+1}-x_{1}},\\ =f(x).{}\end{gathered}

et on voit qu’elles sont symétriques par rapport aux points x1,x2,,xn+1x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}. Désignons par V(x1,x2,,xn+1)V(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}) le déterminant de Vandermonde des nombres x1,x2,,xn+1x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1} et par U(x1,x2,,xn+1;f)\mathrm{U}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f) ce que devient ce déterminant si on remplace les éléments xinx_{i}^{n} de la dernière colonne par f(xi)f(x_{i}) respectivement. Nous avons

[x1,x2,,xn+1;f]=U(x1,x2,,xn+1;f)V(x1,x2,,xn+1).[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f]=\frac{\mathrm{U}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f)}{\mathrm{V}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1})}.

Nous désignerons par P(x1,x2,,xn+1;fx)\mathrm{P}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\mid x) le polynôme de Lagrange, donc le polynôme de degré effectif minimum, prenant les valeurs f(xi)f(x_{i}) aux points xix_{i}. C’est un polynôme de degré nn, en convenant d’appeler ainsi un polynôme de degré effectif n\leqq n. Si nous posons φ(x)=(xx1)(xx2)(xxn+1)\varphi(x)=(x-x_{1})(x-x_{2})\ldots(x-x_{n+1}), nous avons

=i=1n+1f(xi)φ(xi),\displaystyle=\sum_{i=1}^{n+1}\frac{f(x_{i})}{\varphi^{\prime}(x_{i})},
P(x1,x2,,xn+1;fx)\displaystyle P(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\mid x) =i=1n+1φ(x)f(xi)(xxi)φ(xi).\displaystyle=\sum_{i=1}^{n+1}\frac{\varphi(x)f(x_{i})}{(x-x_{i})\varphi^{\prime}(x_{i})}.

et

f(x)P(x1,x2,,xn+1;fx)=φ(x)[x1,x2,,xn+1,x;f].f(x)-\mathrm{P}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\mid x)=\varphi(x)[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1},x;f].

Sauf avis contraire, ou sauf si l’écriture n’indique pas expressément le contraire, nous supposerons dans ces notations que x1<x2<<xn+1x_{1}<x_{2}<\ldots<x_{n+1} et on a alors V(x1,x2,,xn+1)>0\mathrm{V}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1})>0, donc

sg[x1,x2,,xn+1;f]=sgU(x1,x2,,xn+1;f),\operatorname{sg}[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f]=\operatorname{sg}\mathrm{U}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f),

(sgα=1,0,1\operatorname{sg}\alpha=1,0,-1 suivant que α=,>,<0\alpha=,>,<0).
Remarquons aussi l’importante propriété

[x1,x2,,xn+1;xm]={0,m=0,1,,n1,1,m=n,[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};x^{m}]=\begin{cases}0,&m=0,1,\ldots,n-1,\\ 1,&m=n,\end{cases}

identiquement dans les xix_{i} et qui caractérise les différences divisées. Dans le chapitre IV, nous considérons des fonctions f(x,y)f(x,y) réelles, des variables réelles x,yx,y, finies et uniformes dans un certain domaine plan DD. Nous supposerons toujours que DD est un domaine convexe borné, fermé ou non. Un sous-domaine de DD est complètement intérieur à DD si sa frontière n’a aucun point commun avec la frontière de DD. Nous supposerons, d’ailleurs, toujours que le sous-domaine considéré est lui aussi convexe. Plus particulièrement, nous supposerons que DD est un rectangle fermé RR,

(axb,cyd).(a\leqq x\leqq b,\quad c\leqq y\leqq d).

D’après A. Marchaud [36], un réseau d’ordre (m,n)(m,n) est un système de mm parallèles à l’axe Oy\mathrm{O}y et de nn parallèles à l’axe Ox\mathrm{O}x. Les points d’intersection des droites d’un réseau sont les nœuds de ce réseau. Suivant une dénomination de A. Marchaud [36], un pseudo-polynôme d’ordre (m,n)(m,n) est une fonction de la forme

i=0mxiAi(y)+j=0nyjBj(x),\sum_{i=0}^{m}x^{i}A_{i}(y)+\sum_{j=0}^{n}y^{j}B_{j}(x),

Ai(y)A_{i}(y) sont des fonctions d’une variable yy dans (c,d)(c,d) et Bj(x)B_{j}(x) des fonctions d’une variable xx dans (a,b)(a,b). Un pseudo-polynôme est donc défini dans le rectangle RR. Un pseudo-polynôme d’ordre (m,n)(m,n) est complètement déterminé par ses valeurs sur un réseau d’ordre (m+1,n+1)(m+1,n+1). Considérons (m+1)(n+1)(m+1)(n+1) points (xi,yj)(x_{i},y_{j}), i=1,2,,m+1i=1,2,\ldots,m+1, j=1,2,,n+1j=1,2,\ldots,n+1, de RR. Ce sont les nœuds du réseau x=xi,y=yjx=x_{i},y=y_{j}, d’ordre (m+1,n+1)(m+1,n+1). En prenant la différence divisée d’ordre mm de f(x,y)f(x,y) sur les points x1,x2,,xm+1x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1}, yy étant regardé comme fixe, nous avons la fonction de yy,

F(y)=[x1,x2,,xm+1;f(x,y)],F(y)=[x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1};f(x,y)],

et en prenant la différence divisée d’ordre nn de f(x,y)f(x,y) sur les points y1,y2,,yn+1y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1}, xx étant regardé comme fixe, nous avons la fonction de xx,

G(x)=[y1,y2,,yn+1;f(x,y)].G(x)=[y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1};f(x,y)].

On vérifie immédiatement que

[y1,y2,,yn+1;F]=[x1,x2,,xm+1;G].[y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1};F]=[x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1};G].

La valeur commune de ces nombres peut être désignée par

[x1,x2,,xm+1y1,y2,,yn+1;f]\left[\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1}\\ y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1}\end{array};f\right]

et s’appelle la différence divisée d’ordre (m,n)(m,n) de f(x,y)f(x,y) sur les points (xi,yj)(x_{i},y_{j}). Nous poserons

φ(x)\displaystyle\varphi(x) =(xx1)(xxm+1),\displaystyle=(x-x_{1})\cdots(x-x_{m+1}),
ψ(y)\displaystyle\psi(y) =(yy1)(yyn+1),\displaystyle=(y-y_{1})\cdots(y-y_{n+1}),

et nous pouvons écrire

[x1,,xm+1y1,,yn+1;f]=i=1m+1j=1n+1f(xi,yj)φ(xi)ψ(yj).\left[\begin{array}[]{l}x_{1},\ldots,x_{m+1}\\ y_{1},\ldots,y_{n+1};f\end{array}\right]=\sum_{i=1}^{m+1}\sum_{j=1}^{n+1}\frac{f(x_{i},y_{j})}{\varphi^{\prime}(x_{i})\psi^{\prime}(y_{j})}.

La différence divisée d’ordre (m+1,n+1)(m+1,n+1) d’un pseudo-polynôme d’ordre (m,n)(m,n) est nulle identiquement. Sauf avis contraire, nous supposerons que x1<<xm+1,y1<<yn+1x_{1}<\cdots<x_{m+1},y_{1}<\cdots<y_{n+1}.
Nous désignerons par [α][\alpha] le plus grand entier α\leqq\alpha.
Nous poserons (m1,n1)< resp. (m,n)(m_{1},n_{1})<\text{ resp. }\leqq(m,n) si m1m,n1nm_{1}\leqq m,n_{1}\leqq n et m1+n1< resp. m+nm_{1}+n_{1}<\text{ resp. }\leqq m+n. Enfin, nous employons les abréviations max et min pour la borne supérieure et la borne inférieure, et d.d. pour la différence divisée.

CHAPITRE I

LES FONCTIONS D’ORDRE nn

1. Définition. La fonction ff est dite convexe, non-concave, polynomiale, non-convexe, concave d’ordre nn sur EE si l’inégalité

[x1,x2,,xn+2;f]>,,=,,<0[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};f]>,\geq,=,\leqq,<0 (1)

est satisfaite, quels que soient les n+2n+2 points x1,x2,,xn+2Ex_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2}\in E. Toutes ces fonctions sont des fonctions d’ordre nn ()1({}^{1}). Pour n=0n=0, nous avons les fonctions monotones : croissantes, non décroissantes, constantes, non croissantes, resp. décroissantes. Pour n=1n=1, nous avons les fonctions convexes, non-concaves. Si ff est convexe, non-concave, etc., d’ordre nn, la fonction f-f est concave, non-convexe, etc., d’ordre nn, et réciproquement. Considérons la fonction ff définie sur mm points

x1<x2<<xm,mn+2.x_{1}<x_{2}<\cdots<x_{m},\quad m\geq n+2. (2)

et employons les notations

Δki=[xi,xi+1,,xi+k;f],i=1,,mk.\Delta_{k}^{i}=[x_{i},x_{i+1},\ldots,x_{i+k};f],\quad i=1,\ldots,m-k. (3)

Alors

Δn+1i>,,=,,<0.\Delta_{n+1}^{i}>,\geq,=,\leqq,<0. (4)
P(x1,x2,,xn+1;fx)<,,=,,>f(x),\mathrm{P}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\mid x)<,\leqq,=,\geqq,>f(x), (5)

est vérifiée, quels que soient xn+1<x,x1,x2,,xn+1,x𝐄x_{n+1}<x,\quad x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1},x\in\mathbf{E}.
Cette définition est équivalente à la définition du n01n^{0}1.
On peut remplacer l’inégalité (5) par

P(x1,x2,,xn+1;fx)<,,,>(1)ni+1f(x)xi<x<xi+1(x<x1 pour i=0),x1,x2,,xn+1,xE.\begin{gathered}\mathrm{P}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\mid x)<,\leqq,\cdots,>(-1)^{n-i+1}f(x)\\ x_{i}<x<x_{i+1}\ (x<x_{1}\text{ pour }i=0),\quad x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1},x\in E.\end{gathered}

Pour n=1n=1 voir L. Galvani [19]. Dans ce cas, en nous limitant aux fonctions non-concaves, la propriété signifie que le point (x,f(x))(x,f(x)) est non au-dessus ou non au-dessous de la droite joignant les points (x1,f(x1)),(x2,f(x2))(x_{1},f(x_{1})),(x_{2},f(x_{2})) suivant que xx est à l’intérieur ou à l’extérieur de l’intervalle (x1,x2)(x_{1},x_{2}). Il en résulte que tout point de la courbe y=f(x)y=f(x) est non-au-dessus de toute ligne polygonale inscrite, pourvu que l’abscisse de ce point soit comprise entre les abscisses des points extrêmes de la ligne polygonale.

Si ff est d’ordre nn et si [x1,x2,,xn+2;f]=0[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};f]=0, elle est polynomiale d’ordre nn sur (x1Exn+2)(x_{1}Ex_{n+2}), donc se réduit sur cette section aux valeurs d’un polynôme de degré nn.

Une fonction convexe ou concave d’ordre nn ne peut coïncider avec un polynôme de degré nn en plus de n+1n+1 points. La réciproque est vraie si la fonction est continue.

Supposons que EE soit l’intervalle (a,b)(a,b) et soit FF la fonction attachée à ff, prenant au point xx toutes les valeurs comprises entre le minimum et le maximum de ff en ce point (cette fonction est en général multiforme). Pour que la fonction ff soit convexe ou concave d’ordre nn dans (a,b)(a,b), il faut, et il suffit que la fonction attachée FF ne coïncide pas avec un polynôme de degré nn en plus de n+1n+1 points [47g][47\mathrm{g}]. En général, les fonctions d’ordre nn peuvent être caractérisées par le fait que, si un polynôme de degré nn coïncide avec la fonction attachée FF en plus de n+1n+1 points, il coïncide avec FF en un intervalle fermé.
3.—Toute fonction d’ordre nn est bornée sur toute section E1EE_{1}\subset E. Si a,b𝐄a,b\in\mathbf{E}, la fonction est bornée sur EE. Lorsque EE est borné, toute fonction non-concave d’ordre impair est bornée inférieurement sur EE.

Pour une fonction d’ordre n1n\geq 1 et cE,cEc\in E^{\prime},c\in E, la limite de f(x)f(x) pour ExcE\ni x\to c existe. De plus, toute fonction d’ordre n1n\geq 1 est uniformément continue sur tout E1EE_{1}\subset E. Pour que ce que nous avons dit ait un sens précis, il faut définir la continuité en cEc\in E^{\prime} par l’existence de la limite de f(x)f(x) lorsque ExcE\ni x\to c, ce qui n’est pas une extension essentielle dans le cas des fonctions d’ordre 1\geq 1.

Si aEa\in E^{\prime} ou a=a=-\infty, limf(x)=f(a+0)\lim f(x)=f(a+0) pour ExaE\ni x\to a, existe ou est ++\infty ou -\infty. Si aEa\in E, on a f(a)f(a)\leqq ou f(a+0)\geqq f(a+0), suivant que ff est non-concave d’ordre pair ou impair. Une propriété analogue a lieu pour l’extrémité droite bb. On a f(b)f(b)\geq ou f(b0)\leqq f(b-0) suivant que ff est non-concave ou non-convexe d’ordre nn. Pour une fonction non-concave d’ordre 11 telle que b=+b=+\infty et limf(x)=+\lim f(x)=+\infty pour ExbE\ni x\to b, on peut trouver un nombre α>0\alpha>0 tel que f(x)>αxf(x)>\alpha x pour xx assez grand. Si ff est non-concave d’ordre nn et si elle n’est pas non-convexe d’ordre n1n-1 sur EE, on peut trouver, dans les mêmes conditions, un α>0\alpha>0 tel que f(x)>αxnf(x)>\alpha x^{n}. En effet, on peut alors trouver n+1n+1 points x1<x2<<xn+1x_{1}<x_{2}<\ldots<x_{n+1} tels que [x1,x2,,xn+1;f]>0[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f]>0 et l’inégalité de définition U(x1,x2,,xn+1,x;f)0,xn+1<x\mathrm{U}(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1},x;f)\geqq 0,\ x_{n+1}<x nous donne

f(x)[x1,x2,,xn+1;f]xn+,f(x)\geq[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f]x^{n}+\cdots,

les termes non écrits formant un polynôme de degré n1n-1 en xx.
4.—Supposons EE fermé. Toute fonction non-concave d’ordre nn impair est semi-continue supérieurement, donc atteint son maximum. Mais une telle fonction peut ne pas atteindre son minimum. Telle est, par exemple, la fonction f(0)=1,f(x)=x,0<x1f(0)=1,f(x)=x,0<x\leqq 1, qui est non-concave d’ordre impair quelconque dans (0,1)(0,1). Une fonction d’ordre pair peut n’atteindre ni son maximum ni son minimum. Telle est la fonction f(0)=f(2)=0,f(x)=1x,0<x<2f(0)=f(2)=0,f(x)=1-x,0<x<2, qui est d’ordre pair quelconque dans (0,2)(0,2).

Soient EME_{M} l’ensemble des xx où max ff sur EE et EmE_{m} l’ensemble des xx où min ff sur EE sont atteints. Si ff est non-concave d’ordre nn, EME_{M} est formé par au plus [n+32]\left[\frac{n+3}{2}\right] sections séparées de EE et, s’il n’est pas formé par une seule section, il contient au plus n+1n+1 points.

5.—Définition

La fonction ff, jouissant de certaines propriétés de convexité sur EE, sera dite prolongeable sur E1E_{1} si on peut trouver une fonction f1f_{1} définie sur la réunion de EE et E1E_{1}, jouissant des mêmes propriétés de convexité et telle que f1=ff_{1}=f sur EE.

présente au plus kk variations de signes.
Pour une fonction d’ordre nn et pour un k donné, il existe une insinité de décompositions (7) (E étant infini), telle que sur chaque Ei\mathrm{E}_{i} la fonction soit d’ordre nkn-k. Le nombre mm des sous-ensembles Ei\mathrm{E}_{i} a alors un minimum hh. Si m=hm=h, la fonction n’est d’ordre nkn-k sur aucun des ensembles Ei+Ei+1,i=1,2,,h1\mathrm{E}_{i}+\mathrm{E}_{i+1},i=1,2,\ldots,h-1. La fonction est alors alternativement non-concave et non-convexe d’ordre nkn-k sur les ensembles Ei\mathrm{E}_{i}. D’ailleurs, si h=k+1h=k+1 et si ff est nonconcave d’ordre nn sur E , elle est non-concave d’ordre nkn-k sur 𝐄n\mathbf{E}_{n}.

Réciproquement, pour que la fonction soit d’ordre nn sur 𝐄\mathbf{E}, il suffit que, quels que soient le polynôme PP de degré nn et le sous-ensemble fini (2) de EE, la suite (8), correspondant à (2) et à la fonction fPf-P, présente au plus nn variations de signe. Dans cet énoncé, on peut d’ailleurs ne considérer que les suites (2) ayant n+3n+3 points [47k][47\,k].

Les fonctions qui admettent une décomposition (7) de la nature précédente constituent une importante généralisation des fonctions d’ordre nn. Nous les étudierons dans un autre travail. Remarquons seulement que [47 n].

La condition nécessaire et suffisante pour qu’on puisse décomposer E en au plus deux sous-ensembles consécutifs tel que sur chacun la fonction soit monotone, la monotonie étant de sens opposés sur les doux sous-ensembles, est que ff ou - ff vérifie l’inégalit,é

f(x2)max[f(x1),f(x3)],x1<x2<x3,x1,x2,x3E.f\left(x_{2}\right)\leq\max\left[f\left(x_{1}\right),f\left(x_{3}\right)\right],\quad x_{1}<x_{2}<x_{3},\quad x_{1},x_{2},x_{3}\in\mathrm{E}.

Dans cette classe entrent non seulement les fonctions d’ordre 1, mais aussi toutes celles qui sont non-négatives et dont la pème puissance, p>1p>1, est d’ordre 1 .
8. - Le voisinage VxkV_{x}^{k} d’un point xx est une section de EE ayant au moins kk points à gauche et au moins kk points à droite de xx. Si par excoption, il n’y a que r<kr<k ( r0r\geq 0; points à gauche (à droite)
de x,Vxkx,\mathrm{~V}_{x}^{k} doit contenir tous ces points et en plus au moins 2kr2k-r points à droite (à gauche) de xx. Le voisinage VakV_{a}^{k} doit contonir avec x1Vakx_{1}\in\mathrm{~V}_{a}^{k} tous les points de l’intervalle fermé ( a,x1a,x_{1} ) appartenant à E. U en est de même pour un Vbk\mathrm{V}_{b}^{k}.

Déprinition. - La fonction ff est dite localement convexe, nonconcace,…, etc., d’ordre n sur E si à tout xE˙x\in\dot{E} correspond un poisinage Vxk\mathrm{V}_{x}^{k} où la fonction est convexe, non-concave,… etc., d’ordre n [47 1].

Toute fonction localement convexe, non-concave,… etc., d’ordre nn sur N , avec k=[n+22]k=\left[\frac{n+2}{2}\right], est convexe, non-concave, … ote., d’ordre n sur E [47 1].

Dans la définition on ne peut pas remplacer la condition xE˙x\in\dot{E} par la condition moins restrictive xx\in E. Par exemple, avec cette nouvelle définition, la fonction

f(x)=0,0x<1,f(x)=x1,1<x2f(x)=0,\quad 0\leqq x<1,\quad f(x)=x-1,\quad 1<x\leq 2

est localoment polynomiale d’ordre n1n\geq 1 (quel que soit k) et pourtant cetto fonction n’est pas d’ordre nn.

Dans le cas d’un intervalle, on peut remplacer VrhV_{r}^{h} par un voisinage au sons ordinaire. Pour n=1n=1 nous retrouvons une propriété de J. Blaquier [8].

On peut aussi imposer à un voisinage VxkV_{x}^{k} d’autres conditions entratnant la convexité. On peut dire que / a localement une droite d’appui sur E si, quel que soit x0=x_{0}= E, il existe un voisinage Vx01V_{x_{0}}^{1} et une droite non verticale passant par le point ( x0,f(x0))\left.x_{0},f\left(x_{0}\right)\right), laissant la courbe y=f(x)y=f(x) non-au-dessous de cette droite pour a𝕍x0ta\in\mathbb{V}_{x_{0}}^{t}. Alors toute fonction définie et continue sur l’ensemble presque formé E, qui a localement une droite d’appui, est non-concave d’ordre 1 sur E. On peut même démontrer la propriété suivante :

Si ff est définie et semi-continue supérieurement sur un ensemble presque formé E ot si, quel quo soit x0x_{0}\equiv. E, on peut irouver deux points x<x0<x′′x^{\prime}<x_{0}<x^{\prime\prime} tels que dans tout voisinage Vx01(x,x′′)V_{x_{0}}^{1}\subset\left(x^{\prime},x^{\prime\prime}\right) il existe deux points x1,x2,x1<x0<x2x_{1},x_{2},x_{1}<x_{0}<x_{2} vérifiant l’inégalité [x0,x1,x2;f]0\left[x_{0},x_{1},x_{2};f\right]\geqq 0, la fonction est non-concave d’ordre 1 sur EE [471].

Pour la démonstration il suffit de remarquer que, si ff n’est pas non-concave d’ordre 1 , on peut trouver trois points x1,x2,x3x_{1},x_{2},x_{3}, x1<x2<x3x_{1}<x_{2}<x_{3} de E de manière que [x1,x2,x3;f]<0\left[x_{1},x_{2},x_{3};f\right]<0. Les extrémités de Vensemble (fermé) sur lequel le maximum (>0)(>0) de la fonction f(x)xx3x1x3f(x1)xx1x3x1f(x3)f(x)-\frac{x-x_{3}}{x_{1}-x_{3}}f\left(x_{1}\right)-\frac{x-x_{1}}{x_{3}-x_{1}}f\left(x_{3}\right) sur la section (x1Ex2)\left(x_{1}\mathrm{E}x_{2}\right) est attent, sont des points x0x_{0}\in. E pour lesquels on ne peut pas trouver les points x,x′′x^{\prime},x^{\prime\prime} satisfaisant à la propriété demandée.

La propriété d’être d’ordre n n’est pas une propriété locale. Mais, si à tout xE˙x\in\dot{E} correspond un voisinage VxkV_{x}^{k}, avec k=[n+32]k=\left[\frac{n+3}{2}\right], où ff est convexe ou concáve d’ordre nn, cette fonction est convexe ou concave d’ordre nn sur E [471].
9. - Dans l’étude des fonctions d’ordre nn il est tout indiqué d’introduire deux autres classes de fonctions déjà considérées par E. Hopp [23] dans le cas d’un intervalle.

Définition. - La nème borne de la fonction f sur E est définie par

Δn=Δn[f;𝐄]=max(𝔼)|[x1,x2,,xn+1;f]|\Delta_{n}=\Delta_{n}[f;\mathbf{E}]=\max_{(\mathbb{E})}\left|\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\right]\right|

Si Δn\Delta_{n} est un nombre fini la fonction est dite à nème différence dipisée bornée sur E .

Dúfinition. - La nène pariation totale de la fonction ff sur 𝐄\mathbf{E} est définie par

Vu=Vn[f;E]=maxi=1m1|Δni+1Δni|V_{u}=V_{n}[f;E]=\max\sum_{i=1}^{m-1}\left|\Delta_{n}^{i+1}-\Delta_{n}^{i}\right|

le maximum étant pris pour tous les sous-ensembles finis (2) de E.
Si V\mathrm{V}_{\text{a }} est un nombre fini la fonction est dite à nème pariation bornée sur E.

Nous supposerons que E soit borné.
Si n=1n=1, nous avons les fonctions vérifiant une condition de Lipschitz ordinaire et une généralisation des fonotions à variation bornée déjà donnée par Ch. de la Vallée Poussin [62], F. Rhesz [50 a] eb A. Winternitz [65].

Sur l’ensemble fini (2), Δn\Delta_{n} coïncide avec le maximum des
nombres |Δn1|,|Δn2|,,|Δnmn|\left|\Delta_{n}^{1}\right|,\left|\Delta_{n}^{2}\right|,\ldots,\left|\Delta_{n}^{m-n}\right|. De là résulte que, si 𝐄\mathbf{E} est quelconque, on peut trouver un x0x_{0} de la fermeture de 𝐄\mathbf{E} tel que dans tout voisinage Vx0k\mathrm{V}_{x_{0}}^{k}, avec k=[n+12]k=\left[\frac{n+1}{2}\right], on ait Δn[f;Vx0lk]=Δn[f;E]\Delta_{n}\left[f;\mathrm{V}_{x_{0}}^{lk}\right]=\Delta_{n}[f;\mathrm{E}] [47 1]. On en déduit que si ff est à nème d. d. bornée dans le voisinage (au sens ordinaire) de tout point xEx\in\mathrm{E}^{\prime}, elle est à nème d. d. bornée sur E.

Toute fonction à nème d. d. bornée est aussi à (n - 1) ème d. d. bornée done, en particulier, est bornée.

Toute fonction à nème variation bornée est aussi à nème d. d. bornée et à (n1)ème (n-1)^{\text{ème }} variation bornée. De même toute fonetion à nème d. d. bornée est à ( n1n-1 )ème variation bornée.

Toute fonction d’ordre nn est à nème variation bornée, done aussi à nème d. d. bornée sur toute section E1.E\mathrm{E}_{1}\subset.\mathrm{E}. D’ailleurs si Δn\Delta_{n} est fini on peut trouver un nombre α\alpha tel que f+αxnf+\alpha x^{n} (par exemple α=|Δn|\alpha=\left|\Delta_{n}\right| ) soit d’ordre n1n-1. Pour qu’il en soit ainsi il suffit même que les d. d. d’ordre nn soient bornées supérieurement ou inférieurement.

Toute fonction ff à nème n^{\text{ème }} variation bornée est la différence de deux fonctions non-concaves d’ordre 1,0,1,,n-1,0,1,\ldots,n et dont les nème variations totales ne dépassent pas celle de ff. Ce résultat a été obtenu par E. Hopf [23] dans le cas d’un intervalle et pour n=1n=1 par A. Winternitz [65]. Pour n=0n=0, on obtient un théorème classique de C. Jordan sur les fonctions à variation bornée habituelles. Dans le cas général il existe une telle décomposition f=φψf=\varphi-\psi, où les fonctions φ\varphi, ψ\psi sont les plus petites possibles. Pour n=0,1Gn=0,1\mathrm{G}. Ascoli [1 a, 1 b ] a retrouvé ces propriétés par des considérations très intéressantes.
10. - Nous allons maintenant étudier les dérivées des fonctions d’ordre nn. Nous supposerons E fermé et ff bornée sur E.

Nous allons adopter une définition directe de la nème dórivée, plus restrictive que la définition habituelle, mais qui s’impose dans l’étude des fonctions d’ordre nn.

Par définition, la nemen^{eme} dérivée f(n)=f(n)(x)f^{(n)}=f^{(n)}(x) au point xEx\in\mathrm{E}^{\prime} est la limite, si elle existe, de n![x1,x2,,xn+1;f]n!\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\right] lorsque les points xix_{i} tendent d’une manière quelconque vers xx. La nòme dérivée peut ainsi être définie en tout point de E’ tandis que la nème n^{\text{ème }} dérivée au sens ordinaire ne se définit que sur les points de E(n)\mathrm{E}^{(n)}.

Pour que f(n)f^{(n)} existe en un point xEx\in\mathrm{E}^{\prime} il faut et il suffit qu’à tout ε>0\varepsilon>0 corresponde un voisinage VV (au sens ordinaire) tel que l’on ait

|[x1,x2,,xn+1;f][x2,x3,,xn+2;f]|<ε\displaystyle\left|\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\right]-\left[x_{2},x_{3},\ldots,x_{n+2};f\right]\right|<\varepsilon (9)
x1,x2,,xn+2V.\displaystyle x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2}\in\mathrm{~V}.

Pour que f(n)f^{(n)} soit continue sur E\mathrm{E}^{\prime} il faut et il suffit que cette condition soit réalisée uniformément sur E’. D’ailleurs, si f(n)f^{(n)} existe en toul point do E\mathrm{E}^{\prime} elle est continue sur E\mathrm{E}^{\prime}. Si f(n)f^{(n)} existe en un x0Ex_{0}\in\mathrm{E}^{\prime} la fonetion est à nòme d. d. hornée dans le voisinage de x0x_{0}, done si f(n)f^{(n)} existe en tout point de E’, la fonction ff est, à nème d. d. bomée sur E. Il est clair, d’autre part, que si ff est à ( n+1n+1 )cane d. dd. bornée sur E,f(n)E,f^{(n)} existe en tout point de EE.

Les relations qui existent entre f(n)f^{(n)} et la nème dérivée au sens ordinaire ont élé étudiées dans le cas d’un intervalle par ’Th. J. Stuelpes [56], E. Hopp [23], Ph. Franklin [17] eb dans le cas d’un ensemble E quelonque par nousmême. En parliculier, si f(n)f^{(n)} existe en un point, x0E(n)x_{0}\in\mathrm{E}^{(n)}, la dérivée d’ordre nn au sons ordinaire existe aussi en ee point et lui est égale.

On peut aussi définir une dérivée directe d’ordre n à gauche fb(′′)f_{b^{\prime}}^{(\prime\prime)} et une dérivée directe d’ordre nn à droite fd(n)f_{d}^{(n)} au point xE5x\in E_{5}^{\prime}. Par définition fg(n)(x)[fd(n)(x)]f_{g}^{(n)}(x)\left[f_{d}^{(n)}(x)\right] est égale à la límite, si elle existe, de n![x1,x2,,xn+1;/]n!\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};/\right] lorsque les points xix[xix]x_{i}\leq x\left[x_{i}\geq x\right] de EE tendent, d’une manière quelconque vers xx. Pour l’existence de ces dérivées il y a des conditions nécessaires et suffisantes analogues à celle exprimée par l’inégalité (9). Il est clair que si xEx\in\mathrm{E}^{\prime} n’est limite que d’un côté, on ne définit que la nème dérivée de ce côté, qui est alors identique à f(n)f^{(n)}. Si xEx\in\mathrm{E}^{\prime} est limite de deux côtés of f(n)(x)f^{(n)}(x) oxiste, fg(n)(x),fl(n)(x)f_{g}^{(n)}(x),f_{l}^{(n)}(x) existent aussi et lui sont égales. Mais fg(m)(x),fd(n)(x)f_{g}^{(m)}(x),f_{d}^{(n)}(x) peuvent exister et mêmo être égales sans que f(n)(x)f^{(n)}(x) existe. Par exemple, pour la fonction f(x)=|x|,x(1,1)f(x)=|x|,x\in(-1,1), fg′′(0),fd′′(0)f_{g}^{\prime\prime}(0),f_{d}^{\prime\prime}(0) existent et sont toutes les deux égales à zéro, mais f′′(0)f^{\prime\prime}(0) n’existe pas. On voit aussi que, si fy(′′)[fd(′′)]f_{y}^{(\prime\prime)}\left[f_{d}^{(\prime\prime)}\right] existe on tout point de E’, e’est une fonction continue à gauche (à droite) sur E’.
11. – Passons aux fonctions d’ordre n. Toute fonetion d’ordre n>1n>1 a des dérivées continues d’ordre 1,2,,n11,2,\ldots,n-1 sur tonte sec-
tion E1\mathrm{E}_{1}\in. E. On peut même démontrer que, si ff est d’ordre n1n\geqq 1 dans l’intervalle ( a,ba,b ), elle a des dérivées continues d’ordre α<n(x>0)\alpha<n(x>0) au sens de liouville-Riemann dans tout (c,d)(a,b)(c,d)\subset\cdot(a,b). Il en est, d’ailleurs, ainsi pour toute fonction à nòme n^{\text{òme }} d. d. bornée, comme l’a montré P. Montel [39 a]. Dans ce cas les dérivées d’ordre entier existent et sont continues dans tout l’intervalle (a, b) et A. Marghaud [36] a montré qu’il en est ainsi aussi pour les dérivées d’ordre non entier.

Toute fonction d’ordre n>1n>1 a une dérivée à gauche d’ordre nn et une dérivée à droite d’ordre nn, continues à gauche resp. à droite sur toute section E1\mathrm{E}_{1}\subset. E. Bien enteadu fg(n)(yd(n))f_{g}^{(n)}\left(y_{d}^{(n)}\right) n’est pas définie en un point xEx\in\mathrm{E}^{\prime} qui est limite seulement de droite (de gauche), mais alors f(n)=fd(n)(f(n)=fg(n))f^{(n)}=f_{d}^{(n)}\left(f^{(n)}=f_{g}^{(n)}\right) existe en ce point. Pour que ce que nous dirons ici soit cohérent nous pourrons supposer que fg(n)(fl(n))f_{g}^{(n)}\left(f_{l}^{(n)}\right) soit prolongée par f(n)f^{(n)} sur ces points. L’existence des dérivées d’ordre nn résulte du fait que la d. d. [x1,x2,,xn+1;f]\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\right] est monotone, de même sens, par rapport à chacune des variable xix_{i}. D’ailleurs, fg(n),fd(n)f_{g}^{(n)},f_{d}^{(n)} coïncident avec la dérivée à gauche et la dérivée à droite de f(n1)f^{(n-1)} en un point xE′′x\in\mathrm{E}^{\prime\prime}. Si en un point xEx\in\mathrm{E}^{\prime} on a fg(n)=fl(n)f_{g}^{(n)}=f_{l}^{(n)}, la dérivée d’ordre n,f(n)n,f^{(n)} existe aussi et leur est égale. La dérivée f(n)f^{(n)} est continue sur tout E1E\mathrm{E}_{1}\subset\mathrm{E} sur lequel elle existe, comme l’a remarqué L. Galvani [19] pour n=1n=1. Si x<xx<x^{\prime}, x,xEx,x^{\prime}\in\mathrm{E}^{\prime}, on a

fl(n)(x)[x1,x2,,xn+1;f]fk(n)(x),x1,x2,,xn+1(x[x)f_{l}^{(n)}(x)\leqq\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1};f\right]\leqq f_{k^{\prime}}^{(n)}\left(x^{\prime}\right),\quad x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\in\left(x\left[x^{\prime}\right)\right.

et

fg(n)(x)fd(n)(x)fb(n)(x)fd(n)(x)f_{g}^{(n)}(x)\leqq f_{d}^{(n)}(x)\leqq f_{b}^{(n)}\left(x^{\prime}\right)\leqq f_{d}^{(n)}\left(x^{\prime}\right)

pourvu que // soit non-concave d’ordre nn sur E. Lensemble des xx sur lequel fg(n)fd(n)f_{g}^{(n)}\neq f_{d}^{(n)} est d’ailleurs au plus dénombrable, comme Pont remarqué F. Bernstein [5] et L. Galvant [19] pour n=1n=1. Pour n=1n=1 l’existence des dérivées de deux côtés a été établie déjà par O. Stolz [57] et J. L. W. V. Jensen [27].

Si ff est non-concave d’ordre n,f(k)n,f^{(k)} est non-concave d’ordre nkn-k. De même, fg(n),fd(n)f_{g}^{(n)},f_{d}^{(n)} sont non-décroissantes et f(n+1),fg(n+1)f^{(n+1)},f_{g}^{(n+1)}, f(n+1f^{(n+1} sont non-négatives partout où olles existent.

Il reste à examiner ce qui se passe aux extrémités de E. Si
a E E la d. d. n I , [x1,x2,,xn1;f]\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n-1};f\right] tend vers une limite on vors ++\infty, ou -\infty, si les xiax_{i}-a tendent vers a. Si a e E’ cotte limite coincide avec la limite, au sens propre ou impropre, de f11(n)f_{11}^{(n)} et de fa(n)f_{a}^{(n)} lorsque 𝐄x=a\mathbf{E}^{\prime}\Rightarrow x=a tend vers aa. Si, de plus, la fonchion est continue en a et si la limite existe (au sens propre ou impropre), fa(n)(a)f_{a}^{(n)}(a), done f(n)(a)f^{(n)}(a) existe (au sens propre ou impropre) et est égale à cotte limite. Il est clair d’ailleurs que cetite limite est ¡ + \infty si la fonction est non-concave d’ordre n et est - - os si la fonetion est non-convexe d’ordre nn. Si la fonction est à kóme d. d. bornée au voisinage de a, toutes les dérivées f(i)(a),i=1,2,f^{(i)}(a),i=1,2,\ldots, kk existent et ceoi pour knk\leqq n. On peut faire des remarques analogues relativement à l’extrémité bb.

D’après une remarque (dans le cas n=1n=1, hypothèse qui d’ailleurs n’est pas ici essentielle) de W. Blasumke ot C. Pick [9], si ff est d’ordre 1 sur E et si aE′′a\in\mathrm{E}^{\prime\prime}, on a

(xa)fg(x)0,(xa)fd(x)0,(x-a)f_{g}^{\prime}(x)\rightarrow 0,\quad(x-a)f_{d}^{\prime}(x)\rightarrow 0,

si Ex=E^{\prime}\exists x= a tend vers aa. Compte tenant des résultats du n7n^{\circ}7 et des inégalités ontre les dérivées d’une fonction dordre nn (voir plus loin no 16), nous pouvons démontrer que dans le cas d’une fonction d’ordre n(1)n(\geq 1) nous avons de même,

(xa)xf(x)(x)0,k=1,2,,n1,\displaystyle(x-a)^{x}f(x)(x)\rightarrow 0,\quad k=1,2,\cdots,n-1,
(xa)nfg(n)(x)0,(xa)nfx(n)(x)0,\displaystyle(x-a)^{n}f_{g}^{(n)}(x)\rightarrow 0,\quad(x-a)^{n}f_{x}^{(n)}(x)\rightarrow 0,

lorsque ExaE^{\prime}\Rightarrow x\neq a tend vers aa. Une propriété analogue a lieu à l’extrémité droite bb de E. Il ne faut pas oublier quo nous supposons E fermé, done borné, done ff est bornée sur E.

Dans le cas E=E= intervalle ouvert (a,b)(a,b), les propriétés sont plus précises. Pour que / soit non-conoave resp. convexe d’ordre n>1n>1 il faut ot il suffit que f(k),kn1f(k),k\geq n-1, existe dans ( a,ba,b ) et soit non-concave d’ordre n - . k. De mème, il faut et il susstit que f(n)f^{(n)} existe et soit non-décroissante resp. croissante, sauf peut-etro sur un ensemble au plus dénombrable (pour n=1n=1 voir [19]). Si f(n+1)f^{(n+1)} existe, la condition f(n+1)0f^{(n+1)}\geq 0 est nécessaire el suffisante pour la non-concavité eu f(n+1)>0f^{(n+1)}>0 est suffisante pour la convexilé de ff. Nous avons aussi dans ce cas nAn[f;E]==An1[f;E]nA_{n}[f;E]==A_{n-1}\left[f^{\prime};E\right] et nVn[f;E]=Vn1[f;E]nV_{n}[f;E]=V_{n-1}\left[f^{\prime};E\right], quelles que solont les bornes et les variations totales finies ou infinies.

Toujoups d’après L. Gasvary [19], l’existence d’un unique ,
x1<ξ<x2x_{1}<\xi<x_{2} pour tout x1,x2(a,b)x_{1},x_{2}\in(a,b) dans la formule des accroissements finis [x1,x2;f]=f(ξ)\left[x_{1},x_{2};f\right]=f^{\prime}(\xi), est nécessaire et suffisante pour la convexité ou la concavité d’ordre 1 de la fonction dérivable ff dans (a, b). A. Terracini [58], remarque, d’ailleurs, qu’on a ξx1+x22\xi\geq\frac{x_{1}+x_{2}}{2} suivant que f′′f′′′0f^{\prime\prime}\cdot f^{\prime\prime\prime}\geq 0, en supposant l’existence de ces dérivées.

Si ff est d’ordre n>2n>2 et Δ0\Delta_{0} est le maximum de |f||f| dans l’intervalle fermé ( a,ba,b ), on a
(10) |f|ba¯,|f(xa)(bx)|BnΔ0,x(a+λ,bλ)\left|f^{\prime}\right|\leqq\overline{b-a},\left|f^{\prime}\sqrt{(x-a)(b-x)}\right|\leqq\mathrm{B}n\Delta_{0},\quad x\in(a+\lambda,b-\lambda)
avec

A=8(7+43)/3<38,B=2(7+43)<28λ=(ba)(1cosπ2n)/(1+cosπn)\begin{gathered}A=8(7+4\sqrt{3})/3<38,\quad B=2(7+4\sqrt{3})<28\\ \lambda=(b-a)\left(1-\cos\frac{\pi}{2n}\right)/\left(1+\cos\frac{\pi}{n}\right)\end{gathered}

Les inégalités (10) sont analogues aux inégalités

|f|2n2Δ0ba,|f(xa)(bx)|nΔ0,x(a,b)|f|\leqq\frac{2n^{2}\Delta_{0}}{b-a},\quad\left|f^{\prime}\sqrt{(x-a)(b-x)}\right|\leqq n\Delta_{0},\quad x\in(a,b)

de A. Markofp [37] et S. Bernstein [7 b], lorsque ff est un polynome de degré nn.
P. Montel [39 b] a remarqué, dans le cas n=0n=0, que l’intégrale arf(t)𝑑t\int_{a}^{r}f(t)dt, d’une fonction non-concuve resp. convexe d’ordre nn, est non-concave resp. convexe d’ordre n+1n+1. On voit, d’ailleurs, que si kk est un entier positif, et ff sommable et non-concave d’ordre nn dans (a,b)(n1)(a,b)(n\geq 1), l’intégrale d’ordre kk

ax(xt)k1f(t)𝑑t\int_{a}^{x}(x-t)^{k-1}f(t)dt

est non-concave d’ordre n+kn+k dans (a,b)(a,b).
Si φ(t)\varphi(t) est une fonction non-décroissante et bornée dans l’intervalle ( a,ba,b ), l’intégrale de Stieltjes

f(x)=abGn(x,t)𝑑φ(t)f(x)=\int_{a}^{b}\mathrm{G}_{n}(x,t)d\varphi(t) (11)

Gn(x,t)=1n![|xt|+xt2]n,\mathrm{G}_{n}(x,t)=\frac{1}{n!}\left[\frac{|x-t|+x-t}{2}\right]^{n},

existe et représente une fonction non-concave d’ordre n à nòmed. d. bornée dans (a,b)(a,b). On voit, d’ailleurs, que si n>1n>1,

f(k)(x)=abGnk(x,b)𝑑φ(t),k=1,2,,n1\displaystyle\qquad f(k)(x)=\int_{a}^{b}G_{n-k}(x,b)d\varphi(t),\quad k=1,2,\cdots,n-1
et si n1,\displaystyle\text{ et si }n\geqq 1,
fg(n)(x)=φ(x0)φ(a),fd(n)(x)=φ(x+0)+φ(a)\displaystyle\qquad f_{g}^{(n)}(x)=\varphi(x-0)\cdots\varphi(a),\quad f_{d}^{(n)}(x)=\varphi(x+0)+\varphi(a)
pour tout x(a,b).\displaystyle\text{ pour tout }x\in(a,b)\text{. }
Réciproquement, toute fonction non-coñcave d’ordre n(1)\displaystyle\text{ Réciproquement, toute fonction non-coñcave d'ordre }n(\geqq 1)
ot à nème d. d. bornée dans (a,b) peut se mettre, à un polynome\displaystyle\text{ ot à nème d. d. bornée dans }(a,b)\text{ peut se mettre, à un polynome }
additif de degré n près, sous la forme (11). Il suffi, de prendre, par\displaystyle\text{ additif de degré }n\text{ près, sous la forme (11). Il suffi, de prendre, par }
exemple, φ(t)=fd(n)(t) et d’ajouter le polynome\displaystyle\text{ exemple, }\varphi(t)=f_{d}^{(n)}(t)\text{ et d'ajouter le polynome }
i=0n(xa)ii!f(i)(a).\sum_{i=0}^{n}\frac{(x-a)^{i}}{i!}f^{(i)}(a).

W. Blaschke et G. Pick [9] ont démontré, dans le cas n=1n=1 que la représentation par une intégrale de Stieltjes est toujours possible. En effet, l’intégrale

Φ(t)=ct(xa)(bx)𝑑fd(x)\Phi(t)=\int_{c}^{t}(x-a)(b-x)df_{d}^{\prime}(x)

c=a+b2c=\frac{a+b}{2}, existe pour a<t<ba<t<b et est une fonction non-décroissante, bornée dans l’intervalle ouvert ( a,ba,b ). En pronant pour Φ(a)\Phi(a) une valeur convenable Φ(a+0)\leqq\Phi(a+0) et pour Φ(b)\Phi(b) une valeur convenable \geq □ ( b0b-0 ), nous avons la représentation

f(x)=1baabH(x,b)𝑑Φ(b)f(x)=\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}H(x,b)d\Phi(b)

avoc

𝐇(x,t)={xbbt,txaxta,tx\mathbf{H}(x,t)=\begin{cases}\frac{x-b}{b-t},&t\leq x\\ \frac{a-x}{t-a},&t\leq x\end{cases}

valable pour tout point xx intérieur à l’intervalle ( a,ba,b ).
12. - On peut étudier aussi des dérivées définies autrement.

Pour simplifier supposons ff définie dans l’intervalle borné ( a,ba,b ). Supposons qu’at tout x(a,b)x\in\cdot(a,b) corresponde un ensemble ee de couples de points ( x,x′′x^{\prime},x^{\prime\prime} ), tels que x<x<x′′x^{\prime}<x<x^{\prime\prime} et que tout roi-
sinage Vx1\mathrm{V}_{x}^{1} contienne au moins un couple ( x,x′′x^{\prime},x^{\prime\prime} ). Le max. of lo min. de 2[x,x,x′′;n]2\left[x^{\prime},x,x^{\prime\prime};n\right] tendent, pour λ0\lambda\rightarrow 0, lorsque les points x,x′′,(x,x′′)ex^{\prime},x^{\prime\prime},\left(x^{\prime},x^{\prime\prime}\right)\in e restent dans l’intervalle ( xλ,x+λx-\lambda,x+\lambda ), vers les limites (propres ou impropres) 𝐃¯2f(x),𝐃¯2f(x)\overline{\mathbf{D}}^{2}f(x),\underline{\mathbf{D}}^{2}f(x). Nous pouvons appeler D¯2/(x)\bar{D}^{2}/(x) une dérivée seconde supérieure généralisée en xx et D2f(x)\mathrm{D}^{2}f(x) une dérivée seconde inférieure généralisée en xx. Si, en tout point x(a,b)x\in\cdot(a,b), nous avons défini les nombres D¯2f(x),D¯2f(x)\overline{\mathrm{D}}^{2}f(x),\overline{\mathrm{D}}^{2}f(x), nous avons une dérivée seconde supérieure resp. inférieure généralisée dans ( a,ba,b ). Si ff est deux fois dérivable on a évidemment. D¯2f(x)=D¯2f(x)=f′′(x)\overline{\mathrm{D}}^{2}f(x)=\bar{D}^{2}f(x)=f^{\prime\prime}(x).

Nous avons alors la propriété suivante :
Si ff est semi-continue supérieurement et s’il existe une dérivée seconde supérieure 𝔻2f(x)\mathbb{D}^{2}f(x) telle que

D¯2f(x)0,x(a,b)\bar{D}^{2}f(x)\geqq 0,\quad x\in\cdot(a,b)

la fouction ff est non-concave d’ordre 1 dans (a,b)(a,b).
En effet, soit μ=\mu= min D¯2f(x)\bar{D}^{2}f(x) dans (a,b)(a,b). Nous avons μ0\mu\geq 0. Si μ>0\mu>0, la propriété pésulte de la propriété démontrée à la sin du no 8. Pour μ=0\mu=0, la propriété résulte du fait qu’alors f+αx2f+\alpha x^{2}α>0\alpha>0 est dans le cas μ>0\mu>0. Les fonctions f+αx2,α>0f+\alpha x^{2},\alpha>0 sont done non-concaves d’ordre 1 , il en est de même pour leur limite ff si α0\alpha\rightarrow 0 (voir plus loin n17\mathrm{n}^{\circ}17 ).

Dans le cas particulier x=xh,x′′=x+h,0<h<εx^{\prime}=x\cdots h,x^{\prime\prime}=x+h,0<h<\varepsilon, ε>0,D2f(x),D2f(x)\varepsilon>0,\mathrm{D}^{2}f(x),\mathrm{D}^{2}f(x) sont, les dérivées secondes généralisées habituelles et la propriété précédente est due à S. Saks [51 a].

CHAPITRE II

PROPRIETES DIVERSES DES FONCTIONS D’ORDRE n

  1. 13.
    • Pour une fonction non-concave d’ordre 1 nous avons l’inégalité classique

f(p1x1+p2x2++pmxmp1+p2++pm)p1f(x1)+p2f(x2)++pmf(xm)p1+p2++pm,f\left(\frac{p_{1}x_{1}+p_{2}x_{2}+\cdots+p_{m}x_{m}}{p_{1}+p_{2}+\cdots+p_{m}}\right)\leqq\frac{p_{1}f\left(x_{1}\right)+p_{2}f\left(x_{2}\right)+\cdots+p_{m}f\left(x_{m}\right)}{p_{1}+p_{2}+\cdots+p_{m}}, (12)

pi>0p_{i}>0, donnée dans un cas particulier par O. Hölder [22], et dans le cas général par J. L. W. V. Jensen [27]. Si ff est convexe l’égalité n’est possible que pour x1=x2==xmx_{1}=x_{2}=\ldots=x_{m}.
A. del Chiaro [15] a généralisé cette inégalité par la suivante

f[pφdxp𝑑x]pf(φ)𝑑xp𝑑x,f\left[\frac{\mid p\varphi dx}{\int pdx}\right]\leqq\frac{\int pf(\varphi)dx}{\int pdx}, (13)

les intégrales étant prises de aa à bb et où p(x)p(x) est sommable et presque partout >0,φ(x)>0,\varphi(x) mesurable et bornée dans (a,b),f(x)(a,b),f(x) nonconcave d’ordre 1 dans (m,M),m=minφ,M=max(m,\mathrm{M}),m=\min\varphi,\mathrm{M}=\max. Si ff est convexe et q n’est pas presque partout une constante, nous avons le signe ¡ dans (13). Dans des cas particuliers, l’inégalité (13) a déjà été signalée par J. L. W. V. Jensen [27] et G. Pólya [46 a].

Toutes ces inégalités résultent du principe suivant : Soit ff non-concave d’ordre 1 sur E et F. une famille de fonctions φ\varphi d’une ou de plusieurs variables, définies sur un ensemble E\mathrm{E}^{*} de manière que : φ10{}^{10}\varphi est uniforme et toutes ses valeurs appartiennent à E , 20 si φ1,φ2\varphi_{1},\varphi_{2}\in\mathscr{I}, on a aussi kφ1𝔍,φ1+φ2,kk\varphi_{1}\in\mathfrak{J},\varphi_{1}+\varphi_{2}\in\mathscr{F},k étant une constante réelle, 303^{0} si φ\varphi\in\mathscr{I}, on a aussi f(φ),401f(\varphi)\in\mathscr{I},4^{0}1\in\mathscr{I}. Soit alors Ω[φ] une opération fonctionnelle linéaire non-négative, définie pour la famille \mathscr{F}^{\circ}, dont les valeurs appartiennent à E et telle que Ω[1]=1\Omega[1]=1. On a done :
1Ω[kφ]=kΩ[φ]1^{\circ}\Omega[k\varphi]=k\Omega[\varphi] si kk est une constante,
2Ω[φ1+φ2]=Ω[φ1]+Ω[φ2]2^{\circ}\Omega\left[\varphi_{1}+\varphi_{2}\right]=\Omega\left[\varphi_{1}\right]+\Omega\left[\varphi_{2}\right],
3Ω[φ]03^{\circ}\Omega[\varphi]\geqq 0 si φ0\varphi\geqq 0.
L’inégalité

f(Ω[φ])Ω[f(φ)],f(\Omega[\varphi])\leqq\Omega[f(\varphi)],

résulte alors de (6) comme l’a remarqué B. Jessen [28 a]. En particularisant la famille sh et en choisissant convenablement l’opération Ω\Omega, E. J. MeShane [38] a obtenu diverses inégalités et a aussi étudié les cas où le signe = a lieu. En particulier, la famille peut être formée par une certaine classe de fonctions d’un nombre quelconque mm de variables et l’opération Ω\Omega exprimée par une intégrate mm-uple.
H. P. Mulholland [40] démontre que, pour que l’on ait

f(ΣpixiΣpi)AΣpif(Bxi)Σpi,pi>0,f\left(\frac{\Sigma p_{i}x_{i}}{\Sigma p_{i}}\right)\leqq\mathrm{A}\frac{\Sigma p_{i}f\left(\mathrm{~B}x_{i}\right)}{\Sigma p_{i}},\quad p_{i}>0,

A, B étant deux constantes positives données, il faut et il suffit qu’on puisse trouver une fonction φ\varphi non-concave d’ordre 1 telle que

φ(x)f(x)Aφ(Bx).\varphi(x)\leqq f(x)\leqq\mathrm{A}\varphi(\mathrm{~B}x).

Considérons la moyenne quasi-arithmétique

φ=φ1(Σpiφ(xi)Σpi), ou φ=φ1(01φ(g)𝑑x),\Re_{\varphi}=\varphi^{-1}\left(\frac{\Sigma p_{i}\varphi\left(x_{i}\right)}{\Sigma p_{i}}\right),\quad\text{ ou }\quad\Re_{\varphi}=\varphi^{-1}\left(\int_{0}^{1}\varphi(g)dx\right),

gg étant une fonction convenable de xx et φ1\varphi^{-1} la fonction inverse de φ\varphi. B. Jessen [28 a, 28 b] démontre que si φ\varphi, ψ\psi sont continues, φ\varphi monotone, ψ\psi croissante, l’inégalité φψ\mathcal{M}_{\varphi}\leqq\mathcal{M}_{\psi} pour tous les xi,pi>0x_{i},p_{i}>0 ou les fonctions gg, revient à l’inégalité de Jensen. Il faut et il suffit en effet, pour qu’il en soit ainsi, que ψ(φ1)\psi\left(\varphi^{-1}\right) soit nonconcave d’ordre 1. K. Knopp [32 a] remarque, d’ailleurs, que, pour qu’il en soit ainsi, il faut et il suffit que

φ1(φ(x)+φ(y)2)ψ1(ψ(x)+ψ(y)2)\varphi^{-1}\left(\frac{\varphi(x)+\varphi(y)}{2}\right)\leqq\psi^{-1}\left(\frac{\psi(x)+\psi(y)}{2}\right)

pour tous les x,yx,y dans l’intervalle de définition des fonctions.
14. - Des inégalités limitant supérieurement le second nombre de (12) ou de (13) ont été établies sous certaines hypothèses restrictives faites sur les xix_{i} ou sur les fonctions p,φp,\varphi.

00footnotetext: Tibere Popovigiu.

Soit f continue et non-concave d’ordre 1 dans l’intervalle formé (0,1)()1(0,1)\left({}^{1}\right). Posons

A=01φ𝑑x,Aj=01f(φ)𝑑x\mathrm{A}=\int_{0}^{1}\varphi dx,\quad\mathrm{~A}_{j}=\int_{0}^{1}f(\varphi)dx

où, pour simplifier, nous pouvons supposer p continue dans (0,1)(0,1), telle que 0αϕβ1,α<β0\leqq\alpha\leqq\phi\leqq\beta\leqq 1,\alpha<\beta. L’inégalité de Jensen s’écrit alora Bf=Λff(A)0\mathrm{B}_{f}=\Lambda_{f}-f(A)\geqq 0. Si, de plus, φ\varphi est non-concave d’ordre 0,1,,n0,1,\ldots,n nous avons [47 1 ],

Λl01flα+j(j+1)[(Ajx+βj+1)+((j1)α+βjA)x]xj1,dx\Lambda_{l}\leq\int_{0}^{1}fl\alpha+j(j+1)\left[\left(\mathrm{A}-\frac{jx+\beta}{j+1}\right)+\left(\frac{(j-1)\alpha+\beta}{j}-\mathrm{A}\right)x\right]x^{j-1},dx (14)

si

jα+βj+1Λ(j1)α+βi,2in\frac{j\alpha+\beta}{j+1}\leqq\Lambda\leqq\frac{(j-1)\alpha+\beta}{i},\quad 2\leqq i\leqq n

et.
(15) A1β+nα(n+1)Aβαf(α)+(n+1)(Aα)n(βα)βαnαβf(x)dx(xα)n1nA_{1}\leq\frac{\beta+n\alpha-(n+1)A}{\beta-\alpha}f(\alpha)+\frac{(n+1)(A-\alpha)}{n(\beta-\alpha)\sqrt[n]{\beta-\alpha}}\int_{\alpha}^{\beta}\frac{f(x)dx}{\sqrt[n]{(x-\alpha)^{n-1}}} si aAnα+βn+1a\subseteq A\leqq\frac{n\alpha+\beta}{n+1}.

Si, de plus, la fonetion ff est convexe, l’égalité dans (14) n’est possible que si φ est égale au polynome qui figure comme argument de ff dans le second membre et dans (15) seulement si

ψ=α+(βα)[|xλ|+xλ2(1λ)]n,λ=β+nα(n+1)Aβα.\psi=\alpha+(\beta-\alpha)\left[\frac{|x-\lambda|+x-\lambda}{2(1-\lambda)}\right]^{n},\quad\lambda=\frac{\beta+n\alpha-(n+1)\mathrm{A}}{\beta-\alpha}.

Ces résultats conduisent à la limitation supérieure de 𝐁f\mathbf{B}_{f}. D’après K. Knopp [32 b] on a, si p est non-décroissante,

B1max(α,β)[(βx)f(α)+(xα)f(β)βαf(x)].\mathrm{B}_{1}\leqq\max_{(\alpha,\beta)}\left[\frac{(\beta-x)f(\alpha)+(x-\alpha)f(\beta)}{\beta-\alpha}-f(x)\right].

Le maximum du second membre est atteint pour une seule valeur x1x_{1} de xx, si ff est convexe. Le maximum de Bf\mathrm{B}_{f} n’est alors altoint que par des fonctions discontinues, par exemple par

φ={α,0xβx1βα,β,βx1βαx1.\varphi=\begin{cases}\alpha,&0\leqq x\leqq\frac{\beta-x_{1}}{\beta-\alpha},\\ \beta,&\frac{\beta-x_{1}}{\beta-\alpha}\leq x\leq 1.\end{cases}

(1) On peut passer facilement à un intervalle fermé ( a,ba,b ) quelconque.

Lorsque e est continue, mon-décroissante et non-concave d’ordre 1, on a [47, 4 ],

B1max(α,α+β2)f(α)+2(xα)βααβ[f(t)f(α)]dtf(x)}\left.B_{1}\leqq\max_{\left(\alpha,\frac{\alpha+\beta}{2}\right)}f(\alpha)+\frac{2(x-\alpha)}{\beta-\alpha}\int_{\alpha}^{\beta}[f(t)-f(\alpha)]dt-f(x)\right\}

l’égalité n’étant possible, si f est convexe, que pour une seule valeur x3x_{3} de xx et pour la fonction

φ=α+(βα)|xλ|+xλ2(1λ),λ=β+α2x0βα.\varphi=\alpha+(\beta-\alpha)\frac{|x-\lambda|+x-\lambda}{2(1-\lambda)},\quad\lambda=\frac{\beta+\alpha-2x_{0}}{\beta-\alpha}.

Dans la démonstration que nous avons donnée à ces résultats [47r], nous avons supposé, de plus, que ff a des dérivées finies en 0 ot 1. On peut facilement voir que cette restriction n’est pas essentielle.
J. Favard [16] a démontré, entre autres, que

AI01f(2xA)𝑑xA_{I}\leqq\int_{0}^{1}f(2xA)dx

si φ,0mφM\varphi,0\leqq m\leqq\varphi\leqq\mathrm{M}, est non-convexe d’ordre 1 dans (0,1)(0,1) et jj non-concave (intégrable) dans (0,M1),M1=max(M,2A)\left(0,M_{1}\right),M_{1}=\max(M,2A). Si ff est, de plus, convexe l’égalité n’est possible que pour les fonctions
φ=μx,μ(1x),μ[(12λ)x+λ|xλ|],μ>0,0<λ<1\varphi=\mu x,\quad\mu(1-x),\quad\mu[(1-2\lambda)x+\lambda-|x-\lambda|],\quad\mu>0,\quad 0<\lambda<1.
15. - On a cherché à déterminer les inégalités de la forme
(16) i=1mpif(xi)0,x1<x2<<xm,pi0,i=1,2,,m\sum_{i=1}^{m}p_{i}f\left(x_{i}\right)\geqq 0,\quad x_{1}<x_{2}<\cdots<x_{m},\quad p_{i}\neq 0,\quad i=1,2,\ldots,m,
valables pour toutes les fonctions non-concaves d’ordre n. La condition nécessaire et suffisante est que l’on ait [47 h, 47 [],

i=1mpixik=0,k=0,1,,n\displaystyle\sum_{i=1}^{m}p_{i}x_{i}^{k}=0,\quad k=0,1,\ldots,n (17)
i=1rpi(xixr+1)(xixr+2)(xixr+n)0\displaystyle\sum_{i=1}^{r}p_{i}\left(x_{i}-x_{r+1}\right)\left(x_{i}-x_{r+2}\right)\cdots\left(x_{i}-x_{r+n}\right)\leqq 0
r=1,2,,mn1\displaystyle r=1,2,\ldots,m-n-1

On suppose, bien entendu, qu’il s’agit d’une fonction définie sur les points xix_{i}. Lorsque la fonction est définie dans un intervalle contenant les points xix_{i}, les conditions précédentes ne sont plus
nécessaires pour n>1n>1. Dans co cas les conditions nécessaires et suffisantes sont (17) et

r=1rpi(xix)n=i=r+1r=1,2,,mn1mpi(xix)n0,x(xr,xr+1),-\sum_{r=1}^{r}p_{i}\left(x_{i}-x\right)^{n}=\sum_{\begin{subarray}{c}i=r+1\\ r=1,2,\ldots,m-n-1\end{subarray}}^{m}p_{i}\left(x_{i}-x\right)^{n}\geq 0,\quad x\in\left(x_{r},x_{r+1}\right),

Lorsque la fonotion est convexe d’ordro nn le signe ¿ a lieu dans (16).

Considérons rr points x1<x2<<xrx_{1}<x_{2}<\ldots<x_{r} et rr nombres positifs λ1,λ3,,λr\lambda_{1},\lambda_{3},\ldots,\lambda_{r} Parmi tous des polynomes de degré mm de la forme P(x)=xn+P(x)=x^{n}+\ldots, il en existe un et un seul Pm(x)\mathrm{P}_{m}(x) rendant minimum Pexpression i=1rλi[P(xi)]3\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}\left[\mathrm{P}\left(x_{i}\right)\right]^{3}. Nous avons ainsi une suite de polynomes

1=P0,P1,,Pr1,Pr=i=1r(xxi)1=P_{0},P_{1},\ldots,P_{r-1},\quad P_{r}=\prod_{i=1}^{r}\left(x-x_{i}\right)

qui sont orthogonaux, on ce sens que

i=1i=1Pα(xi)Pβ(xi)=0,αβ.\sum_{i=1}^{\sum_{i=1}P_{\alpha}\left(x_{i}\right)P_{\beta}\left(x_{i}\right)=0,\quad\alpha\neq\beta.}

Les zéros du polynome Pm(m<r)\mathrm{P}_{m}(m<r) sont tous réels, distincts et à l’intérieur de l’intervalle ( x1,xrx_{1},x_{r} ). De plus, les zéros du polynome Ps,smP_{s,s}\leq m, sont séparés par les zéros y1y2ymy_{1}\leq y_{2}\leq\ldots\leq y_{m} de PmP_{m}, mrm\leqq r, e’est-à-dire que la suite

Ps(y1),Ps(y2),,Ps(ym)\mathrm{P}_{s}\left(y_{1}\right),\mathrm{P}_{s}\left(y_{2}\right),\quad\ldots,\mathrm{P}_{s}\left(y_{m}\right)

présente ss variations [47 b], ce qui précise beaucoup la distribution des points xi,yix_{i},y_{i}.

Les zéros yiy_{i} de Pm\mathrm{P}_{m} sont déterminés par le système

i=1mμiyis=i=1rλixis,s=0,1,,2m1,\sum_{i=1}^{m}\mu_{i}y_{i}^{s}=\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}x_{i}^{s},\quad s=0,1,\ldots,2m-1,

qui donno aussi les nombres positifs μi,i=1,2,,m\mu_{i},i=1,2,\ldots,m, que nous appolons les poids du polynome Pm\mathrm{P}_{m}. Les λi\lambda_{i} sont les poids de Pr\mathrm{P}_{r}.

Toute fonction définie sur les points xi,yix_{i},y_{i} et non-concave J’ordre impair n=2m1n=2m-1, vérifie l’inégalité

i=1m1nif(yi)i=1nλi/(xi),(m1,r>n+12).\sum_{i=1}^{m}1n_{i}f\left(y_{i}\right)\leqq\sum_{i=1}^{n}\lambda_{i}/\left(x_{i}\right),\quad\left(m\geq 1,\quad r>\frac{n+1}{2}\right).

Pour r=m+1r=m+1, l’inégalité revient à l’inégalité de définition. Si, de plus, la fonction est convexe nous avons le signe <[47i]<[47\mathrm{i}].

Soient, maintenant z1<z2<<zmz_{1}<z_{2}<\ldots<z_{m} les zéros, tous réels et distincts, du polynome Pn+ρPm+1\mathrm{P}_{n}+\rho\mathrm{P}_{m+1}. Nous avons le système

i=1mvizis=i=1rλixis,s=0,1,,2m2\sum_{i=1}^{m}v_{i}z_{i}^{s}=\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}x_{i}^{s},\quad s=0,1,\cdots,2m-2

qui détermine aussi les poids positifs νi\nu_{i} du polynome Pm+ρPm+1\mathrm{P}_{m}+\rho\mathrm{P}_{m+1}.
Toute fonction non-concave d’ordre pair n=2m2n=2m-2, définie sur les points xi,zix_{i},z_{i} vérifie l’inégalité

i=1mvif(zi)i=1rλif(xi),(m1,rn+22)\sum_{i=1}^{m}v_{i}f\left(z_{i}\right)\equiv\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}f\left(x_{i}\right),\quad\left(m\geq 1,\quad r\geq\frac{n+2}{2}\right)

pourvu que le nombre ρ\rho soit choisi de manière que y1x1y_{1}\leqq x_{1}, qui pour r=mr=m revient à l’inégalité de définition. Lorsque la fonction est convexe le signe ¡ a lieu [47 1].

Pour m=1m=1 on peut voir aussi que, si ff est continue et croissante, ou décroissante, il existe un seul z1z_{1} tel que

f(z1)=i=1rλif(xi)i=1rλi,x1,x2xr,f\left(z_{1}\right)=\frac{\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}f\left(x_{i}\right)}{\sum_{i=1}^{r}\lambda_{i}},\quad x_{1},\leq x_{2}\leq\cdots\leq x_{r},

et, si x1<xrx_{1}<x_{r}, on a x1<z1<xr[210]x_{1}<z_{1}<x_{r}[210].
Dans le cas nn quelconque, on peut faire rr\rightarrow\infty et obtenir airsi des inégalités analogues à cello de J. L. W. V. Jensen [voir 47 1].
16. - L’inégalité (16) peut, aussi être écrite sous la forme

i=1mf(xi)i=1mf(yi),\sum_{i=1}^{m}f\left(x_{i}\right)\geq\sum_{i=1}^{m}f\left(y_{i}\right), (18)

x1x2xm,y1y2ymx_{1}\leqq x_{2}\leqq\ldots\leqq x_{m},y_{1}\leqq y_{2}\leqq\ldots\leqq y_{m}, si les rapports mutuels dess coefficients pip_{i} sont rationnels.

Pour que cette inégalité soit vérifiée pour toute fonction / nondécroissante, il faut et il suffit que xiyi,i=1,2,mx_{i}\geq y_{i},i=1,2,\ldots m, les cas d’égalités étant immédiats.
G. H. Hardy, J. L. Liptlewood et G. Pólya [21 a] et J. Kaba-

MATA [31] onl examiné J’inégalité (18) pour une sonction nonconcave d’ordre 1. La condition nécessaire et suffisante cherchée egt alors

x1+x2++xiy1+y2++yi,i=1,2,,m1,x1+x2++xm=y1+y2++ym.\begin{gathered}x_{1}+x_{2}+\cdots+x_{i}\leq y_{1}+y_{2}+\cdots+y_{i},\quad i=1,2,\ldots,m-1,\\ x_{1}+x_{2}+\cdots+x_{m}=y_{1}+y_{2}+\cdots+y_{m}.\end{gathered}

Cette condition est équivalente à la suivante[21 b]: On peut trouver m2m^{2} nombres non-négatifs pijp_{ij} tels que

yi=\displaystyle y_{i}= pi1x1+pi2x2++pimxm,i=1,2,,m\displaystyle p_{i1}x_{1}+p_{i2}x_{2}+\cdots+p_{im}x_{m,}\quad i=1,2,\cdots,m
i=1mpij=j=1mpij=1,i,j=1,2,,m\displaystyle\sum_{i=1}^{m}p_{ij}=\sum_{j=1}^{m}p_{ij}=1,\quad i,j=1,2,\cdots,m

Dans cette catégorie rentre l’inégalité de K. Tons [59]

1mi=1mf(xi)1m1i=1m1f(yi)\frac{1}{m}\sum_{i=1}^{m}f\left(x_{i}\right)\geq\frac{1}{m-1}\sum_{i=1}^{m-1}f\left(y_{i}\right)

valable pour tonte fonction non-concave d’ordre 1 , les yiy_{i} étant les zéros de la dérivée du polynome i=1m(xxi)\prod_{i=1}^{m}\left(x-x_{i}\right), l’égalité n’étant possible pour une fonction convexe, que si x1=x2==xmx_{1}=x_{2}=\ldots=x_{m}. Pour les fonctions de la forme xp(p1x^{p}(p\geq 1 ou p<0)p<0), cette inégalité a été déjà étudiée par H. E. Bray [12] et S. Kakeya [30 c].

Linégalité de M. Pethovitch [44]

i=1mf(xi)(m1)f(0)+f(i=1mxi),xi0,\sum_{i=1}^{m}f\left(x_{i}\right)\leqq(m-1)f(0)+f\left(\sum_{i=1}^{m}x_{i}\right),\quad x_{i}\geq 0,

ou l’inégalité plus générale

i=19pif(xi)(pi1)f(0)+1(i=019pixi),xi0,pi>0\sum_{i=1}^{9}p_{i}f\left(x_{i}\right)\leq\left(p_{i}-1\right)f(0)+1\left(\sum_{i=01}^{9}p_{i}x_{i}\right),\quad x_{i}\geq 0,\quad p_{i}>0

ff est non-concave d’ordre 1 dans (0,+)(0,+\infty) fermé à gauche, peut. se rattacher aux inégalités (16) et (18).

Pour que l’on ait, φ,ψ\varphi,\psi, étant non-décroissantes.

abf(φ)𝑑xabf(ψ)𝑑x\int_{a}^{b}f(\varphi)dx\leqq\int_{a}^{b}f(\psi)dx (19)

pour toute fonction ff continue et non-concave d’ordre 1, il faut eb il suffit que

ξbφdxξbψdx,aζb (pour ξ=a, le signe est =)\left.\int_{\xi}^{b}\varphi dx\leqq\int_{\xi}^{b}\psi dx,\quad a\leqq\zeta\leqq b\quad\text{ (pour }\xi=a,\text{ le signe est }=\right)

ou bien, sous une autre forme, équivalente à celle-ci,

ab|φλ|dxab|ψλ|dx, (pour λ=0, le signe est =)\left.\int_{a}^{b}|\varphi-\lambda|dx\leqq\int_{a}^{b}|\psi-\lambda|dx,\quad\text{ (pour }\lambda=0,\text{ le signe est }=\right)

quelle que soit la constante λ\lambda [21 b].
Tous ces résultats s’obtiennent facilement, en remarquant que, pour qu’une inégalité de la forme indiquée soit vraie pourtoute fonction non-concave d’ordre nn, il faut et il suffit qu’elle soit vraie pour un polynome de degré nn et pour les fonctions de la forme (|xλ|+xλ)n(|x-\lambda|+x-\lambda)^{n}, λ\lambda élant une constante.

Comme une application de (19), on peut considérer l’inégalité

12hxhx+hf(t)dtf(x+h)+f(xh)2,x+h,xh(a,b).\frac{1}{2h}\int_{x\rightarrow h}^{x+h}f(t)dt\leqq\frac{f(x+h)+f(x-h)}{2},\quad x+h,x-h\in\cdot(a,b).

qui est vérifiée par toute fonction non-concave d’ordre 1 dans ( a,ba,b ). Réciproquement, toute fonction sommable et semi-continue supérieurement, qui vérifie cette inégalité, quels que soient xx ot hh possibles, est non-concave d’ordre 1 dans (a,b)(a,b).
T. Rado [48 b] a généralisé celte inégalité de la manière suivante : l’inégalité

[12hxhx+h[f(t)]α𝑑t]1α[f(x+h)β+f(xh)β2]1β\displaystyle{\left[\frac{1}{2h}\int_{x-h}^{x+h}[f(t)]^{\alpha}dt\right]^{\frac{1}{\alpha}}\leqq\left[\frac{f(x+h)^{\beta}+f(x-h)^{\beta}}{2}\right]^{\frac{1}{\beta}}} (20)
x+h,xh(a,b)\displaystyle x+h,x-h\in\cdot(a,b)

est vérifiée par toute fonction continue, positive et non-concave d’ordre 1 dans (a,b)(a,b) si, et seulement si α2,β0\alpha\leq-2,\beta\geq 0, ou 2α12,3βα+2-2\leqq\alpha\leqq-\frac{1}{2},3\beta\geqq\alpha+2, ou 12α1,βαlog2/log(α+1)-\frac{1}{2}\leqq\alpha\leqq 1,\beta\supseteq\alpha\log 2/\log(\alpha+1), ou, enfin, α1,3βα+2\alpha\geq 1,3\beta\geq\alpha+2. Si 3βα203\beta-\alpha-2\leq 0 et si la fonotion continue et positive ff satisfait à l’négalité (20), elle est nonconcave d’ordre 1 dans (a,b)(a,b). Il en résulte que les fonctiona continues, positives et non-concaves d’ordre 1 sont carachérisées par l’inégalité (2), si 3β=α+2et2α123\beta=\alpha+2et-2\leq\alpha\leq-\frac{1}{2} ou α1\alpha\geq 1.
17. — On peut aussi établir des inégalités entre les valeurs de la fonction ff et de ses dérivées jusqu’à un certain ordre. Pour simplifier, supposons ff définie dans un intervalle contenant les points x1<x2<<xmx_{1}<x_{2}<\cdots<x_{m}. Pour que l’inégalité (21) i=1mi=0kipij(i)(xi)0,i=0ki|pij|0,i=1,2,,mi\sum_{i=1}^{m}\sum_{i=0}^{k_{i}}p_{ij}(i)\left(x_{i}\right)\geq 0,\quad\sum_{i=0}^{k_{i}}\left|p_{ij}\right|\neq 0,\quad i=1,2,\ldots,m_{i},
oin 0kin0\leqq k_{i}\leqq n ot f(n)f^{(n)} désigne l’une des dérivées fg(n),fd(n)f_{g}(n),f_{d}^{(n)} (non pas nécossairement la même pour lous les x1x_{1} ), soit vénifiée pour touba fonction non-concave d’ordre n, il faut ot il susist que

i=1=1mj=0kipysi(s1)(sj+1)xisj=0,s=0,1,,n,\displaystyle\sum_{i=1=1}^{m}\sum_{j=0}^{k_{i}}\operatorname{pys}_{i}(s-1)\cdots(s-j+1)x_{i}^{s-j}=0,\quad s=0,1,\ldots,n,
i=r+1j=0mpijn(n1)(nj+1)(xix)xn10,x(xr,xr+1),\displaystyle\sum_{i=r+1j=0}^{m}p_{ij}n(n-1)\cdots(n-j+1)\left(x_{i}-x\right)^{x_{n}-1}\geq 0,\quad x\in\left(x_{r},x_{r+1}\right)\text{, }
r=1,2,,m1.\displaystyle r=1,2,\ldots,m-1.

En particulier, dans le cas i=1m(ki+1)=n+2\sum_{i=1}^{m}\left(k_{i}+1\right)=n+2, l’inégalité (21) n’est autre que la limite de l’inégalité de définition (1) lorsque les points xix_{i} tendent l’un vers l’autre par groupes de ki+1,ka+1k_{i}+1,k_{a}+1, …, sem +1 points. On peut écrire cette inëgalité sous la forme

[x1,x1,,x1k1+1,x2,x2,,x2,,xm,xm+1,,xm;n]0\left[\frac{x_{1},x_{1},\ldots,x_{1}}{k_{1}+1},x_{2},x_{2},\ldots,x_{2},\ldots,x_{m,}^{x_{m}+1},\ldots,x_{m};n\right]\geq 0

et lo premier membre est un quotient de deux déterminants qu’on obtient facilement de la d. d. d’ordre n+1n+1 par application répétée de la régle de LjHospital. En particulier, pour m=2,k1=km=2,k_{1}=k, nous obtenons

(1)nk+1\displaystyle(-1)^{n-k+1} [i=0k(ki)(n,a)if(i)(a)\displaystyle{\left[\sum_{i=0}^{k}\binom{k}{i}(n-\cdots,\cdots-a)^{i}f(i)(a)-\right.}
i=0nk(1)f(nk)(ni)!(ba)if(i)(b)]0,a<b.\displaystyle\left.-\sum_{i=0}^{n-k}(-1)^{f}(n-k)(n-i)!(b-a)^{if(i)}(b)\right]\geq 0,\quad a<b.

Si la fonction ff est convexe d’ordre nn, dans toutes ces inégalités le signe ¿ a lieu.
18. - Une fonction peut jouir à la fois de plusieurs propriétés de convexité. En particulier, les fonctions qui sont non-concaves d’ordre 0,1,,n0,1,\ldots,n s’appellent aussi ( n+1n+1 ) - fois monotones et interviennent dans divers problèmos d’Analyse Mathématique. Les fonctions non-concaves de tout ordre ontier non-négatifs sont aussi appelées fonctions complètement monotones. Nous dirons un mot sur ces fonctions au Chap. suivant.

Il existe des fonctions défnies sur un onsemble fini, jouissant
de plusieurs propriétés de convexité données d’avance, pourvu que, si la propriété d’ordre nn est de polynomialité, toute propriété d’ordre >n>n soit aussi de polynomialité. D’ailleurs une fonction polynomiale d’ordre nn doit nécessairement être convexe, polynomiale ou concave d’ordre n1n-1. On peut aussi trouver des fonctions (polynomes) jouissant d’un nombre fini de propriétés de convexité ou concavité choisies arbitrairement dans un intervalle (a,b)(a,b) [47 d]

La famille des fonctions d’ordre nn est invariable par une transformation linéaire. Si f,gf,g sont des fonctions jouissant des mêmes propriétés de convexité, les fonctions cf, f+gf+g jouissent aussi des mêmes propriétés si cc est une constante positive, la convexité et la polynomialité étant regardées comme des cas particuliers de la non-concavité. On peut aussi préciser les caractères de convexité du produit fgfg et de la fonction de fonction f(g)f(g). Par exemple, si ff est non-concave d’ordre - 1,0,1,,n1,0,1,\ldots,n et gg non-concave d’ordre - 1,0,1,,n1,0,1,\ldots,n ou non-convexe d’ordre - 1,0,1,,n1,0,1,\ldots,n, le produit fgfg est aussi non-concave ou non-convexe d’ordre - 1,0 , 1,,n1,\ldots,n. Si f,gf,g sont nn-fois monotones, f(g)f(g) est aussi nn-fois monotone,… etc. De telles propriétés ont déjà été établies par J. L. W. V. Jensen [27]. pour les fonctions monotones et les fonctions d’ordre 1.

La limite d’une suite convergente |fm|\left|f_{m}\right| de fonctions jouissant des mêmes propriétés de convexité, jouit encore des mêmes propriétés. D’après P. Montel [ 39 b] si les fmf_{m} sont non-concaves d’ordre 1 et également bornées sur un sous-ensemble complètement intérieur à E,  im ¯fm\overline{\text{ im }}f_{m} et max fmf_{m} sont aussi non-concaves d’ordre 1 sur ce sous-ensemble. Ces propriétés restent vraies pour les fonctions d’ordre -1 ou 0 et aussi pour les fonctions qui possèdent deux ou trois propriétés d’ordre - 1,0 et 1 , mais nesont évidemment pas vraie pour les fonctions d’ordre >1>1. Pour le voir, il suffit de prendre la famille de deux fonctions xx, - xx, qui sont d’ordre n>1n>1, mais leur fonction maximum |x||x| n’est pas d’ordre n>1n>1 dans un intervalle contenant l’origine. G. Valiron [61 a] a précisé les résultats précédents en remarquant que si f(x;t)f(x;t) est continue en xx et tt pour axb,αtβa\leqq x\leqq b,\alpha\leqq t\leqq\beta et convexe d’ordre 1 en xx pour tout tt, la fonction max f(x;t)f(x;t) sur 𝐄t(α,β)\mathbf{E}_{t}\subset(\alpha,\beta) est aussi convexe d’ordre 1 dans (a,b)(a,b). L’exemple
f(x;t)=16t216(2xt)22,1<x<1,1t1f(x;t)=\frac{\sqrt{16-t^{2}}-\sqrt{16-(2x-t)^{2}}}{2},\quad-1<x<1,\quad-1\leqq t\leqq 1,
nous montre que cette proprièté ne peut s’étendre au cas n>1n>1. Au contraire, comme G. Valiron [ 𝟔𝟏\mathbf{61} al] le remarque aussi dans le cas n=1n=1, l’intégrale xβf(x;t)𝑑t\int_{x}^{\beta}f(x;t)dt est non-concave resp.convexe dordre nn si f(x;i)f(x;i) est non-concave resp. convexe d’ordren pour Lout tt. Ici il suffit d’ailleurs que l’intégrale existe au sens de Lebesgue, quel que soit xx et on peut, évidemment, remplacer ( a,ba,b ) par un ensemble E queleonque, et ( x,βx,\beta ) par un ensemble mesurable queleonque.

Toute famille de fonctions non-coneaves d’ordre 1 et également bornées sur E est aussi également continue done normale sur toute section c. E. M. Nicolesco [41] a démontré que la famille est normale pourvu que les fonctions soient également bornées supéricurement et en déduit que toute suite monotone de fonctions non-concaves d’ordre 1 qui converge en un point x0Ex_{0}\in\cdot E converge uniformément sur toute section c . E.
19. - P. Montea [39 b] et G. Valiron [61 a] ont démontré que pour que log/\log/ soit non-concave resp. convexe d’ordre 1 il faut et il suffit que exyfe^{xy}f soit non-concave resp. convexe d’ordre 1 pour toutes les valeurs de la constante α\alpha.

Soit F(t)F(t) une fonction croissante dans ( ,+-\infty,+\infty ). Si la fonction F(f+P)F(f+P) est non-concave resp. convexe d’ordre n(1)n(\geq 1) sur E, quel que soit le polynome P de degré nn sans terme constant, la fonction ff est non-concave resp. convexe d’ordre nn sur E. En effet, si l’on détermine le polynome P tel que

f(xi)+P(xi)=p,i=1,2,,n+1,f\left(x_{i}\right)+P\left(x_{i}\right)=p,\quad i=1,2,\ldots,n+1,

On a

f(xn+2)+P(xn+2)=ρ+U(x1,x2,,xn+2;f)V(x1,x2,,xn+1)f\left(x_{n+2}\right)+P\left(x_{n+2}\right)=\rho+\frac{U\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};f\right)}{V\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\right)}

et l’inégalité

[x1,x2,,xn+2;F]0 resp. >0,\left[x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};F\right]\geqq 0\text{ resp. }>0,

nous donne

F((xn+2)+P(xn+2))resp.>F(ρ),\mathrm{F}\left(\int\left(x_{n+2}\right)+\mathrm{P}\left(x_{n+2}\right)\right)\geqq\mathrm{resp}.>\mathrm{F}(\rho),

d’où la propriété. Pour n=0n=0 la propriété est banale. Si F(f)F(f) est non-décroissante resp. croissante, ff ost évidemment non-décroissante resp. croissante sur E.

Mais il y a des résultats beaucoup plus complets. Supposons F(t)F(t) continue dans ( ,++-\infty,++\infty ), et soit ff une fonction continue dans l’intervalle ( a,ba,b ). En suivant un raisonnement de S. Saks [51 c], on peut démontrer que, si F(f+αx+β)\mathrm{F}(f+\alpha x+\beta) est non-concave d’ordre 1 , quelles que soient les constantes α,β\alpha,\beta, alors : 1F1^{\circ}\mathrm{F} est non-concave d’ordre 1 ; 22^{\circ} ou bien FF est, constante, ou ff est linéaire, on F est non-décroissante ol ff est non-concave d’ordre 1 , ou enfin F est non-croissante et ff est non-convexe d’ordre 1 . Si n>1n>1 les questions se présentent beaucoup plus simplement. Supposons, pour simplifier encore, que FF et ff sont ( n+1n+1 ) fois dérivables. Alors, si F(/F)\mathrm{F}(/-\mathrm{F}) est non-concave d’ordre n, quel que soit lo polynome P de degré nn, la fonction F est nécessairement linéaire. Soit, on effet, ξ\xi une valeur de t,x0t,x_{0} une valeur de xx et α\alpha un nombre quelconque. Nous pouvons déterminer le polynome P de manière que l’on ait

f(x0)+P(x0)=ξ,\displaystyle f\left(x_{0}\right)+\mathrm{P}\left(x_{0}\right)=\xi, f(k)(x0)+P(k)(x0)=1,k=1,2,,n1\displaystyle f^{(k)}\left(x_{0}\right)+\mathrm{P}(k)\left(x_{0}\right)=1,\quad k=1,2,\ldots,n-1
f(n)(x0)+P(n)(x0)=α.\displaystyle f^{(n)}\left(x_{0}\right)+\mathrm{P}(n)\left(x_{0}\right)=\alpha.

La formule de la dérivée (n+1)àme d’une fonetion de fonetion (n+1)^{\text{àme d'une fonetion de fonetion }} nous donne alors, pour x=x01x=x_{01}

dn+1dxn+1Γ(f+P)=(n+1)αF′′(ξ)+A0,\frac{d^{n+1}}{dx^{n+1}}\Gamma(f+P)=(n+1)\alpha F^{\prime\prime}(\xi)+A\geqq 0,

A étant un nombre indépendant de α\alpha. On en déduil, Γ′′(ξ)=0\Gamma^{\prime\prime}(\xi)=0, done FF est linéaire. On voit d’ailleurs que, de plus, ou bion FF est constante, ou bien F est, non-décroissante et f non-concavo d’ordro nn, ou bien FF est non-croissante et / non-convexe d’ordre n.
P. Montel [39 b] et G. Valiron [61 a] ont également démontré que, si log / est non concave resp. conveze d’ordre 1 en logx\log x, la fonotion log0x/(x)dx\log\int_{0}^{x}/(x)dx est aussi non concave resp. convexe d’ordre 1 en logx\log x.
20. – D’après J. Pál [43], tonte fonetion continuo non-ooneave d’ordre 1 dans un intervalle fermé, peut èbro approehéo indéfniment par des polynomes non-coneaves d’ordre 1. Toute fonetion ff, continue dans l’intervalle fermé (a,b)(a,b) est la limite d’une suite de polynomes, jouissant des mêmes propriétés de convexilé que f
el convergente uniformément dans tout l’intervalle [47 d]. Ceoi est réalisé par les polynomes de S. Bernstern [7 a],

Pn=Pn(x;f)=1(ba)ni=0n(ni)f(a+iban)(xa)i(bx)ni.\mathrm{P}_{n}=\mathrm{P}_{n}(x;f)=\frac{1}{(b-a)^{n}}\sum_{i=0}^{n}\binom{n}{i}f\left(a+i\frac{b-a}{n}\right)(x-a)^{i}(b-x)^{n-i}.

De plus, toute fonction continue et non-concave d’ordre nn dans (a, b) est la limite d’une suite uniformément convergente de polynomes d’ordre nn dans (,+)[470](-\infty,+\infty)[470].

La kk òne borne de PmP_{m} est \leqq la kème borne de ff pour k=0,1k=0,1 et est en général ¡ la, kòme borne de ff pour k>1k>1. De même la hème variation totale de Pn\mathrm{P}_{n} est \leq celle de ff pour k=0,1k=0,1 et est en général ¡ que celle de / pour k>1k>1 [47d].

On a, d’ailleurs,

|f(x)Pn(x;f)|32m(ban),x(a,b),\left|f(x)-P_{n}(x;f)\right|\leqq\frac{3}{2}m\left(\frac{b-a}{\sqrt{n}}\right),\quad x\in(a,b),

ω(δ)\omega(\delta) étant le module d’oscillation de /[47d]/[47\mathrm{~d}].
Toute fonction continue et d’ordre nn dans (a,b)(a,b) est la limite d’une suite uniformément convergente de fonctions élémentajres (voir no 6) d’ordre nn [47 c]. Supposons, d’abord, que ff ail une dérivée continue d’ordre n1n-1 dans l’intervalle fermé (a,b)(a,b), c’est alors une fonction non-concave d’ordre 1. On peut trouver une ligne polygonale y=φ(x)y=\varphi(x) inscrite dans la courbe y=f(n1)(x)y=f^{(n-1)}(x), de manière que l’on ait

|f(n1)φ|<(n1)!ϵ(ba)n1,x(a,b),\left|f^{(n-1)}-\varphi\right|<\frac{(n-1)!\epsilon}{(b-a)^{n-1}},\quad x\in(a,b),

& ¿ q quelconque étant donné d’avance. φ est une fonction élémentaire d’ordre 1. La fonction élémentaire d’ordre n

φ(x)=abCn2(x;t)φ(t)𝑑t+i=1n2(xa)ii!f(i)(a),\varphi^{*}(x)=\int_{a}^{b}\mathrm{C}_{n-2}(x;t)\varphi(t)dt+\sum_{i=1}^{n-2}\frac{(x-a)^{i}}{i!}f^{(i)}(a),

vérifte alors l’inégalité.

|f(x)φ(x)|<ε,x(a,b).\left|f(x)\cdots\varphi^{*}(x)\right|<\varepsilon,\quad x\in(a,b).

Dans le cas général, il suffit de remarquer qu’on peut trouver d’abord une fonction f1f_{1} ayant une ( n1n-1 )ème dérivée continue telle que max |ff1|\left|f-f_{1}\right| soit aussi petit que l’on veut.

Remarquons, d’ailleurs, comme le fait L. Galvani [19] dans le
cas n=1n=1, que pour toute fonction non-concave d’ordre nn dans ( a,ba,b ) nous avons une décomposition de la forme

f(x)=f(x)+xi=1ci[|xxi|+xxi2]n,x(a,b),f(x)=f^{*}(x)+x_{i=1}^{\infty}c_{i}\left[\frac{\left|x-x_{i}\right|+x-x_{i}}{2}\right]^{n},\quad x\in\cdot(a,b),

xi(a,b),ci=0,i=1ci<+x_{i}\in(a,b),c_{i}=0,\sum_{i=1}^{\infty}c_{i}<+\infty et ff est non-concave d’ordre nn ayant une dérivée d’ordre nn continue dans l’intervalle ouvert (a,b)(a,b). Lea xix_{i} sont les points de discontinuité de la nome n^{\text{ome }} dérivée do ff eb

ci=1n![fd(n)(xi)fg(n)(xi)].c_{i}=\frac{1}{n!}\left[f_{d}^{(n)}\left(x_{i}\right)-f_{g}^{(n)}\left(x_{i}\right)\right].
  1. 21.
    • Le polynome de Tchebycheff, ou le polynome de meilleure approximation de degré n,Tnn,\mathrm{~T}_{n} d’une fonction continue ff, définie sur un ensemble fermé E, est le polynome rendant minimum l’expression max |fP||f-\mathrm{P}| sur E, où P parcourt i’ensemble des polynomes de degré nn. Le polynome Tn\mathrm{T}_{n} est earactérisó complètoment par le fait que fTnf-\mathrm{T}_{n} atteint les valeurs ±max|/Tn|\pm\max\left|/-\mathrm{T}_{n}\right| en au moins n+2n+2 points consécutifs avec des signes alternés, comme l’a démontré E. Borel [11].

Si ff est, de plus, non concave d’ordre nn, ne se réduisant pas à un polynôme de degré nn, on peut trouver seulement n+2n+2 points consécutifs où

fTn=±max|fTn|f-\mathrm{T}_{n}=\pm\max\left|f-\mathrm{T}_{n}\right|

avec des signes alternés. Autrement dit, si ff est non concave d’ordre nn, sans être polynomiale d’ordre nn, les polynômes Tn,Tn+1\mathrm{T}_{n},\mathrm{T}_{n+1} sont distincts, donc Tn+1\mathrm{T}_{n+1} est effectivement de degré n+1n+1.

Réciproquement, si ff est une fonction continue dans l’intervalle fermé (a,b)(a,b) et si, quel que soit l’intervalle fermé (c,d)(a,b)(c,d)\subset(a,b), le polynôme de Tchebychev de degré n+1n+1 de ff dans (c,d)(c,d) est effectivement de degré n+1n+1, la fonction ff est convexe ou concave d’ordre nn dans (a,b)(a,b) [47][47].

On peut aussi remarquer que, si ff est d’ordre nn, la valeur max |fTn|\left|f-T_{n}\right| est nécessairement atteinte aux extrémités aa et bb. On a, d’ailleurs,

[f(a)Tn(a)][f(b)Tn(b)]0ou0\left[f(a)-T_{n}(a)\right]\left[f(b)-T_{n}(b)\right]\leq 0\quad\text{ou}\quad\geq 0

suivant que nn est pair ou impair.

Réciproquement, si ff est continue dans l’intervalle fermé (a,b)(a,b) et si, quel que soit l’intervalle fermé (c,d)(a,b)(c,d)\subset(a,b), le polynôme TnT_{n} de ff dans (c,d)(c,d) vérifie les égalités

|f(c)Tn(c)|=|f(d)Tn(d)|=max(c,d)|fTn|,\left|f(c)-\mathrm{T}_{n}(c)\right|=\left|f(d)-\mathrm{T}_{n}(d)\right|=\max_{(c,d)}\left|f-\mathrm{T}_{n}\right|,

la fonction ff est d’ordre nn dans (a,b)(a,b) [47][47].

22. Considérons l’intégrale

I(φ)=abφ(x)𝑑xI(\varphi)=\int_{a}^{b}\varphi(x)dx

Si ff est mesurable et bornée dans l’intervalle fermé ( a,ba,b ), l’expression I(|fP|)\mathrm{I}(|f-\mathrm{P}|) a un minimum lorsque P parcourt l’ensemble des polynomes de degré nn. Ce minimum est atteint par au moins un polynome Pn\mathrm{P}_{n}, qui est unique si ff est continue, comme l’a démontré D. Jackson [26]. En particulier, pour f=xn+1f=x^{n+1}, A. Korkine, G. Zolotarefe [31 bis] et M. Fujewara [18] ont montré que
(22) xn+1Pn=(ba)n+1sin(n+2)θ22n+2+0=arccos2xabsinθ;x^{n+1}-\mathrm{P}_{n}=\frac{(b-a)^{n+1}\sin(n+2)\theta}{2^{2n+2}}+\quad 0=\arccos\frac{2x-a-b}{\sin\theta};\quad a done (n+2)(xn+1Pn)(n+2)\left(x^{n+1}-P_{n}\right) est la dérivée du polynome

(ba)n+222n+3cos(n+2)0\frac{(b-a)^{n+2}}{2^{2n+3}}\cos(n+2)0

qui s’écarte, parmi tous ceux de la forme xn+1+x^{n+1}+\ldots, lo moins possible de zéro dans l’intervalle ( a,ba,b ). Les zéros du polynome (22) sont

tk(n)=a+b2+ba2coskn+2,k=1,2,,n+1t_{k}^{(n)}=\frac{a+b}{2}+\frac{b-a}{2}\cos\frac{k}{n+2},\quad k=1,2,\ldots,n+1

On peut donc dire quo le minimum de I(|xn+1P|)I\left(\left|x^{n+1}-P\right|\right) est, réalisé par le polynome de Lagrange P(t1(n),t2(n),,tn+1(n);xn+1x)\mathrm{P}\left(t_{1}^{(n)},t_{2}^{(n)},\ldots,t_{n+1}^{(n)};x^{n+1}\mid x\right).

Soit n=0n=0 et ff une fonction monotone (non constante) qu’on peut supposer être non-décroissante. Le problème rovient alors à déterminer le minimum de I(|fλ|)I(|f-\lambda|) comme fonction de λ\lambda. Le minimum est encore atteint par P(t1(0);fx)=f(a+b2)\mathrm{P}\left(t_{1}^{(0)};f\mid x\right)=f\left(\frac{a+b}{2}\right), ce qui résulte de l’inégalité

(2xab)f(x)2a+b2xf(t)𝑑t(2x-a-b)f(x)\geqq 2\int_{\frac{a+b}{2}}^{x}f(t)dt

équivalente à l’inégalité [x,x,a+b2;F]0\left[x,x,\frac{a+b}{2};F\right]\geq 0, vérifiée par la fonc-
tion F(x)=axf(t)𝑑t\mathrm{F}(x)=\int_{a}^{x}f(t)dt, non-concave d’ordre 1. H. Steinhaus [55] a démontré que, si n=1n=1, le minimum est fourni par le polynome P(t1(1),t2(1);fx)\mathrm{P}\left(t_{1}^{(1)},t_{2}^{(1)};f\mid x\right) si ff est d’ordre 1. Enfin, V. Hruska [24] a montré. que, pour nn quelconque, le minimum est donné par le polynome P(t1(n),t2(n),,tn+1(n);f(x)\mathrm{P}\left(t_{1}^{(n)},t_{2}^{(n)},\ldots,t_{n+1}^{(n)};f(x)\right. lorsque f(n+1)f^{(n+1)} existe et est 0\geqq 0. On en déduit facilement que le résultat subsiste si ff est seulement d’ordre nn.

CHAPITRE III

GENÉRALISATIONS DES FONCTIONS D’ORDRE nn

  1. 23.
    • Il parait que O. Stolz [57] a le premier introduit les fonctions convexes, en démontrant que pour l’existence des dérivées à gauche et à droite, ’ fgf_{g}{}^{\prime} et fdf_{d}{}^{\prime}, en tout point d’un intervalle ouvert ( a,ba,b ) où la fonction continue ff est définie, il suffit qu’à tout xx correspond un n>0n>0 tel que l’on ait

f(x+h)+f(xh)2f(x)(ou)0,f(x+h)+f(x-h)-2f(x)\geqq(\mathrm{ou}\leqq)0, (23)

pour |h|<n|h|<n. Cet auteur démontre que (23) entraîne l’inégalité

[x1,x2,x3;f](ou)0,ax1<x2<x3b.\left[x_{1},x_{2},x_{3};f\right]\geqq(\mathrm{ou}\leqq)0,\quad a\leqq x_{1}<x_{2}<x_{3}\leqq b.

Mais c’est J. L. W. V. Jensen [27] qui a lo promier étudié d’une façon systématíque les fonctions vérifiant l’inégalité (23).

Considérons les différences d’ordre nn,

δhnf(x)=i=0n(1)ni(ni)f(x+ih)\delta_{h}^{n}f(x)=\sum_{i=0}^{n}(-1)^{n-i}\binom{n}{i}f(x+ih)

de la fonction ff, définie dans l’intervalle (a,b)(a,b). La différence hhf(x)\partial_{h}^{h}f(x) est, à un facteur indépendant de la fonction près, une d. d. d’ordre nn,

o^hnf(x)=n!hn[x,x+h,x+2h,,x+nh;f].\hat{o}_{h}^{n}f(x)=n!h^{n}[x,x+h,x+2h,\ldots,x+nh;f].

Définition. - Nous dirons que la fonction ff, définie dans l’intervalle (a,b)(a,b) est convexe, non-concave, polynomiale, non-convexe resp. concave d’ordre n(J)n(\mathrm{~J}), ou au sens de Jensen, dans ( a,ba,b ) suipant que l’inégalité
o^hn+1f(x)>,\hat{o}_{h}^{n+1}f(x)>,\geqq, =, sesp. <0,x,x+(n+1)h(a,b),h>0<0,\quad x,x+(n+1)h\in(a,b),\quad h>0, est satisfaite.

Toutes ces fonctions sont des fonctions d’ordre n (J).
On en déduit immédiatement que, pour ces fonctions, l’inégalité (1) est vérifiée, pourvu que les points x1,x2,,xn+2x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2} se divisent rationnelloment, c’est-à-dire que les rapports xn+2xixix1\frac{x_{n+2}-x_{i}}{x_{i}-x_{1}} soient rationnels.

La définition pout s’étendre à tout ensemble E qui est tel qu’avec x1,x2Ex_{1},x_{2}\in\mathrm{E} on a toujours x1+x22E\frac{x_{1}+x_{2}}{2}\in\mathrm{E}. Ainsi on peut étendre la définition à tout ensemble de points rationnels, mais dans ce cas, d’après la remarque précédente, ces fonctions sont d’ordre n au sens ordinaire (du chap. I).

Toute fonction convexe, non-concave, … etc. d’ordre n(J)n(J) sur EE est convexe, non-concave, … etc. d’ordre nn au sens ordinaire sur tout sous-ensemble de EE dont les points se divisent rationnellement.
24.—Toute fonction convexe, non-concave, … etc., d’ordre nn au sens ordinaire dans (a,b)(a,b) est évidemment convexe, non-concave, … etc., d’ordre n(J)n(J) dans (a,b)(a,b). Si n=0n=0, la réciproque est vraie naturellement puisque les deux définitions coïncident, mais si n>0n>0, la réciproque n’est vraie que si l’on fait certaines hypothèses restrictives sur la fonction ff. Il en est ainsi si la fonction est continue dans (a,b)(a,b) ou, plus généralement, si la fonction est bornée dans (a,b)(a,b). J. L. W. V. Jensen [27] a démontré que, pour la fonction non-concave d’ordre 11, il suffit même qu’elle soit bornée supérieurement. P. Tortorici [60 a] a donné une nouvelle démonstration de cette propriété. La propriété réciproque est vraie aussi lorsque la fonction est mesurable dans (a,b)(a,b), comme l’ont démontré pour n=1n=1 H. Blumberg [10] et W. Sierpiński [54 b]. W. Sierpiński [54 c] a même démontré que, pour n=1n=1 et la fonction non-concave, il suffit qu’il existe une fonction mesurable φ\varphi telle que f=φf=\varphi. A. Ostrowski [42] démontre une propriété analogue.

L’étude des fonctions linéaires (d) revient on somme à Téfade de l’équalion de Caveny.

f(x+y)=f(x)+f(y),f(x+y)=f(x)+f(y), (24)

dont la solution continue est Δx\Delta x, A élant, une constante. En eflet, sí ff est linéate (J) la fonction f(x)f(x) - f(0)f(0) vérifie l’óquation (24). Relabivement à ceble équalion, G. Dandoux [14]démontre que la
solution est encore Aæ pourvu que / soit bornée supórieurement où inférieurement dans un intervalle sini. D’après H. Lebesaus [35], S. Banach [3] et W. Sterpinski [54 a] il en est encore ainsi si l’on suppose / mesurable. M. Kac [29] ( 1 ) en a donné récemment une élégante démonstration. M. Kormes [33] a montré qu’il suffit même que ff soit bornée sur un ensemble mesurable de mesure >0>0. On peut, d’ailleurs, démontrer, pour toutes les hypothèses signalées, qu’il suffit qu’elles soient, réalisées dans un intervalle si petit. soit il. De même l’hypothèse de M. Kormes est applicable à toutes les fonctions d’ordre nn quelconque.

Faisons une petite disgression sur les équations de la forme

δhnf(x)=0.\delta_{h}^{n}f(x)=0. (25)

P. Montel [39 a] a démontré que si ff est continue et (25) est vérifiée pour tout xx et pour deux valeurs fixes ω1,ω2(0)\omega_{1},\omega_{2}(\angle 0) de hh, dont le rapport est irrationnel, la fonction ff est un polynome de degré n1n-1. Il en est ainsi même si ff est continue seulement en n points [47[47 e]. Nous avons étudié les généralisations de l’équation (25) dans un autre travail [47 s].
25. - Disons quelques mots sur les fonctions discontinues d’ordre n(J)n(J). Des remarques faites plus haut il résulte que si ff est. d’ordre n(1)(J)n(\geq 1)(J), elle est uniformément continue sur l’ensemble des points qui divisent rationnellement l’intervalle (a,b)(a,b) et qui appartiennent à un sous-intervalle c(a,b)c\cdot(a,b). On retrouve ainsi, pour n=1n=1, une propriélé de F. Berinstein [5].

Soit ff non-concave d’ordre 1(J)1(J) dans (a,b)(a,b) fermé. F. Bennstenn et G. Doetser [6] oni démontré que, si fn’est pas bornée inférieurement dans l’intervalle ( a,ba,b ), elle n’est bornée inférieurement en aucum point de ( a,ba,b ). Ces auteurs ont aussi démontré que, si m(x)m(x) est la fonction borne inférieure de ff et si fmf\neq m en un point x(a,b)x\in\cdot(a,b), la fonction ff n’est bornée supérieurement en aucun point, et les points représentatifs (x,f(x))(x,f(x)) de la courbe y=f(x)y=f(x) sont partout denses au-dessus de y=m(x)y=m(x). La fonction m(x)m(x) est, d’ailleurs non-concave d’ordre 1 si / est bornée inférieurement.

00footnotetext: (1) Les démonstrations de MM. W. Srerpinski et M. Kac sont particulièrement importantes puisqu’elles n’emploient pas l’axiome de Zermelo. Au contraire, les résultats qui suivent ici sont démontrés à l’aide de cet axiome (plus exactement à l’aide du fait qu’un ensemble peut être bien ordonnó).

Dans le cas contraire, les points représentatifs ( x,f(x)x,f(x) ) sont partout denses dans la bande comprise entre les ordonnées a et b. G. Hamel. [20] remarque aussi que, si ff est linéaire (J) dans ( -\infty, + \infty ), les points représentatifs sont partout denses dans le plan.
G. Hamel [20] a construit la fonction linéaire (J)la plus générale en résolvant l’équation (24). A une constante additive près, cette fonction est de la forme

r1α+r2β+)=r1f(α)+r2f(β)+,\left.\int r_{1}\alpha+r_{2}\beta+\cdots\right)=r_{1}f(\alpha)+r_{2}f(\beta)+\cdots,

r1,r2,r_{1},r_{2},\ldots sont des nombres rationnels, α,β,\alpha,\beta,\ldots les éléments d’une base Ho des nombres réels, done des nombres tels que tout xx peut être représenté d’une manière unique sous la forme

x=r1α+r2β+,α,β,,x=r_{1}^{\alpha}+r_{2}^{\beta}+\cdots,\quad\alpha,\beta,\cdots\in\mathcal{H},

avec un nombre fini de nombre rationnels r1,r2,r_{1},r_{2},\ldots non nuls el enfin f(α),f(β),f(\alpha),f(\beta),\ldots sont des nombres donnés queleonques.
M. H. Ingraham [25] a généralisé ce résultat donnant la solution générale de l’équation (25).
26. - En ne considérańt que des d. d. sur des points équidistants de la fonction / définie dans un intervalle ( a,ba,b ), que nous pouvons supposer ouvert, on peut encore définir une nème borne Δn\Delta_{n}^{*}, qui est, par définition, le maximum de la valeur absolue de la d. d. 1n!hnδnn/(x)\frac{1}{n!h^{n}}\delta_{n}^{n}/(x) dans l’intervalle (a,b)(a,b). Si AnA_{n}^{*} est, fini, la fonetion f+An2x2f+A_{n}^{2}x^{2} est non-concave d’ordre n1(J)n-1(J).

Toute d. d. d’ordre nn de tt, prise sur des points qui se divisent rationnellement, est comprise entre — Δn\Delta_{n}^{*} et Δn\Delta_{n}^{*}, d’où l’on déduit que si ff est continue, An=An,AnA_{n}^{*}=A_{n},A_{n} étant, la nème borne définje au n9.11n^{\circ}9.11 en résulte aussi que, si n2n\geq 2 et si ff est bomée ou mesurable et Δn\Delta_{n}^{*} est fini, la fonotion est continue,
S. Saks [51 b] remarque que, si la fonction / est dérivable, et

limh0h322hf(x3h)0,x(a,b),\lim_{h\rightarrow 0}h^{-3}2_{2h}f(x-3h)\geq 0,\quad x\in\cdot(a,b),

elle est non-concave d’ordre 2 dans (a,b)(a,b). S. Verblunsky 63 a] démontre, d’ailleurs, que, si / est dérivable dams l’intervaile formé ( a,ba,b ), et si la dérivée troisième généralisée

limh0(2h)3r2h3f(x3h)=q(x), ae (a,b)\lim_{h\rightarrow 0}(2h)^{-3}r_{2h}^{3}f(x-3h)=q(x),\quad\text{ ae }(a,b)

existe, on a, pour a<c<d<b,3h1=dca<c<d<b,3h_{1}=d-c,

min(c,d)p(x)[(2h1)3δ23h1f(x3h1)]x=cmax(c,d)p(x),\min_{(c,d)}p(x)\leqq\left[\left(2h_{1}\right)^{-3}\delta_{2}^{3}h_{1}f\left(x-3h_{1}\right)\right]_{x=c}\leq\max_{(c,d)}p(x),

et trouve une propriété analogue pour la différence du quatrième ordre δ1hf(x2h)[63b]\delta\frac{1}{h}f(x-2h)[63\mathrm{~b}].

Remarquons aussi que, d’après A. Marchauo [36], si f est bornée dans l’intervalle fermé (a,b)(a,b) et δhnf(x)0\delta_{h}^{n}f(x)\rightarrow 0, uniformément par rapport à xx, la fonction est continue. De mòme si hnδ^n/f(x)g(x)h^{-n}\hat{\delta}^{n}/f(x)\rightarrow g(x), uniformément, ff a une nème dérivée continue égale à g(x)g(x). Ces résultats subsistent si on suppose la fonction ff mesurable [47 q], comme l’a démontré, pour la deuxième propriélé, aussi H. WiitMEY [64].
27. - S. Bernstern [7 b] considère les fonctions ff qui vérifient leq inégalités δhnf(x)0,h>0,n=1,2,\delta_{h}^{n}f(x)\geq 0,h>0,n=1,2,\ldots dans un intervalle (a, b). Ce sont les fonotions complètem nt monotones au sens du no 17 ( 1 ). Ces fonctions sont done contanes et indéfniment dérivables. De plus, S. Berenstern démontre qu’elles sont analyliques al développables suivant les puissances de xx - a dans un intervalle (ap,a+p),pba(a-p,a+p),p\geq b-a. Pour qu’une fonction soit la dilsérence de deux fonctions complètement monotones dans ( a,ba,b ), il faut et il suffit qu’elle soil analytique et développable suivant les puissances de xax-a dans (ap,a+p)(a-p,a+p), avec pbap\geq b-a. Les fonctions qui sont belles que δhnf(x)\delta_{h}^{n}f(x) est de signe invariable pour chaque entier positif nn, sont eneove analybiques et développables suivant les puissances do xax-a dans (ap,a+p)(a-p,a+p), avec ρba4\rho\geq\frac{b-a}{4}.
S. Bennstern [7e] a fait une étude systémalique des fontions oomplèterhent monotones dans (,0)(-\infty,0) et a déterminé celles qui prennent, avoc leurs n promières ou avec toutes leurs dérivées, des valeurs données pour x=0x=0. Ce problème est étroitement lié au problème des moments puisqu’une fonction complètement monotone dans ( \cdots\infty, 0) est représentable par une intégrale de la forme

f(x)=0+etx𝑑φ(t)f(x)=\int_{0}^{+\infty}e^{tx}d\varphi(t)

oì φ est non-décroissante.

00footnotetext: (1) M. 3. Bernstenn les appolle absolument monotones.

28. - On peut aussi généraliser les fonctions d’ordre n d’une autre manière. Considérons un intervalle fini et fermé (α,β)(\alpha,\beta) contenant l’ensemble borné E. Soit

f0,f1,,fn,f_{0},f_{1},\ldots,f_{n},\ldots (26)

une suite finie ou infinie de fonctions définies dans (a,b)(a,b). On dit que ces fonctions forment une base lorsqu’une combinaison linéaire c0f0+c1f1++cnfnc_{0}f_{0}+c_{1}f_{1}+\ldots+c_{n}f_{n}, avec des coefficients constants cic_{i}, est complètement déterminée par ses valeurs en n+1n+1 points distinets et ceci quels que soient nn et les n+1n+1 points considérés.

Désignons par D(x1,x2,,xn+1)\mathrm{D}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\right) le déterminant

|f0(xi)f1(xi)fn(xi)|,i=1,2,,n+1\left|f_{0}\left(x_{i}\right)f_{1}\left(x_{i}\right)\cdots f_{n}\left(x_{i}\right)\right|,i=1,2,\ldots,n+1

et par D(x1,x2,,xn+2;f)\mathrm{D}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};f\right) le déterminant

|f0(xi)f1(xi)fn(xi)f(xi)|,i=1,2,,n+2,\left|f_{0}\left(x_{i}\right)f_{1}\left(x_{i}\right)\cdots f_{n}\left(x_{i}\right)f\left(x_{i}\right)\right|,i=1,2,\ldots,n+2,

ff étant une fonction quelconque. Pour que les fonctions (26) forment une base, il faut et il suffit que l’on ait D(x1,x2,,xn+1)=0\mathrm{D}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\right)=0 pour x1,x2,,xn+1(α,β)x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\in(\alpha,\beta) et distincts et pour n=0,1,n=0,1,\ldots Nous dirons encore que les fonctions (26) forment un système (T) si

D(x1,x2,,xn+1)>0,x1<x2<<xn+1,x1,x2,,xn+1(α,β)n=0,1,2,\begin{gathered}\mathrm{D}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\right)>0,x_{1}<x_{2}<\cdots<x_{n+1},\\ x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+1}\in(\alpha,\beta)n=0,1,2,\ldots\end{gathered}

Si les fonctions (26) sont continues et forment une base, ces fonctions forment un système (T), à condition de changer éventuellement le signe de certaines de ces fonctions.

Dans la suite nous considérons uniquement de suites (26) formant un système (T).

Définition. - Nous dirons que la fonction ff est convexe, nonconcave, polynomiale, non-convexe, concave (T), ou bien par rapport aux fonctions f0,f1,,fnf_{0},f_{1},\ldots,f_{n}, sur E , si l’inégalité

D(x1,x2,,xn+2;f)>,,=,,<0\mathrm{D}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2};f\right)>,\geqq,=,\leqq,<0

est vérifiée, quels que soient x1<x2<<xn+2,x1,x2,,xn+2Ex_{1}<x_{2}<\ldots<x_{n+2},x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+2}\in\mathrm{E} [47 f].

Pour simplifier le langage nous dirons que toutes ces fonctions sont des fonctions (T).

La convexité (ou la concavité) (T) exprime en somme la propriété que f0,f1,,fn,f(ou1)f_{0},f_{1},\ldots,f_{n},f(ou-1) forment un système (T). Réciproquement dans un système (T) toute fonction est convexe (T) par rapport aux fonctions qui la précèdent dans la suite (26).

Une fonetion polynomiale (T) se réduit aux valeurs sur E d’une combinason linéare c0f0+c1f1++cnfnc_{0}f_{0}+c_{1}f_{1}+\ldots+c_{n}f_{n} des fonctions (26). Dailleurs on peut caxactériser géométriquement une fonction (T) ù l’aide de ces combinaisons linéaires, tout comme dans le cas particulier f0=1,f1=x,,fn=x′′,f_{0}=1,f_{1}=x,\ldots,f_{n}=x^{\prime\prime},\ldots que nous arons jusquici éludié.

Pour que toute fonction (T) soit bornée sur tout E2E1\mathrm{E}_{2}\subset\cdot\mathrm{E}_{1}, if faut et il suffit que les fonotions f10,f1,,fnf_{10},f_{1,\ldots},f_{n} soient, bomess sur tont E1E_{1}\subset E Si a,ba,b, E E , la propriété s’ótend à bout l’onsemble E. Er partioulier, pour que les fonctions d’un système (T) soient. bomées, il fant et il suffit que la première fonction fo soit bornée [47f]. On a une propriété analogue en ce qui concerne la continuité d’une panction (T) sur un E1,E1E_{1,}\cdots\cdot E_{1} si n1n\geq 1. En particulier, les fonctions d’m système (T) sont continues dans l’intervalle ouport ( ,β*,\beta ) si, et senlement si, les deux premières fonetions f0,f1f_{0},f_{1} soni continues dans cet intervalle. On a la mène propriéle, en prenant, au lieu de la propriété de continuicé, la propriété d’étre à première d. d. bomée el mème, sous corbaines condilions restrictives, d’être à kème (k¿1) d. d. bomée [47 f].

Les résultats précédents peuvent être ébendus, sous certaines conditions, au cas un peu plus général où f0f_{0} s’annule un nombre fini de fois dans (α,β)(\alpha,\beta). Si, par exemple, n1n\geq 1 et / ,0f1{}_{0},f_{1} sont continues, on peut d’abord considérer les intervalles où f0f_{0} ne s’annule pas et ensuite les intervalles qui contiennent un zéro de f0f_{0} et où f1nf_{1}n e s’annulé pas, intervalles qui existent, puisque f0,f1f_{0},f_{1} ne penvent pas s’annuler on mème temps. Dans ces intervalles il suffit d’inverhir le rôle des fonotions f0,f1f_{0},f_{1}.

Les fonctions ( TT ), dans le cas n=1n=1, onli été inforduites par E. Phragmen et E. Lindelöf [45] qui ont considéré lo cas

f0=cosx,f1=sinxf_{0}=\cos x,\quad f_{1}=\sin x

qui a son importance dans la théorie des fonctions d’une variable complexe. Les fonctions (T) dans l’intervalle (ε,πε),ε>0(\varepsilon,\pi-\varepsilon),\varepsilon>0 sont, alors, celles pour lesquelles le déterminant,

|cosx1sinx1f(x1)cosx2sinx2f(x2)cosx3sinx3f(x3)|,x1<x2<x3,x1,x2;x3(ε,πε)\left|\begin{array}[]{ccc}\cos x_{1}&\sin x_{1}&f\left(x_{1}\right)\\ \cos x_{2}&\sin x_{2}&f\left(x_{2}\right)\\ \cos x_{3}&\sin x_{3}&f\left(x_{3}\right)\end{array}\right|,\quad x_{1}<x_{2}<x_{3},\quad x_{1},x_{2};x_{3}\in(\varepsilon,\pi\ldots\varepsilon)

ne change pas de signe. De ce que nous avons dit, il résulte que
ff est continue et même vérifie une condition de Lieschitz ordinaire dans tout intervalle complètement intérieur.
A. Winternitz [65] a généralisé ces résultats, en considérant, lo cas où f0,f1f_{0},f_{1} sont à première variation bornée dans un intervalle (α,β)(\alpha,\beta) et a démontré qualors loute fonction (T)(T) dans (α,β)(\alpha,\beta) est à première variation bornée dans tout intervalle c(α,β)c\cdot(\alpha,\beta) et admet done une dérivée à gauche et une dérivée à droite en un point x(x,3)x\subset(x,3) qui sont à variations bornées (d’ordre 0 ) dans hout intervalle c(α,β)c\cdot(\alpha,\beta).

Le cas des fonctions d’ordre 1 dans (0,1)(0,1) revient au cas f0=1xf1=xf_{0}=1-xf_{1}=x. J. Radon [49] a déjà démontré ces résultats dans le cas f0=(1x)p,f1=xp,p1f_{0}=(1-x)^{p},f_{1}=x^{p},p\geqslant 1 dans (0,1)(0,1). Les résultats ont aussi été retrouvés par G. Polya [46 b] dans le cas (27) et par G. Valirov [ 61 b] dans le cas général, sous une forme qui revient à celle de A. Winternitz [65]. J. Radon [49], dans te cas qu’il a éludié, et A. Winternita [06] dans le cas genéral, ont étendu les résultats de W. Blaschke el G. Prok [9] (voir No 11) sur la représentation de ces fonctions par uno integrate de Stiejljes.

On peul remarquer que les Lonobiois de s. Rabon [40] jouissent encore de la propriébe qu’an peui diviser Pinkervalle ( 0,1 ) en deux intervalles parliek dans lesques la fonction est, monotone. Dailleurs la pem pussance ( p=1p=1 ) d’une sonction non-convexe d’ordre 1 et non-négalive dans (0,1)(0,1) est non-convexe au sens de J. Radon. Il en esl, de mème de ta pam puissance d’une fonction non-concave d’ordre 1 eb non-positive dans ( 0,1 ) si pp est un entier positif impair.

Supposons, plus géuéralement, que f0,f1,,fnf_{0},f_{1},\ldots,f_{n} sont des solutions linéairement indépendantes d’une équabion différentielle linéare d’ordre n+1n+1,

L(y)y(n+1)+φ1y(n)+φ2y(n1)++φn+1y=0,L(y)\equiv y^{(n+1)}+\varphi_{1}y^{(n)}+\varphi_{2}y^{(n-1)}+\cdots+\varphi_{n}+1y=0,

où les coefficients soat des fonotions continues dans (α,β)(\alpha,\beta). Aloxs houte fonction (T) est à nème d. d. bornée sur tont E1\mathrm{E}_{1}\in. F.

Le cas du Chap. I correspond à l’équation y(n1)=0y^{(n-1)}=0. Le cas (27) à l’équation y′′+y=0y^{\prime\prime}+y=0. Le cas de J. Radon à l’équation x(1x)y′′+(p1)(2x1)yp(p1)y=0x(1-x)y^{\prime\prime}+(p-1)(2x-1)y^{\prime}-p(p-1)y=0 dans un intorvalle c(0,1)c\cdot(0,1).

Si la fonction (T) a dans ce cas une ( n+1n+1 ) 4 ne dérivée, la noncavité (T) s’exprime par l’inégalité L(j)0L(j)\geq 0. La condition L(j)>0L(j)>0 ost susinante pour la convexilé (T).

Disons encore que S. Kakeya [30 a] a déterminé les conditions nécessaires et suffsantes pour qu’il existe une fonction f (n+1)(n+1) fois dérivable, telle que L(j)0\mathrm{L}(j)\geq 0 et prenant, avec ses mm premières dérivées, los valeurs données

f(i)(α)=ai,f(i)(β)=bii=0,1,,nsf^{(i)}(\alpha)=a_{i},\quad f^{(i)}(\beta)=b_{i}\quad i=0,1,\ldots,n_{s}

ce qui généralise un problème de prolongement examiné au no 6.
29. - Pour terminer avec les fonctions d’une variable disons que E. F. Beckenbach [4] a donné une généralisation oncore plus étendue. Cette généralisation est la suivante:

Considérons, dans un intervalle ouvert ( a,ba,b ), une famillo de fonetions F=F(x;λ,μ)\mathrm{F}=\mathrm{F}(x;\lambda,\mu) dépendant de deux paramètres λ,μ\lambda,\mu et satisfaisant aux conditions suivantes : 11^{\circ} chaque fonction de la famille est continue dans (a,b);20(a,b);20 il existe une et une seule fonction de la famille satisfaisant au système

F(x1;λ,μ)=y1,F(x2;λ,μ)=y2F\left(x_{1};\lambda,\mu\right)=y_{1},\quad F\left(x_{2};\lambda,\mu\right)=y_{2} (28)

pour tout couple de points distincts x1,x2x_{1},x_{2}, de (a,b)(a,b) et pour tout y1,y2y_{1},y_{2}.
E. F. Beckenbach dit alors que la fonction tt, définie dans l’intervalle ouvert ( a,ba,b ), est une fonction sous- FF^{\prime} si, quels que soient les points a<x1<x2<ba<x_{1}<x_{2}<b, on a f(x)F12(x)f(x)\leqq\mathrm{F}_{12}(x), le second membre désignant la fonction F(x;λ,μ)\mathrm{F}(x;\lambda,\mu) qui vérifie les égalités (28) pour y1=f(x1),y2=f(x2)y_{1}=f\left(x_{1}\right),y_{2}=f\left(x_{2}\right). Le principal résultat obtenu est que toute fonction sous-F est continue dans (a,b)(a,b).

On peut généraliser encore, en considérant des convexités par rapport à une famille F(x;λ1,λ2,..,λn+1)F\left(x;\lambda_{1},\lambda_{2},..,\lambda_{n+1}\right) dépendant de n+1n+1 paramêtres λ1,λ2,,λn+1\lambda_{1},\lambda_{2},\ldots,\lambda_{n+1}, tels que le système

F(xi;λ1,λ2,,λn+1)=y1i=1,2,,n+1\mathrm{F}\left(x_{i};\lambda_{1},\lambda_{2},\cdots,\lambda_{n+1}\right)=y_{1}\quad i=1,2,\cdots,n+1

ait toujours une seule fonction FF comme solution. On peut aussi considérer des fonctions définies seulement sur un ensemble E quelconque appartenant à ( a,ba,b ).

CHAPITRE IV

LES HONCTIONS CONVEXES
DE DEUX OU PLUSIEURS VARIABLOS

  1. 30.
    • Un pseudo polynome d’ordre ( m,nm,n ) n’est pas nécessairement boné el eneore moins conlinu dans R. Mais, s’il est bomé resp. continu sur un réseau d’ordre ( m+1m+1, n+1n+1 ), il est une fonction bornée resp. continue dans R. De même si un tel pseudopolynome admet des dérivées partielles fxr(r),fys(s)f_{x^{r}}^{(r)},f_{y^{s}}^{(s)} resp. des dérivées partielles continues fxr(r),fys(s)f_{x^{r}}^{(r)},f_{y^{s}}^{(s)} sur un réseau d’ordre ( m+1,n+1)\left.m+1,n+1\right) il a dans R des dérivées partielles fx1/2yβ(α+β)f_{x^{1/2}y^{\beta}}^{(\alpha+\beta)} resp. des dérivées partielles continues 1(α+ββ),avecxr,βs1^{\left(\alpha+\beta^{\beta}\right)},\operatorname{avec}x\leqq r,\beta\leqq s.

Dans l’étude des fonctions ff dans RR il est eommode d’introduire le nombre

Am,n=max(R)|x1,x2,,xm+1y1,y2,,yn+1;|\mathrm{A}_{m,n}=\underset{(\mathrm{R})}{\max}\left|\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1}\\ y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1}\end{array};\right|

que nous appelons la borne d’ordre (m,n)(m,n) de la fonction / dans R. Si Δm,n\Delta_{m,n} est fini la fonction est à d. d. d’ordre ( mm; n) bornée.

En particulier, une fonction à d. d. d’ordre ( m,nm,n ) bornée est à mane d. d. bornée par rapport à xx pour toutes les valeurs de yy, mais la réciproque n’est évidemment pas vraie. Une fonction bomée est une fonction ì d. d. d’ordre (0,0)(0,0) bomée.

Un pseudo polynome d’ordre ( m1,n1m-1,n-1 ) est évidemment à d. d. d’ordre (m,n)(m,n) bomée, mais ses d. d. d’ordre (m1,n1)<(m,n)\left(m_{1},n_{1}\right)<(m,n) pouvent ne pas être bornées dans R. Pour qu’il en soit ainsi pour toub ordre (m,n)\leq(m,n), il faut et, il suffil que ses d. d. d’ordre (m, 0) et d’ordre (0,n)(0,n) soient, bornées sur un réseau d’ordre (m,n)(m,n). De plus, si le pseudo-polynome est à d. d. d’ordre (m1,n3)\left(m_{1},n_{3}\right) el d’oráre (m2,n1)\left(m_{2},n_{1}\right) bornées, avec m1m2,n1n2m_{1}\geq m_{2},n_{1}\geq n_{2}, il est, à d. d. dondre ( m,nm^{\prime},n^{\prime} ) bornée, avec m1mm3,n1nn2m_{1}\geq m^{\prime}\geq m_{3},n_{1}\geq n^{\prime}\geq n_{2}

Toute fonction à d. d. d’ordre ( m,nm,n ) bornée est la somme d’une fonction ayont toutes ses d. d. d’ordre (m,n)\leq(m,n) bornées eb d’un pseudo-polynome d’ordre ( m1,n1m-1,n-1 ). Done, pour que toutes les d. d. d’ordre (m,n)\leqq(m,n) d’une fonction soient bornées, il faut et il sustit que sa d. d. d’ordre ( m,nm,n ) soit bornée et que ses d. d. d’ordre (m,0)(m,0) et d’ordre (0,n)(0,n) soient bornées sur un réseau d’ordre ( m,nm,n ).

Une fonction continue par rapport à l’une des variables et également continue par rapport à l’autre, est continue dans R. En particulier done, wne fonction à d. d. d’ordre (1,0)(1,0) bornés et continue par rapport à y est continue dans R. Il en résulte que toute fonction à d. d. d’ordre ( m,nm,n ) bornée, avec m1,n1m\geq 1,n\geq 1, continue sur un réseau d’ordre ( m,nm,n ), est continue dans R.

Si une fonction ff à d. d. d’ordre (m,n)(m,n) bornée a une dérivée parlielle fx,f_{x,}^{\prime} cette dérivée est une fonction à d. d. d’ordre (m1,n)(m-1,n) bornée. On en déduit que, si de plus les dérivées fam1(m1)f_{a^{m-1}}^{(m-1)}, fym1(n1)f_{y^{m-1}}^{(n-1)} sont, continues sur un réseau d’ordre ( m,nm,n ), la fonction a des dérivées partielles fay3(r+s),rm1,sn1f_{ay^{3}}^{(r+s)},r\leq m-1,s\leq n-1, à d. d. d’ordre ( mr,nsm-r,n-s ) bornées dans R.
P. Montex [39 a] et A. Marchaud [36] ont aussi démontré que, pour une fonction à d. d. d’ordre (m,0)(m,0) et d’ordre (0,n)(0,n) bornées, toutes ies déri vées partielles rys(r+s)\int_{r^{\prime}y^{s}}^{(r+s)} existent et sont continues dans R., pourvu que rm+sn<1\frac{r}{m}+\frac{s}{n}<1. II en résulte que, si une fonction est à d. d. d’ordre ( mm - m’, n) et d’ordre ( m,nm,n - nn^{\prime} ) bornées, elle est aussi à d. d. d’ordre ( mr,nsm-r,n-s ) bornée, pourvu que.

rm+sn>1,mm>0,nn>0,rm,sn.\frac{r}{m^{\prime}}+\frac{s}{n^{\prime}}>1,\quad m\geq m^{\prime}>0,\quad n\geq n^{\prime}>0,\quad r\leq m^{\prime},\quad s\leq n^{\prime}.

$1. - Passons maintenant à la définition de la convexité.
Tout d’aberd la définition suivante s’impose.
Difinttion. - La fonction ff est dite convexe, non-concave, polynomiale, non-convexe, concave d’ordre ( m,nm,n ) dans le rectangle R si l’inégalité

[x1,x2,,xm+2;fy1,y2,,yn+2]>,,=,,<0\left[\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+2};f\\ y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+2}\end{array}\right]>,\rightleftarrows,=,\leq,<0

est satisfaite, quels que soient les points (xi,yj),i=1,2,,m+2\left(x_{i},y_{j}\right),i=1,2,\ldots,m+2,
i=1,2,,n+2i=1,2,\ldots,n+2, appartenant à R et formant les nouds d’un résean d’ordre ( m,nm,n ).

Toutes ces fonctions sont des fonctions d’ordre ( m,nm,n ).
Les valeurs -1 de mm et nn ne sont pas exclues. Une fonction convexe, non-conoave,… etc. d’ordre (m,1)(m,-1) est une fonction qui est convexe, non-concave,… ete., d’ordre mm par rapport à xx pour hontes les valeurs de yy.

Une fonction polynomiale d’ordre ( m,nm,n ) est un pseudo-polynome d’ordee ( m,nm,n ). Si ff est d’ordre ( m,nm,n ) et si

x1,x2,,xm+2y1,y2,,yn2;t=0,\left\lfloor\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+2}\\ y_{1},y_{2},\ldots,y_{n-2}\end{array};t=0,\right.

elle se réduit à un pseudo-polynome d’ordre ( m,nm,n ) dans le rectangle

(x1xxm+2;y1yyn+2).\left(x_{1}\leqq x\leqq x_{m+2};y_{1}\leqq y\leqq y_{n+2}\right).

Une définition géométrique, analogue à celle donnée dans le cas d’une seule variable, peut être obtenue à l’aide des pseudopolynomes. Considérons le pseudo-polynome

P(x1,x2,,xm+1y1,y2,,yn+1;f(xy)\mathrm{P}\left(\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+1}\\ y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+1}\end{array};f\binom{x}{y}\right.

La non-concavité resp. la convexité d’ordre ( m,nm,n ) s’exprime parle fait que la fonction doit être, en tout point du rectangle

(xi<x<xi+1,yj<y<yj+1)\left(x_{i}<x<x_{i+1},y_{j}<y<y_{j+1}\right)

non-au-dessous resp. au-dessus ou non-au-dessus resp. au dessous du pseudo-polynome suivant que m+nijm+n-i-j est pair ou impair. Ceci est valable aussi pour i=0,m+1,j=0,n+1i=0,m+1,j=0,n+1, dans les rectangles

(ax<x1,cy<y1),(ax<x1,(xn+1<xb,cy<y1)(xn+1<xb,yn+1<yb).\begin{array}[]{ll}\left(a\leqq x<x_{1},\right.&\left.c\leqq y<y_{1}\right),\\ \left(a\leqq x<x_{1},\right.&\left(x_{n+1}<x\leqq b,\quad c\leqq y<y_{1}\right)\\ \left(x_{n+1}<x\leqq b,\quad y_{n+1}<y\leqq b\right).\end{array}

On en déduit immédiatement que si une fonction d’ordre (m,n)(m,n) est bornée sur un réseau

x=xi,y=yn,i=1,2,,m+2,j=1,2,,n+2,x=x_{i},\quad y=y_{n},\quad i=1,2,\ldots,m+2,\quad j=1,2,\ldots,n+2,

d’ordre ( m+2,n+2m+2,n+2 ), elle est bornée dańs les rectangles

(axb,y1yyn+2),(x1xxm+2,cyd)\left(a\leq x\leq b,\quad y_{1}\leq y\leq y_{n+2}\right),\quad\left(x_{1}\leq x\leq x_{m+2},\quad c\leq y\leq d\right)

On peut encore voir facilement que, lorsque les d. d. d’ordre ( m+1,nm+1,n ) et ( m,n+1m,n+1 ), d’une fonction d’ordre ( m,nm,n ), sont bornées sur un réseau

x=xi,y=yj,i=1,2,,2m+2,j=1,2,,2n+2,x=x_{i},\quad y=y_{j},\quad i=1,2,\ldots,2m+2,\quad j=1,2,\ldots,2n+2,

diordre ( 2m+2,2n+22m+2,2n+2 ), ces d. d. sont bornées dans le reeLaugle
(30)

(xm+1xxm+2,yn+1yyn+3).\left(x_{m+1}\leq x\leq x_{m+2},y_{n+1}\leq y\leq y_{n+3}\right).

Pour que, de plus, les d. d. de tout, ordre¡ ( m+1,n+1m+1,n+1 ) soient, bomées dans le rectangle (30), il faut el il suffit que les d. d. d’ordre ( m+1,0m+1,0 ) et d’ordre ( 0,n+10,n+1 ) soient bornées sur un réseau dordre ( m+1,n+1m+1,n+1 ) dont les neuds appartiennent à (30).

Les propriétés de dérivabilité des fonctions d’ordre ( n,nn,n ) résultent de celles des fonebions is d. d. homées. Si la dériwée (rens), rm+1,sn+1,r+s<m+n+2r\leq m+1,s\leq n+1,r+s<m+n+2 existe, c’ost une sonction d’ordre ( mr,nsm-r,n-s ), preseutant lo même caractère de convexité. Lorsque fan+1(n+n+2)f_{a^{n+1}}^{(n+n+2)} existe, elle est non-négative. La condition f(m+n+2)(m+1)0f_{(m+n+2)}^{(m+1)}\geq 0 est, d’aillours, nécessairo et sufflsante pour la non-conoavité, et f25+n+2)(m+1)0f_{25+n+2)}^{(m+1)}\geq 0 est suffisante pour la convexibé d’ordre ( m,nm,n ) dans R.

Les fonotions dordre (m, n) peuvent être définies aussi dans un domaine queloonque D.

On peut aussi définir des fonctions dordre (ni, n) en imposant senlement la condition que, pour tout groupe de n+2n+2 valeura y1,y2,,yn+2y_{1},y_{2},\ldots,y_{n+2} de yy, la fonetion de x,[yn,y2,,yn+2;f]x,\left[y_{n},y_{2},\ldots,y_{n+2};f\right] soit d’ordre nn ot, pour tout groupe de m+2m+2 valeurs x1,x2,,xm+2x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+2} de xx, la sonction de y,[x1,x21,xm+2;f]y,\left[x_{1},x_{21}\ldots,x_{m+2};f\right] soit d’ordre mm. Nous n’insistons pas sur cette généralisation, nous considérerons seulement les cas partionliors m=0,n=0m=0,n=0 aux numéros suivants.
32. - Faisons le changement de variables

x=αx+βy,y=γx+δy,αb^βy,0.x=\alpha x^{\prime}+\beta y^{\prime},\quad y=\gamma x^{\prime}+\delta y^{\prime},\quad\alpha\hat{b}-\beta y,0. (31)

Nous dirons que cette transformation définit une direction Ceci signifie qu’on a pris un nouveau système d’axes Oæ’y’. En partioulier, le système initial Oæy définit la direction la. Nons pourons supposer, sans restreindre la généralité, que α2+γ2==β2+o2=1\alpha^{2}+\gamma^{2}==\beta^{2}+\mathrm{o}^{2}=1.

Le changement de variables (31) transforme la fonction / en und Sonction f1(x,y)f_{1}\left(x^{\prime},y^{\prime}\right) de xx^{\prime} et yy^{\prime}. Les d. d. de ff dans la direction tt sont alors les d.dd.d. de f1f_{1} comme fonetion de x;yx^{\prime};y^{\prime}. On peut alors
définir des fonctions qui présentent une propriété de convexité dans une direction quelconque, mais ces fonctions reviennent, par un changement de variables simple, aux fonctions précédemment définies.

Or peut aussi considérer des fonctions qui présentent une propriété de convoxité dans deux ou plusieurs directions distinctes ou non. Par exemple, une fonction qui est polynomiale (non pas nécessairement de mème ordre) dans deux directions, se réduti en général à un polynome en xx et yy. Il en est sûrement ainsi si les directions sont t0t_{0} et tt avec αβγδ0\alpha\beta\gamma\delta\neq 0, à un nouveau changement de variables près. Si, de plus, la fonction est polynomiale d’ordre ( m,nm,n ) dans la direction t0t_{0} et polynomiale d’ordre ( m,nm^{\prime},n^{\prime} ) dans la direction tt, elle se réduit à un polynome de degré m+n+m+\leqq m+n+m^{\prime}+ - n+2n^{\prime}+2. Les seules fonctions polynomiales d’ordre (m,n)(m,n) dans toutes les directions sont les polynomes de degré <m+n+1<m+n+1, mais on peut, trouver des polynomes de degré m+n+1m+n+1 polynomiales d’ordre ( m,nm,n ) dans une infinité de directions [47 s].

Laissons de côté ces généralités et revenons aux cas les phus simples, qui sont, d’ailleurs, les plus importants.
P. Mondex [39 e] a ótudié les fonctions / non-concaves d’ordre 1 par rapport à a pour toute valeur de yy et non-concave d’ordre 1 par rapport à yy pour toute valeur de xx, en les appelant doublement convexes, fonctions qui ont été également considérées par N. Krutkos [34].

Plus généralement, nous dirons qu’une fonction ff est d’ordre nn en xx resp. d’ordre nn en yy si elle est d’ordre nn par rapport à x pour toute valeur de yy resp. d’ordeo nn par rapport à yy pour toute valour de xx. Nous dirons aussi qu’une fonotion est doublement d’ordre [m,n][m,n] si olle est d’ordre mm en xx et d’ordre nn on yy. Remarquons que dans ces défnitions on n’exige pas que la fonction présonte le même caractèro de convexité d’orcér m par rapport à xx pour toutes les valeurs de y ou qu’elle présente le mème caractore de convexilé d’ordre n par rapport à y pour tontes les valeurs de xx. En particulier si / est non-oonoavo dordre n par mpport à xx (ear rapport à yy ) pour toute valeur de y[y[ de x]x] nons rebrouvons une fonction d’ordre ( n,0n,0 ) [d’ordre ( 0,n0,n )]. Il est elair ce qu’il faut entendre par une fonction donblement mon-concave d’ordre [m, n]. Les fonctions de P. Montel sont doublement nonconcares d’ordre [1,1].

On démontre que toute fonction d’ordre mm en xx el continue par rapport à y est à d. d. dordre ( mm, 0) bornée dans bout rectangle c . R. H suffit mème, pour qu’il en soit ainsi, que ff soit bornée en yy dans tóut intervalle c(c,d)c\cdot(c,d), pour toute valeur x(a,b)x\in\cdot(a,b). Une fonetion doublement d’ordre [m,n],m1,n1[m,n],m\geq 1,n\geq 1 est done à d. d. d’ordre ( m,0m,0 ) et d’ordre ( 0,n0,n ) bornées, done est continue et, d’après P. Montel [39 a], a une dérivée partielle farys(x+s)f_{a^{r}y^{s}}^{(x+s)} eontinue, pourru que Fm+sn<1\frac{F}{m}+\frac{s}{n}<1, dans tout rectangle complètement intérieur.

Les fonetions deublement non-coneaves d’ordre [0,0][0,0] ont été examinées par W. H. Young et G. C. Young [66]. Si ( xn,ynx_{n},y_{n} ) est, un point de R , oes fonctions jouissent de la propriété que, si une suite de points (xp,yp),p=1,2,\left(x_{p},y_{p}\right),p=1,2,\ldots de Retond vers (x1,y0)\left(x_{1},y_{0}\right) de maniere, que l’on ail constamment xp>x0,yp>y0x_{p}>x_{0},y_{p}>y_{0} ou xp<x0x_{p}<x_{0}, yp<y0,f(xp,yp)y_{p}<y_{0},f\left(x_{p},y_{p}\right) lend vers une limile f(x0,y0)\geq f\left(x_{0},y_{0}\right) ou f(x0,y0)\leqq f\left(x_{0},y_{0}\right). Ces auteurs ont également étudié le cas où, de plus, la fonction est non-conoave dordre ( 0,0 ).

On peut aussi considerer des fonctions doublement polymomiales d’ordre [m,n][m,n] qui sont polynomiales d’ordre mm en xx et polynomiales d’ordre n en y. Ces sont évidemment des polynomes de degré mm en xx ot de degré nn on yy, dono ce qu’on peut appeler un polynome de degré (m, n).
33. - On peut en fin définir des fonetions dans un domaine D, qui présentent certaines propriétés de convexité dans toute direction.

En particulier, nous dirons que / est complètement d’ordre n dans D si elle est d’ordre nn sur toute droite coupant le domaine D, autrement dit elle est d’ordre ( n,0n,0 ) dans toute direction. Lorsque n est pair il n’y a pas lieu de faire des distinotions entre la convexité et la concayité. Au contraire, si n est impair, on peut définir des fonotions complètement convexes, non-concaves,… ebe. d’ordre n.

Une fonotion complètement d’ordro nn est, en particalier, doublement d’ordre [n,n][n,n], done elle est continue en tout point intérieus de D si n>0n>0. Une fonction complètement d’ordre 0 est bornée dans tout D1cDD_{1}c\cdot D. Une fonction complétement d’ordre’n a des dérivées partielles d’ordre <n<n continues en tout point
intérieur. Si, en particulier, les dérivées partielles d’ordre n+1n+1 existent, la fonction

i=0n+1(n+1i=0)cosni+1αsiniαn+1fxni+1yi\sum_{i=0}^{n+1}\binom{n+1}{i=0}\cos^{n-i+1}\alpha\sin^{i}\alpha\frac{\partial^{n+1}f}{\partial x^{n-i+1}\partial y^{i}} (32)

doit ètre de signe invariable sur toute droite faisant l’angle α\alpha avec l’axe 0x0x. Si, de plus, la fonction est complètement non-concave d’ordre nn impair, pour toute x,yx,y, le polynome (32) doit être nonnégatif. En particulier, les conditions

fx2′′′0,fx2′′fy2′′(fxy′′)20f_{x^{2}}^{\prime\prime\prime}\geq 0,\quad f_{x^{2}}^{\prime\prime}f_{y^{2}}^{\prime\prime}-\left(f_{xy}^{\prime\prime}\right)^{2}\geq 0

sont nécessaires et suffisantes pour la complète non-concavité, et

fx2′′′>0,f2′′fy2′′(fxy′′)2>0f_{x^{2}}^{\prime\prime\prime}>0,\quad f_{2}^{\prime\prime}f_{y^{2}}^{\prime\prime}-\left(f_{xy}^{\prime\prime}\right)^{2}>0

sont suffisantes pour la complète convexité d’ordre 1 de ff, en supposant, bien entendu, que les dérivées secondes existent.

L’inégalité de J. L. W. V. Jensen [27] peut ôtro étendue aux fonctions complètement non-concaves d’ordro 1. Nous avons l’inégalité, établie par F. Sibrani [53],

f(ΣpixiΣpi,ΣpiyiΣpi)Σpif(xi,yi)Σpi,pi>0.f\left(\frac{\Sigma p_{i}x_{i}}{\Sigma p_{i}},\frac{\Sigma p_{i}y_{i}}{\Sigma p_{i}}\right)\leqq\frac{\Sigma p_{i}f\left(x_{i},y_{i}\right)}{\Sigma p_{i}},\quad p_{i}>0. (33)

E. J. McSuane [38] a généralisé cetto inégalité pour deux ou plusiours variables, comme dans le cas d’une seule variable.

Une fonction complètement polynomiale d’ordre nn se réduit à un polynome de degré nn dans D.
34. – Si ff, g sont deux fonctions non-concaves d’ordre ( m,nm,n ), cf et f+gf+g, où cc est une constante positive, sont encore des fonclions non-concaves d’ordre ( m,nm,n ). La limite d’une suite convergeate de fonctions non-concaves d’ordre (m,n)(m,n) est encore nonconcave d’ordre ( m,nm,n ). D’ailleurs, toute fonction continue dons R présentant une ou plusieurs propriétés de convexité bien déterminées est la limite d’une suite uniformément convergente dans R de polynomes présentant les mêmes propriétés de convexité, comme nous le montre les polynomes de S . Barnsterin de doux variables

1(ba)p(dc)pi=0;0;0η(pi)(qj)fia+ibap,c+jdcdcq).\left.\frac{1}{(b-a)^{p}(d-c)^{p}}\sum_{i=0;0;0}^{\eta}\binom{p}{i}\binom{q}{j}f_{i}^{\prime}a+i\frac{b-a}{p},c+j^{d-c}\frac{d-c}{q}\right).

M. Nicoresco [41] a démontré, comme dans le cas d’une variable, qu’une famille de fonctions doublement non-concaves d’ordre 1 et également bornée supérieurement dans DD, est normale à l’intérieur do DD, et en déduit que toute suite non-décroiasante de fonctions doublement non-concaves d’ordre 1 qui converge en un point e. D, converge uniformément à lintérieur de D.
J. L. W. V. Jensen [27] a déjà remarqué qu’une fonetion doublement non concave d’ordre 1. n’est pas nécessairement complèhement d’ordre 1.
F. Riesz [50-6] généralise les fonctions non-concaves d’ordre 1 d’une variable par lés fonctions sous-harmoniques de deux ou plusieurs variables. Une fonction ff est sous-harmonique dans D si, D1\mathrm{D}_{1} étant un sous-domaine quelconque de D , elle est, en tout point de D1D_{1}, non au-dessus de toute fonction harmonique qu’elle ne dépasse pas en aucun point de la frontière de D1\mathrm{D}_{1}. Si la fonetion sous-harmonique est continue, ou plus généralement si l’integrale suivante existe, elle est caractérisée par le fait qu’elle reste en tout point e . D, non-au-dessus de sa valeur moyenne prise sur une circonférence ayant co point pour contre et appartenant à D. La fonction sous-harmonique ff est donc caractérisée par l’inégalité

f(x,y)12π02πf(x+rcosθ,y+rsinθ)𝑑θf(x,y)\leq\frac{1}{2\pi}\int_{0}^{2\pi}f(x+r\cos\theta,y+r\sin\theta)d\theta

quels que soient (x,y)D(x,y)\in\cdot\mathrm{D} et r<r< (si D est fermé \leqq ) que la distance du point (x,y)(x,y) à la frontière de D .

L’ébude des fonctions sous-harmoniques sort du cadre de ce livre. Nous nous contenterons de rappeler quelques résultais on rapport avec les fonctions convexes.
P. Monter [39 b] a démontré que toute fonction doublement non-concave d’ordre 1 est sous-harmonique. Coite propriété n’ost pas vraie pour les fonctions doublement d’ordre 1.
P. Montel [39 b] et T. Rado [48 a] ont démontré que la condition nécessaire et suffisante pour que ff soit sous-harmonique est que ef+αx+βye^{f+\alpha x+\beta y} le soit, pour toutes les valeurs des constantes α,β\alpha,\beta. P. Montel [39 c] a montré que la propriété subsiste aussi pour les fonctions doublement non-concaves d’ordre 1 et les fonetions complètement non-concaves d’ordre 1.

Soil F(t)F(t) une fonction continue dans (,+)(-\infty,+\infty) et // continue
dans D. S. Saks [51 a] démontre que si F(f+αx+βy+γ)\mathrm{F}(f+\alpha x+\beta y+\gamma) est sous-harmonique pour toutes les valeurs des constantes α,β,γ\alpha,\beta,\gamma, la fonction FF est non-concave d’ordre 1 et : 11^{\circ} ou bien FF est une constante ; 22^{\circ} ou bien ff est harmonique; 3030^{\circ} ou bien F est nondécroissante et ff est sous-harmonique ; 44^{\circ} ou bien enfiu FF est noneroissante et - / est sous-harmonique. Ces propriétés subsistent pour les fonctions doublement non-concaves d’ordre 1 et les fonclions complètement non-concaves d’ordre 1. Dans le cas 22^{\circ}, la fonction harmonique doit alors être un polynome de la forme Axy+Bx+Cy+D\mathrm{A}xy+\mathrm{B}x+\mathrm{C}y+\mathrm{D}, resp. un polynome de la forme Ax+By+C\mathrm{A}x+\mathrm{B}y+\mathrm{C}.
35. - Comme dans le cas d’une variable, on peut définir aussi des fonctions plus générales en ne considérant que des d. d. sur des réseaux formés par des droites équidistantes. Considérons la différence d’ordre ( m,nm,n )

δh,km,nf(x,y)=i=0mj=0n(1)m+niy(mi)(nj)f(x+ih,y+jk),\delta_{h,k}^{m,n}f(x,y)=\sum_{i=0}^{m}\sum_{j=0}^{n}(-1)^{m+n-i-y}\binom{m}{i}\binom{n}{j}f(x+ih,y+jk),

qui est, à un facteur indépendant de la fonction près, une d d. d’ordre ( m,nm,n ),

εh,km,nf(x,y)=m!n!hmkn[x,x+h,,x+mhy,y+k,,y+nk;f].\varepsilon_{h,k}^{m,n}f(x,y)=m!n!h^{m}k^{n}\left[\begin{array}[]{l}x,x+h,\cdots,x+mh\\ y,y+k,\cdots,y+nk\end{array};f\right].

A l’aide de ces différences, on peut définir des fonctions convexes, non-concaves,… etc., d’ordre ( mm, nn ) ( JJ ) dans R , qui coincident, d’ailleurs, avec des fonctions couvexes, non-concaves,… otc. d’ordre ( m,nm,n ) au sens ordinaire, si la fonetion ost continue dans R. On peut voir facilement qu’il en est encore ainsi si la fouction est bornée ou linéairement mesurable dans R. En effot, dans cos cas, pour chague valeur de yy el, k,y,y+(n+1)k(c,d)k,y,y+(n+1)k\in(c,d), la fonction oa,ko,n+1f(x,y){\underset{a,k}{o}}_{o,n+1}^{\prime}f(x,y) de xx, est hornée, ou mesurable, et d’ordre mm, done d’ordre m au sens ordinaire. Nous avons done Pinegalité

[x1,x2,,xm+2y,y+k,,y+(n+1)k;f]0,\left[\begin{array}[]{l}x_{1},x_{2},\ldots,x_{m+2}\\ y,y+k,\ldots,y+(n+1)k;f\end{array}\right]\equiv 0,

en supposant la fonction non-concave d’ordre (m,n)(J)(m,n)(J) L’inégalité généralo (29) pésulte alors du fait qu’en fixant x1,x2,,xn+3x_{1},x_{2},\ldots,x_{n+3}, la fonction de y,[x1,x2,xn+2;]y,\left[x_{1},x_{2},\ldots x_{n+2};\right] est bornée, ou mesurable, nonconcave d’ordre r (J). Il importe de remarquer quo la linéaire mesurabilité ne peut ôtre remplacée par la mesurabilité superfi-

mesuralilo, de Péquation (24) dana lintervalto (a,b), et oloisag do manióroquo χ(a)=χ(b)=0\chi(a)=\chi(b)=0. On a olop χ(r)=0\chi(r)=0 on tomb point. a qui divise raljennellement Pinbervalle ( a,ba,b ). La sonebion

f(x,c+a2)=x(x),x(a,b),\displaystyle f\left(x,\frac{c+a}{2}\right)=x(x),\quad x\in(a,b),
f(a+b2,y)=χ(adbc+u(ba)dc),y(c,d),\displaystyle f\left(\frac{a+b}{2},y\right)=\chi\left(\frac{ad-bc+u(b-a)}{d-c}\right),\quad y\in(c,d),
f(x,y)=0,xa+b2,y=c+d2\displaystyle f(x,y)=0,x-\frac{a+b}{2},y=\frac{c+d}{2}

mi bien polynomiale d’ordm ( m,mm,m ) (J), m1,n1m\geq 1,n\geq 1, mais n’est óvidemment, pas un proudo-polynomo.

On pout amasi délinir dos fonctions complòtement d’ordro n (I). Considérons, on parlioulior, le cas n=1n=1 ol onviageons lo oas de m variables. Considérons dono une fonction f(P)=f(x1,x2),,xm)\left.f(\mathrm{P})=f\left(x_{1},x_{2}\right),\ldots,x_{m}\right) désinie, complèbement non-concave d’ordre 1(J)1(J) dans lo domaine convexo at borné D. Ces forchions sont carachériséss par L’inégalité

f(P+P2)12(f(P)+f(P))f\left(\frac{\mathrm{P}+\mathrm{P}^{\prime}}{2}\right)\leq\frac{1}{2}\left(f(\mathrm{P})+f\left(\mathrm{P}^{\prime}\right)\right)

P,PDP,P^{\prime}\in D, et P+P2\frac{P+P^{\prime}}{2} est le milieu du segment PPPP^{\prime}. Ces foncliona consbitaent la gótóralisabion donnée par J. L. W. W. IExsem [27] des fonctions d’uno vasiablo qu’il a étadiées. Ces fonctions: sonl nou-concaves d’ordre 1. (J) sur loute droite coupant le domaine D. On en dóduib, aved P. Tontonca [60a], qu’une fonebion eompetoment mon-eoneave d’ordre 1 (3), ot bornée supérieuvement dans D, est complètement non-concave d’ordre 1 au aens ordinaire. Si D ost fermé on pent remarquer, avee II. Budarsmo [10], qu’il suffit môme que la fonetion soib bornée supéricuremsnt, sur Ia frontióre F de D. En olleb, soib P m poini inberiour de D. Une droibe passont par Po oupe la frontiore Fen Pa, Pa. Le rapport des segments P. ,1PP2{}_{1},\mathrm{PP}_{2} varie d’une façon eontinue loruque la droibe hourne autour de PP et nest pas en général constant, donc prend nécesairemont une valour rabionnolle. Il on résnlle qu’on peub ehoisir leg points P1,P2\mathrm{P}_{1},\mathrm{P}_{2} de manière que f(P2)f\left(\mathrm{P}^{2}\right) max [/(P1),f(P2)]\left[/\left(\mathrm{P}_{1}\right),f\left(\mathrm{P}_{2}\right)\right]. Ce raisonomement n’est en défaut quo si Is ost un hyper-sphère do centre PP, done au plus pour un point, doù la propriebé. A. Corucer [13] a fait la remarque que, si (P) est bornée superieu-
rement sur un segment A0B0\mathrm{A}_{0}\mathrm{~B}_{0}, elle est bornée sur tout segment parallèle à A0B0\mathrm{A}_{0}\mathrm{~B}_{0}, d’extrémités D\in\cdot\mathrm{D}. On peut en conclure que, si ff est mesurable, elle est complètement non-concave d’ordre 1 au sens ordinaire.
P. Tortorici [60 b] remarque aussi que, si D est fermé, le maximum de f(P)f(\mathrm{P}), supposée continue, n’est atteint que sur la frontière, à moins que la fonction ne soit pas une constante. Si f(P)f(P) atteint son minimum sur la frontière FF, il en est ainsi dans tout D1D\mathrm{D}_{1}\subset\mathrm{D}, propriété qui est analogue à celle qui précise l’allure de monotonie dans le cas d’une seule variable. Cet auteur précise aussi l’ensemble des points P ou min f(P) est ableint.

La surface représentative de la fonction f(P)f(\mathrm{P}) jouit de la propriété qu’en tout point correspondant à PD\mathrm{P}\in\cdot\mathrm{D} il existe un hyperplan d’appui, c’est-à-dire que, par un tel point, on peut faire passer un hyperplan laissant la surface non-au dessus. L. Galvan1 [19] démonbre, dans le cas de deux variables, que, pour qu’un plan tangent existe en un point représentatif correspondant à PP, il faub et il suffil que la fonotion soit dérivable sur deux droites distinctes passant par PP, done, en particulier, que les dérivées partiolles fx,fyf_{x}^{\prime},f_{y}^{\prime} existent en ce point. D’ailleurs, l’ensemble des points P pour lesquels le plan tangent n’existe pas, est de première catégorie, donc est formé par la réunion d’un nombre fini ou d’une infinité dénombrable d’ensembles non-denses dans D.

Remarquons encore que, si l’ensemble où la fonotion continue f+α1x1+α2x2++αnxmf+\alpha_{1}x_{1}+\alpha_{2}x_{2}+\ldots+\alpha_{n}x_{m} atteint son minimum est convexe, quels que soient les constantes α1,α2,,xn\alpha_{1},\alpha_{2},\ldots,x_{n} la fonction ff est complètement non-concave d’ordre 1. Pour le maximum, le théorème de S. Saks [51 a] ne s’élend pas, puisque le sait que / + x1x1+x_{1}x_{1}+ + α3x2++αmxm\alpha_{3}x_{2}+\ldots+\alpha_{m}x_{m} ableint son maximum sur la frontione de D1,D_{1,} quels que soient, α1,α2,,αn\alpha_{1},\alpha_{2},\ldots,\alpha_{n} et le domaine D1D2D_{1}\subset D_{2}, carachérise les fonetions sous-harmoniques, qui ne sons pas, on général, complèlement non-concaves d’ordre 1 [5% a].
36. - L. Galvani [19] a également défini une convexibé (d’ordre 1) sur un ensemble plan E queloonque.
ba fonchion ff est non-concave sur E si, quels que soient les points Λ(x1,y1),B(x2,y2),C(x3,y3)\Lambda\left(x_{1},y_{1}\right),\mathrm{B}\left(x_{2},y_{2}\right),\mathrm{C}\left(x_{3},y_{3}\right) de E , non colinóaros, la valeur de ff en tout point ( x,yx,y ) appartenant au triangle formé ABG, est non au-dessus du plen déterminé par les hrois point’s représenta-
tils (xi,yi,f(xi,yi)),t=1,2,3\left(x_{i},y_{i},f\left(x_{i},y_{i}\right)\right),t=1,2,3. On définit de la mênemanière la convexilé, polynomialité,… ete., sur E.

Si ff est non-eonare avee eette définition elle est non-concave dordre 1 sur tout soug-ensemble de E appartenant à uno droite. L. GALFANI [19] a démontre un certain nombro de propriótes de cos fonctions. Si ( x,y),(x,y)x,y),\left(x^{\prime},y^{\prime}\right) sont deux points de F, appartenam, au triangle BC\triangle BC, le point (x,y,f(x,y))(x,y,f(x,y)) est à l’axtériour de langle triodze formé par le point ( x,y,(x,y))\left.x^{\prime},y^{\prime},\left(x^{\prime},y^{\prime}\right)\right) et les points A, B, C. La fonetion est horné dans toul triangle ABC, pourvu que les points où sont prises les valeurs de / appratioment à E.

Si E se réduit à undomaine D, ces fonctions sent. Idonticutes aux fonctions complètement non-concares d’ondre 1.
37. - Poin terminer, signalóms encore qusquas genemalisations des fonctions convexes de plusieurs variables.
G. Aumann [2a][2\mathrm{a}] défnit la sonelion non-coneave f(x1,x2,,xm)f\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{m}\right) dans le rectangle axi=b,i=1,2,a\leqq x_{i}=b,i=1,2,\ldots, ma l’aide des moyentes qu’il a introduites [2 b]. Une moyenne M(x1,x2,,xn)M\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n}\right) est definie par les propriétés suivantes :

10 M est continue et symétrique en x2x_{2} appartenant à Jintervalle (a,b)(a,b);

20 il existe un p>0p>0 tel que si x1x2xnx_{1}\geqslant x_{2}\ldots\ldots x_{n} on ait

xnMp(xnx1),Mx1p(xnx1)30 si xixi,i=1,2,n, on aM(x1,x2,,xn)M(x1,x2,,xn)\begin{gathered}x_{n}-M\geq p\left(x_{n}-x_{1}\right),\quad M-x_{1}\geq p\left(x_{n}-x_{1}\right)\\ 30\text{ si }x_{i}\leq x_{i}^{\prime},i=1,2,\ldots n,\text{ on }a\\ M\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n}\right)\leq M\left(x_{1}^{\prime},x_{2}^{\prime},\ldots,x_{n}^{\prime}\right)\end{gathered}

De cette moyenne de nn nombres xix_{i} on déduit une autre de n+1n+1 nombres par le procédé suivant. Soient x1x1xn=1x_{1}\leq x_{1}\geq\ldots\leq x_{n=1} des points de ( aa, B) et posons

xn+2,i=M(x1,x2,,xi1,xi+1,,xn+1),i=1,2,,n+1.x_{n+2,i}^{\prime}=\mathrm{M}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{i-1},x_{i+1},\ldots,x_{n+1}\right),\quad i=1,2,\ldots,n+1.

Nors

ax1x2xn+1′′b.a\leqq x_{1}^{\prime}\leqq x_{2}^{\prime}\leqq\cdots\leqq x_{n+1}^{\prime\prime}\leqq b.

De ces nombres, nous déduisons par te même procédé,

ux1′′x2′′xn+1′′bu\leqq x_{1}^{\prime\prime}\leqq x_{2}^{\prime\prime}\leqq\cdots\leqq x_{n+1}^{\prime\prime}\leq b

et aínsi de suite.
On a alors
limx1(p)=limx2(p)==limxn+1(p)=M(x1,x2,,xn+1)\lim x_{1}^{(p)}=\lim x_{2}^{(p)}=\cdots=\lim x_{n+1}^{(p)}=\mathrm{M}^{\prime}\left(x_{1},x_{2},\cdots,x_{n+1}\right) pour pp\rightarrow\infty,
qui est encore une moyenne, mais de n+1n+1 nombres. L’auteur l’appelle la moyenne supérieure (Obermittel) de M(x1,x2,,xn)\mathrm{M}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n}\right).

Soient maintenant Mi(x1,x2,,xn),i=1,2,,m,mM_{i}\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{n}\right),i=1,2,\ldots,m,m moyennes dans (a,b)(a,b) et N(y1,y2,,yn)\mathrm{N}\left(y_{1},y_{2},\ldots,y_{n}\right) une moyenne dans (α,β)(\alpha,\beta)z=minfβ=z=\min f_{\text{, }}\beta= max 1 . La non-concavité de la fonction ff est alors définie par l’inégalité

f(M1(x11,x12,,x1n),M2(x21,x22,,x2n),,Mm(xm1,xm2,,xmn))N(f(x11,x21,,xm1),,f(x1n,x2n,,xmn))\begin{gathered}f\left(M_{1}\left(x_{11},x_{12},\ldots,x_{1n}\right),M_{2}\left(x_{21},x_{22},\ldots,x_{2n}\right),\ldots,M_{m}\left(x_{m1},x_{m2},\ldots,x_{mn}\right)\right)\leqq\\ \leqq\mathrm{N}\left(f\left(x_{11},x_{21},\ldots,x_{m1}\right),\ldots,\quad f\left(x_{1n},x_{2n},\ldots,x_{mn}\right)\right)\end{gathered}

quels que soient xij(a,b),i=1,2,,m,j=1,2,,nx_{ij}\in(a,b),i=1,2,\ldots,m,j=1,2,\ldots,n.
G. Aumann [2 a] dit alors que ff est convexe par rapport à [M1,M2,,Mm;N]\left[\mathrm{M}_{1},\mathrm{M}_{2},\ldots,\mathrm{M}_{m};\mathrm{N}\right] et démontre que la fonction est alors aussi convexe par rapport à [M1,M2,,Mm;N]\left[M_{1}^{\prime},M_{2}^{\prime},\ldots,M_{m}^{\prime};N^{\prime}\right], où Mi,NM_{i}^{\prime},N^{\prime} sont les moyennes supérieures de Mi,N\mathrm{M}_{i},\mathrm{~N}, et que, si la fonction est bornée, elle est continue. En particularisant les moyennes qui entrent dans cette définition et la fonction ff, on obtient diverses inégalités intéressantes.
I. Schur [52] considère les fonctions symétriques /(x1,x2,,xm)/\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{m}\right) qui vérifient l’inégalité

f(x1,x2,,xm)f(𝐗1,𝐗2,,𝐗m)f\left(x_{1},x_{2},\ldots,x_{m}\right)\leqq f\left(\mathbf{X}_{1},\mathbf{X}_{2},\ldots,\mathbf{X}_{m}\right) (34)

Xk=i=1makixi,k=1,2,,m,aki0,i=1maki=k=1maki=1.\mathrm{X}_{k}=\sum_{i=1}^{m}a_{ki}x_{i},\quad k=1,2,\ldots,m,\quad a_{ki}\geq 0,\quad\sum_{i=1}^{m}a_{ki}=\sum_{k=1}^{m}a_{ki}=1.

Si une telle fonction est dérivable, on a (xkxi)(fxkfxi)0\left(x_{k}-x_{i}\right)\left(f_{x_{k}}^{\prime}-f_{x_{i}}^{\prime}\right)\leqq 0. En supposant que fxk=fxif_{x_{k}}^{\prime}=f_{x_{i}}^{\prime} entraîne fxk′′2fxkxi′′+fxi2′′<0f_{x_{k}}^{\prime\prime}-2f_{x_{k}x_{i}}^{\prime\prime}+f_{x_{i}^{2}}^{\prime\prime}<0, l’égalité dans (34), n’est possible que si les XkX_{k} sont une permutation des xix_{i}.

Cette propriété de convexité est vérifiée par les fonctions symétriques fondamentales ci=Σx1x2xic_{i}=\Sigma x_{1}x_{2}\cdots x_{i}, par les fonctions ci+1ci\frac{c_{i+1}}{c_{i}}, par les fonctions i=1i=1mφ(xi)\sum_{\begin{subarray}{c}i=1\\ i=1\end{subarray}}^{m}\varphi\left(x_{i}\right), où φ\varphi est une fonction non-convexte d’ordre 1 et même par les sonctions

φφ(x1)φ(x2)φ(xi)\varphi\varphi\left(x_{1}\right)_{\varphi}\left(x_{2}\right)\cdots\varphi\left(x_{i}\right)

si φ est, de plus, non-négative.

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1944

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